Considéré comme l’allié économique le plus loyal des États-Unis, le Japon espère passer entre les gouttes du courroux de Donald Trump en matière commerciale.
Le Japon tente de rester zen, et comme de nombreux pays occidentaux, n'espère qu'une chose : que Donald Trump l'épargne dans la guerre commerciale qu'il mène depuis son investiture le 20 janvier dernier. Et sur ce front, la partie n'est pas encore gagnée.
Preuve à l'appui cette semaine : le président américain a signé lundi 10 février deux décrets instaurant des taxes de 25 % sur l'acier et l'aluminium, à compter du 12 mars. Et ce, « sans exception ou exemption », ce qui signifie que le Japon, jusque-là bénéficiaire de cet avantage commercial, ne devrait cette fois-ci pas y échapper. Bien qu'il ait demandé mercredi à Washington « d'exclure » le pays « de ces mesures ».
L'enjeu économique n'est pas négligeable pour l'archipel asiatique en tant que deuxième producteur et exportateur d'acier dans le monde, avec 2 milliards de dollars vendus en 2024 aux États-Unis, selon l'American Iron and Steel Institute. Pas de réponse de Washington, à date.
En attendant, la pression commerciale sur l'archipel nippon s'intensifie. L'arme utilisée par Trump : les 72 milliards de dollars de déficit commercial que les États-Unis ont avec l'île asiatique. Et ce, même si son montant est bienmoindre par rapport à la Chine (279,4 milliards de dollars en 2023), au Mexique (152,3 milliards), au Canada (67,8 milliards), à l'Europe (228,8 milliards) et au Vietnam (104,6 milliards de dollars).
« Pour Trump, c'est le sujet principal. Tout pays qui creuse le déficit américain est une cible, même si c'est un allié très proche comme le Japon », rappelle Françoise Nicolas, économiste et conseillère Asie de l'Institut français des relations internationales (IFRI). Raison pour laquelle vendredi dernier, lors de sa toute première visite officielle du président Trump, le Premier ministre japonais, s'est montré coopératif.
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