Cuba-Haïti : les visites de François Hollande "ont un faible intérêt économique"

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Dans l'avenir, les investissements à Cuba viendront avant tout de Cubains vivant aux Etats-Unis, estime Juan-Carlos Rodado.
"Dans l'avenir, les investissements à Cuba viendront avant tout de Cubains vivant aux Etats-Unis", estime Juan-Carlos Rodado. (Crédits : DR)
L'intérêt de la récente tournée du président français dans les Caraïbes était avant tout diplomatique, juge Juan-Carlos Rodado, analyste chez Natixis, spécialisé dans l'Amérique latine. Il estime que Cuba, malgré son ouverture annoncée, représente peu d'opportunités pour les entreprises françaises. Idem pour Haïti, qui ne s'est pas remis du tremblement de terre de 2010.

La Tribune- Quels sont les intérêts économiques français à Cuba ?

Juan-Carlos Rodado. Cuba est dans tous les esprits depuis l'annonce de la normalisation des relations diplomatiques avec les Etats-Unis. L'ïle n'est pourtant pas un marché-clé pour la France, cette visite a même un faible intérêt économique. A cause du régime castriste, il n'y a pas de vrai tissu économique à Cuba.

Les principaux secteurs sont l'hôtellerie et l'agriculture. A noter toutefois la présence de Pernod Ricard. Le pays dispose également d'une main-d'œuvre qualifiée des médecins et des ingénieurs en particulier.

Cependant, j'ai du mal à voir un boom économique du jour au lendemain. Le pays manque d'infrastructures, d'un climat des affaires ou bien d'institutions capables de permettre le développement d'un tissu productif.

Plusieurs chefs d'entreprises ont pourtant accompagné François Hollande lors de sa visite, lundi...

Je reste pourtant sceptique. Concernant les exportations cubaines, qui représentent 2,9 milliards de dollars en 2014, la France ne figure pas dans les dix premiers.

Pour les importations cette année-là, la France est 12e. Avec 230 millions de dollars sur 11,8 milliards de dollars de produits importés, elle représente seulement 2% des arrivées de produits à Cuba. Par comparaison, le Venezuela, premier partenaire commercial de La Havane, y exporte pour 4,7 milliards de dollars.

Dans l'avenir, les investissements dans l'Île viendront avant tout de Cubains vivant aux Etats-Unis.

La visite symbolique à Haïti de François Hollande, mardi, a-t-elle aussi un intérêt économique pour la France ?

J'y vois également avant tout un intérêt diplomatique. C'est le pays le plus pauvre d'Amérique latine où environ 60% de la population vit sous le seuil de pauvreté et son PIB a atteint 8,6 milliards de dollars en 2014. La dette réclamée par Haïti à la France (estimée à 17 milliards d'euros aujourd'hui) représente ainsi deux fois son PIB annuel !

C'est un pays qui a besoin avant tout d'aide pour sortir de la trappe à pauvreté. Le pays est toujours en ruines 5 ans après le tremblement de terre qui a fait environ 223.750 morts.

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