Budget défense : la Chambre surmonte le veto de Trump, la menace du Congrès se rapproche

Après le rejet du veto du président américain par la Chambre des représentants, le Congrès - républicains et démocrates confondus - est sur le point d’outrepasser le veto de Donald Trump au budget de la défense.

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Plus des deux tiers des parlementaires présents à la Chambre ont voté en faveur de ce budget, «  en dépit des objections du président  ».
Plus des deux tiers des parlementaires présents à la Chambre ont voté en faveur de ce budget, «  en dépit des objections du président  ». (Crédits : CHERISS MAY)

Républicains et démocrates unis en nombre contre lui: après un premier vote camouflet lundi, Donald Trump voyait se rapprocher la menace que le Congrès outrepasse définitivement son veto au budget de la défense, ce qui marquerait une humiliation inédite pour le président sortant.

Plus des deux tiers des parlementaires présents à la Chambre des représentants ont voté lundi soir en faveur de ce budget de 740 milliards de dollars "en dépit des objections du président", dont plus d'une centaine de républicains.

Lire aussi : Veto de Trump au projet de loi budgétaire de la défense américaine (740,5 milliards de dollars)

Une claque pour celui qui se targue d'ordinaire d'un fort soutien dans son camp. Et un mauvais présage pour le milliardaire avant le vote final au Sénat attendu cette semaine. Si la chambre haute, à majorité républicaine, rejette à son tour ses objections, ce sera la première fois que le Congrès contourne un veto du 45e président des Etats-Unis.

Pour un homme qui s'est toujours présenté comme le roi de la négociation, la semaine écoulée fut déjà une véritable humiliation.

Après avoir menacé mardi de ne pas signer un texte pourtant négocié avec l'aval de son gouvernement, il a finalement apposé son paraphe au plan d'aide économique de 900 milliards de dollars dimanche soir, à l'abri des caméras.

Lire aussi : Sous pression, Trump recule et ratifie le plan de relance de l'économie

Donald Trump a cédé

Essayant tant bien que mal de sauver la face après cette spectaculaire volte-face, il a publié un communiqué alambiqué laissant croire que le bras de fer avait payé. Mais personne n'est dupe: le locataire de la Maison Blanche n'a rien obtenu. Il a cédé.

L'épisode est d'autant plus cruel qu'il souligne combien, depuis sa défaite du 3 novembre et surtout son étrange croisade pour la contester en brandissant des théories du complot, Donald Trump est chaque jour plus seul, moins influent, moins respecté.

Il est encore président jusqu'au 20 janvier, mais, dans les cercles du pouvoir, sa parole ne porte plus.

Dans un étrange télescopage, le New York Post, l'un des rares journaux qui a grâce à ses yeux, a publié dimanche dans la soirée un éditorial cinglant l'appelant à mettre fin à cette "triste comédie" et à reconnaître la victoire de Joe Biden.

"Nous comprenons, M. le président, que vous êtes en colère d'avoir perdu. Mais continuer sur cette voie est désastreux", peut-on lire.

Lundi, le milliardaire républicain s'est une nouvelle fois rendu au Trump International Golf Club, situé à quelques kilomètres de son club de Mar-a-Lago, en Floride. Sans un mot.

Consternation

A plus de 1.500 kilomètres au nord de sa luxueuse résidence d'hiver, la Chambre a pendant ce temps rejeté son veto au budget de la défense par une majorité écrasante: 212 démocrates mais aussi 109 républicains.

Fruits de longues négociations, ce texte, qui prévoit notamment une hausse de 3% du salaire du personnel de défense, permet de "soutenir nos troupes et de défendre l'Amérique", a plaidé dans l'hémicycle le républicain Mac Thornberry, en exhortant ses collègues à placer "l'intérêt du pays en premier". Comprendre: avant les désirs du milliardaire.

Car le veto de Donald Trump, annoncé le 23 décembre, a provoqué la consternation jusque dans son camp. En plus d'être selon lui trop favorable à la Chine, le président américain reproche notamment au texte d'ouvrir la possibilité de renommer des bases militaires honorant des généraux confédérés, qui ont combattu en défense de l'esclavage durant la guerre de Sécession (1861-1865).

Il a aussi justifié son opposition par le fait que le texte n'incluait pas l'abolition d'une loi, dite "article 230", protégeant le statut juridique des réseaux sociaux, qu'il accuse d'être biaisés contre lui.

Ce texte est "absolument vital", ont mis en garde des ténors républicains.

Dans une alliance rare, 231 démocrates de la Chambre se sont en revanche rangés derrière Donald Trump, avec 44 républicains, pour voter l'augmentation de 600 à 2.000 dollars des chèques d'aide aux Américains prévus pour relancer l'économie américaine, frappée par la pandémie de Covid-19. L'avenir de cette mesure au Sénat reste très incertaine.

"Obstruction"

En parallèle, le président élu Joe Biden s'est entretenu lundi avec les prochains responsables de la diplomatie et de la sécurité de son administration.

Lors d'une brève allocution à l'issue de de cette rencontre, il a déploré "l'obstruction" de certains responsables du Pentagone dans la transition en cours.

"Nous n'avons tout simplement pas toute l'information dont nous avons besoin", a-t-il affirmé, dénonçant une attitude "irresponsable". Le Pentagone a rejeté ces accusations.

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Commentaires 6
à écrit le 30/12/2020 à 19:00
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Si BuyZen disciple de PapaBama est élu par les grands électeurs américains alors préparez-vous à un engagement des troupes de l'oncle Sam dans un nouveau bourbier international, possiblement en Asie (cf. annexion de Hong Kong puis Taïwan). Les fin...

à écrit le 29/12/2020 à 19:18
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Voilà comment un homme proclamé puissant par ses thuriféraires devient subitement impuissant.De quoi vous apprendre la modestie.

à écrit le 29/12/2020 à 17:37
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La limitation de ce budget monstrueusement élevé partait d'un bon sentiment..

à écrit le 29/12/2020 à 11:26
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Trump sait parfaitement que l' état profond va t ' en guerre se situe dans les deux camps et pousse au maintien du budget de la guerre, comment voir cette présentation comme autre chose qu' une position discutable ?

à écrit le 29/12/2020 à 11:18
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Au moins eux, ils ont des contre-pouvoirs au Président... Ce n'est pas comme chez nous ou ils peuvent faire ce qu'ils veulent, etre accablés de preuve d'incompétence voir d'avoir tué des gens indirectement (rapport de commission sur Véran) et rester ...

à écrit le 29/12/2020 à 11:06
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On le savait d'avance, du moins j'ai lu sur reuters un spécialiste, un bon donc, c'est assez rare pour le signaler en néolibéralisme, la différence de voix était bien trop considérable pour que le véto de Trump ai une quelconque conséquence et il le ...

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