L’inflation, ce caillou dans la chaussure de Donald Trump
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L'inflation pourrait bien devenir un problème pour Donald Trump dans les prochains mois.
Carlos Barria
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L'inflation pourrait bien devenir un problème pour Donald Trump dans les prochains mois.
Carlos Barria
Pour Donald Trump, c'est une mauvaise nouvelle. Pour le quatrième mois d'affilée, l'inflation a poursuivi son accélération en aux États-Unis. Les prix à la consommation ont augmenté de 3 % sur un an en janvier, selon l'indice CPI publié par le département du Travail.
Les prix ayant le plus augmenté récemment sont ceux des assurances automobiles, des véhicules d'occasion, des loisirs, des soins médicaux, des billets d'avion ou encore des frais de communication. Les consommateurs n'ont pas pu manquer non plus les pénuries d'œufs dans les rayons et la flambée des étiquettes : à cause de la grippe aviaire, l'indice du prix des œufs a bondi en janvier de 13,8 % sur un mois et de 53 % sur un an.
Un regain d'inflation qui inquiète les analystes qui s'attendaient à un ralentissement de cet indice à +2,8 % sur un an en janvier, selon le consensus compilé par MarketWatch. Les experts misaient aussi sur un ralentissement de l'inflation dite sous-jacente, hors prix volatils de l'alimentation et de l'énergie, mais celle-ci a aussi progressé, s'élevant à +3,3 % sur un an.
Face à une inflation en hausse, Donald Trump, qui a fait de la reconquête du pouvoir d'achat un thème au cœur de sa campagne électorale, tient un coupable tout désigné : son prédécesseur à la Maison Blanche, Joe Biden. « L'inflation de Biden est en hausse ! », a-t-il publié sur son réseau social Truth Social.
Peu avant, également sur Truth Social, Donald Trump avait une nouvelle fois jugé que les taux d'intérêt devaient baisser, plaçant la banque centrale américaine (Fed) dans une position délicate. Le rôle de la Fed étant justement de fixer les taux directeurs à un niveau qui permette de juguler l'inflation, tout en assurant le plein-emploi.
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Or les prix de janvier sont de nature à la conforter dans l'idée qu'elle ne devrait pas réduire rapidement ses principaux taux directeurs, en l'absence de signes de faiblesse du marché du travail et d'essoufflement de la consommation aux États-Unis.
Mercredi, lors de son audition semestrielle devant la Chambre des représentants, le président de la Fed, Jerome Powell, a répété qu'il ne voyait « pas d'urgence » à abaisser les taux directeurs dans la mesure où la plupart des indicateurs étaient au vert, hormis l'inflation, encore « quelque peu élevée ».
« Chaque gouvernement espère voir les taux d'intérêt baisser, car c'est généralement un stimulus pour la croissance », a souligné auprès de l'AFP Gregory Daco, chef économiste d'EY. « Le paradoxe, a-t-il ajouté, c'est que les politiques promues par la nouvelle administration tendent à être inflationnistes, et donc favorisent le maintien des taux d'intérêt à un niveau élevé » pour éviter la surchauffe, « ce qui va exactement à l'encontre de sa volonté de voir les taux baisser ».
« On se demande si l'indice d'inflation de janvier tempérera la volonté du gouvernement Trump de mettre en place ses droits de douane rapidement », a relevé Ryan Sweet, économiste d'Oxford Economics dans une note, estimant qu'une pression supplémentaire sur les prix ne lui rendrait pas service sur le plan politique.
Début février, Donald Trump a annoncé, puis suspendu pour un mois, 25 % de droits de douane sur les produits mexicains et canadiens, ainsi que 10 % de droits de douane, en plus de ceux déjà existants, sur les produits chinois, qui ont, eux, été maintenus.
Par ailleurs, il a annoncé, lundi, 25 % de droits de douane sur tout l'acier et l'aluminium entrant aux États-Unis, à compter du 12 mars. Par effet cumulatif, l'acier et l'aluminium produits par le Canada et le Mexique risquent d'être taxés à 50% (25% + 25 %), a précisé la Maison-Blanche ce mercredi.
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Donald Trump, qui ne cesse de dire qu'il ouvre un « nouvel âge d'or » pour le pays, estime que ses engagements (droits de douane relevés, baisses d'impôts, expulsion massive de sans-papiers, dérégulation) ne se traduiront qu'à la marge par des hausses de prix, compensées par de la croissance en plus. On peut aujourd'hui en douter.
(Avec AFP)
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