Drame de Gênes: forcée par l'État, la famille Benetton (Atlantia) sort de la gestion des autoroutes italiennes
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Le groupe Atlantia, contrôlé par la famille Benetton, se retire des autoroutes italiennes selon un projet d'accord trouvé avec le gouvernement, deux ans après l'effondrement meurtrier du pont de Gênes, a annoncé Rome mercredi dans un communiqué.
s'engage par ailleurs à verser 3,4 milliards d'euros de compensation. Cette somme comprend notamment des indemnités à la ville de Gênes ainsi qu'un plan d'
investissement pour moderniser et sécuriser le réseau autoroutier.montré de "graves indices de culpabilité" concernant la rédaction de rapports avec "falsification et/ou omission" d'information,
le directeur général Giovanni Castellucci avait présenté sa démission en septembre 2019. Le gouvernement avait lancé, après l'effondrement, une procédure pour décider de révoquer ou non ses concessions autoroutières, avant de donner il y a quelques jours à Atlantia un ultimatum pour formuler une proposition acceptable afin d'éviter une telle situation.e chef du gouvernement
. "Soit arrive une proposition particulièrement avantageuse pour l'Etat, soit nous procéderons à la révocation (des concessions)".La présidence du conseil indique qu'Aspi a fait dans la nuit de nouvelles propositions: "considérant leur contenu, le conseil des ministres a décidé de lancer la procédure prévue par la loi pour la définition formelle de l'accord". Cependant, "le renoncement à la révocation (des concessions) ne pourra avoir lieu qu'en cas de réalisation complète de l'accord".
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Le transfert de contrôle d'Aspi va se faire via "une augmentation de capital réservée à la CDP et l'achat d'actions par des investisseurs institutionnels", qui va se traduire par "la sortie d'Aspi du périmètre d'Atlantia et le début de la cotation d'Aspi en Bourse". Cet accord a été salué par les investisseurs, le titre bondissant de 20% dans la matinée à la Bourse de Milan. Les analystes de la banque italienne IMI avaient en effet estimé en décembre 2019 que "l'ouverture du capital d'Atlantia représentait une alternative faisable et favorable à la révocation anticipée de la concession" précisant que "la CDP pourra superviser l'infrastructure de manière plus efficace en entrant dans l'actionnariat d'Aspi".
Mais pour la famille Benetton, cet accord marque la fin douloureuse de son aventure dans les autoroutes italiennes. Les Benetton avait mis un pied dans la gestion des autoroutes au moment de son entrée au capital de Atlantia, en 1999. Alors que le drame de Gênes a profondément affecté son image en Italie, où beaucoup - M5S en tête - l'ont vivement critiquée pour le manque d'investissements réalisés dans les infrastructures. "Le gouvernement chasse un actionnaire d'une entreprise cotée, en vertu d'un procès sommaire. C'est un signal très négatif pour les investisseurs internationaux, un dommage très grave à la crédibilité du pays", a analysé pour l'AFP Carlo Alberto Carnevale-Maffè, professeur de stratégie à l'Université Bocconi de Milan.
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"Il est clair que la convention accordée en 2007 sous le gouvernement Ligue-Berlusconi était un scandale: elle donnait à Aspi les concessions autoroutières à des conditions extrêmement favorables, sans les principes de contrôle adéquats, et nous l'avons dénoncé. Mais on ne répare pas un scandale avec un autre scandale", avec "le gouvernement qui se substitue à la justice, à l'autorité des transports", estime-t-il. En outre, Carlo Alberto Carnevale-Maffè considère que les Benetton "sont suffisamment riches, avec des intérêts diversifiés, pour supporter cette situation". Les Benetton, l'une des familles les plus riches d'Italie, sont en effet également propriétaires des chaînes de vêtements éponyme, de celle de restauration Autogrill ou des aéroports de Rome. Cependant, l'expert déplore le "lynchage" de la famille avant même le procès. "Il est possible qu'ils n'aient pas fait de maintenance, mais c'est à la justice de le démontrer, et il est aussi clair que l'Etat a une responsabilité, car il n'a pas contrôlé".
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