Défense : la Pologne et l'Ukraine signent un accord de sécurité
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Donald Tusk et Volodymyr Zelensky ont signé un accord de coopération bilatéral en matière de sécurité. (Photo d'illustration)
GLEB GARANICH
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Donald Tusk et Volodymyr Zelensky ont signé un accord de coopération bilatéral en matière de sécurité. (Photo d'illustration)
GLEB GARANICH
Avant de se rendre aux Etats-Unis pour participer au sommet de l'Otan - dont l'Ukraine n'est toujours pas membre, Volodymyr Zelensky s'est arrêté en Pologne. Le président ukrainien y a, en effet, rencontré le Premier ministre polonais Donald Tusk, l'échange donnant lieu à la signature d'un accord de coopération bilatéral en matière de sécurité.
L'accord entre les deux pays voisins n'était pas une simple formalité. Le 24 mai dernier, c'était le président de la Rada, le Parlement ukrainien, qui s'était déplacé pour de premières négociations avec Małgorzata Kidawa-Błońska, son homologue, Maréchale du Sénat de Pologne. « Aujourd'hui est un jour très important dans l'histoire des relations entre nos États. Aujourd'hui, nous commençons les négociations officielles concernant le texte de l'accord sur les garanties de sécurité entre l'Ukraine et la Pologne », avait déclaré Stefantchouk sur sa page Facebook, soulignant également que les parties souhaitent que cet accord soit le plus ambitieux possible.
La semaine dernière, le ministre polonais des Affaires étrangères Radoslaw Sikorski avait souligné que les deux pays avaient « terminé les négociations (en vue) d'un accord de long terme sur la coopération dans la défense ». « J'espère qu'il sera signé avant le sommet de l'Otan », avait alors souhaité le chef de la diplomatie polonaise.
C'est finalement chose faite et Donald Tusk de rassurer Volodymyr Zelensky après la signature : « Vous pourrez toujours compter sur nous », a-t-il assuré au chef d'Etat ukrainien, juste après la signature de ce traité.
L'accord, similaire dans le fond à celui signé par l'Ukraine avec d'autres États, dont les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France, ainsi que l'Union européenne, évoque notamment un développement commun pour davantage de coopération politique, militaire et économique et de « coopérer étroitement à la reconstruction de l'Ukraine en tant qu'État souverain et démocratique ».
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Il renforce également l'aide à l'Ukraine et engage les pays à poursuivre « leurs efforts pour améliorer la capacité des forces armées ukrainiennes et des autres forces de sécurité et de défense à défendre le territoire et la population ukrainiennes contre l'invasion russe, à répondre à toute nouvelle attaque armée de la Russie, ainsi qu'à renforcer l'interopérabilité de l'Ukraine avec l'OTAN et accélérer la transition de l'Ukraine vers les normes de l'OTAN. » Rappelant les liens qui unissent les deux pays, le texte rappelle que la Pologne a été le premier pays à reconnaître l'indépendance de l'Ukraine vis-à-vis de l'Union soviétique le 2 décembre 1991 et liste également les dons effectués depuis le début de l'agression russe début 2022 : « la Pologne a fait don de 44 lots d'armes et de munitions diverses », et a accordé une aide « sous la forme de formations, de logistique, de fournitures, d'entretien et de réparations ainsi que dans le domaine de l'assistance médicale ».
En effet, malgré l'arrêt, en septembre 2023, des livraisons d'armes par la Pologne, cette dernière continue à maintenir sur son territoire un important hub destiné à fournir à Kiev les armes occidentales. Ces liens sécuritaires cruciaux sont approfondis et notamment à travers la mise en place d'une coopération dans le domaines des industries de la défense, de la cybersécurité et des services de renseignements ainsi que d'infrastructures routières et ferroviaires entre les deux pays.
Si cet accord s'inscrit dans les nombreuses garanties nécessaires à la survie de l'Ukraine, il est également une des composantes de la militarisation et montée en puissance de la Pologne sur les sujets de défense.
Dès 2017, la Pologne annonçait un recrutement massif dans les rangs de son armée, elle signait en 2020 un accord de défense avec les Etats-Unis et, deux ans après, la défense polonaise passait un contrat à 15 milliards de dollars auprès de la Corée du Sud pour s'équiper, entre autres, de près de 1000 chars et 48 avions de chasse.
L'objectif affiché par le pays est de devenir « la première armée européenne à l'horizon 2035 » avait annoncé Donald Tusk au mois de mai. Cet objectif passe par des investissements toujours plus massifs. Varsovie entend affecter 4 % de son PIB à la défense, là où l'Otan recommande 2 %. Entre 2022 et 2023, son budget consacré à l'armement est déjà passé de 12 à 20 milliards d'euros.
Dans ce contexte, et alors depuis le début de l'invasion russe les tensions entre la Varsovie et Moscou se sont intensifiées, la Pologne, dont le territoire est limitrophe avec l'enclave russe de Kaliningrad et de la Biélorussie, n'a pas exclu l'envoie de troupes au sol en Ukraine, possibilité qui émanait en début d'année d'Emmanuel Macron. Ainsi, le 28 mai dernier, le ministre de la défense polonaise Radoslaw Sikorski a déclaré que « nous ne devrions exclure aucune option ».
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Le ministre polonais a déjà par le passé évoqué la possibilité d'envoyer des soldats de l'Otan en Ukraine. En mars, il a déclaré que « la présence de forces de l'Otan en Ukraine n'est pas impensable »
(Avec AFP)
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