Centrale nucléaire de Koursk : Moscou demande à l'AIEA d'être « plus objective » sur les risques
latribune.fr
« Nous attendons une expression plus objective et plus claire de la position de l'agence », a affirmé la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, lors d'une interview à la radio.
MAXIM SHEMETOV
Centrale nucléaire de Koursk : Moscou demande à l'AIEA d'être « plus objective » sur les risques
Au lendemain de la visite du chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique, le Kremlin a critiqué sa position, ce mercredi. La Russie demande à l'agence onusienne d'être « plus objective et plus claire » en matière de sécurité nucléaire.
Moscou tape du point sur la table. Le gouvernement russe a demandé, ce mercredi, à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) d'adopter une position « plus objective et plus claire » en matière de sécurité nucléaire. « Nous attendons une expression plus objective et plus claire de la position de l'agence », a affirmé la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, lors d'un entretien accordé à la radio, selon l'agence de presse russe Ria.
«Non pas en faveur de notre pays, non pas en faveur de la confirmation de la position de Moscou, mais en faveur des faits avec un objectif spécifique : assurer la sécurité et empêcher le développement d'un scénario catastrophique, vers lequel le régime de Kiev pousse tout le monde», a ajouté la porte-parole, selon Ria.
Un message envoyé au lendemain de la visite du chef de l'agence onusienne à la centrale nucléaire de Koursk, proche de la zone de combats avec l'Ukraine.
Depuis le début de l'invasion, l'AIEA demande régulièrement aux deux parties d'éviter les combats aux abords des centrales nucléaires, en particulier celle de Zaporijjia, occupée par l'armée russe et située sur la ligne de front. Mais, ces derniers jours, le chef de l'AIEA, Rafael Grossi, a mis en garde contre le risque d'un grave accident nucléaire à Koursk, située en Russie, lors de sa visite.
Koursk menacée par les échanges de tirs
Et pour cause, la centrale est localisée à une quarantaine de kilomètres du territoire occupé par les forces ukrainiennes depuis leur incursion dans la région, au début du mois. Après le début de l'offensive ukrainienne en Russie, l'AIEA avait donc appelé à « la plus grande retenue », pour éviter un « accident nucléaire aux potentielles conséquences radiologiques désastreuses ».
La semaine dernière, le président russe, Vladimir Poutine n'a pas hésité à accuser l'Ukraine d'avoir tenté de frapper la centrale nucléaire. « L'ennemi a essayé de frapper la centrale nucléaire pendant la nuit »,avait-il affirmé. De son côté, l'AIEA dit avoir été informée par la Russie de la découverte de fragments de drones à une centaine de mètres d'une infrastructure de stockage de combustible usagé de la centrale de Koursk. Déjà en 2023, l'administration de la centrale de Koursk avait affirmé que celle-ci avait été la cible de trois drones ukrainiens, qui n'avaient toutefois fait ni victimes ni dégâts.
L'Ukraine n'a pas répondu aux accusations de Moscou. Interrogé pendant une conférence de presse sur les dégâts provoqués par la frappe de drone imputée par Moscou à l'Ukraine, le chef de l'AEIA s'est refusé à « pointer du doigt » qui que ce soit sans preuve, tout en soulignant que l'incident ne pouvait pas être dissocié de « l'activité militaire » dans la région.
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Une centrale sans dôme de confinement
Lors de sa visite, en revanche, le chef de l'AIEA a pour sa part souligné la vulnérabilité de cette structure datant de l'époque soviétique, qui ne dispose pas d'un dôme de confinement, comme les centrales plus modernes.
Pour Robert Kelley, ancien directeur des inspections à l'AIEA, « la possibilité d'un incident de type Tchernobyl avec un réacteur qui explose et brûle pendant des jours est de zéro ». Selon Tariq Rauf, un ancien fonctionnaire de l'AIEA, ces types de réacteurs ont depuis lors fait l'objet d'« améliorations significatives en matière de sécurité ».
La situation reste toutefois dangereuse, nuance cependant l'ancien directeur de l'AIEA. Une frappe pourrait, par exemple, toucher les infrastructures de stockage de carburant usagé, ce qui libérerait des gaz et particules radioactifs.