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Etats-Unis : Donald Trump et le casse-tête des nominations

Gwendal Lavina

Publié le 09 août 2017 à 05:45

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Depuis son arrivée à la Maison-Blanche en janvier, Donald Trump n'a nommé qu'un petit nombre de personnes sur les presque 4.000 postes à pourvoir au sein de son administration. Après six mois passés dans le bureau ovale, le président rejette la faute sur les sénateurs démocrates qui doivent confirmer ces nominations.

C'est un casse-tête auquel les candidats à l'élection présidentielle doivent s'atteler avant même de savoir s'ils seront élus, tant il est long et complexe. En arrivant à la Maison-Blanche le jour de son investiture, le nouveau président doit en effet procéder à la nomination de plus de 4.000 personnes qui composeront son Administration.

Ainsi, il est coutume qu'un candidat ayant mené une bonne campagne notamment grâce aux conseils de dizaines d'experts l'ayant porté jusqu'au bureau ovale, les remercie par un poste. Seulement, dans le cas de Donald Trump la manœuvre n'a pas été aussi évidente : bon nombre de personnes ont refusé des postes proposés par le milliardaire quand certaines missions n'ont même jamais été proposées, faute de candidat.

Une accélération des nominations et des confirmations

Parmi les 4.000 personnes que le président nouvellement élu doit nommer, un peu plus de 1.000 doivent être confirmées par le Sénat. Et ces dernières semaines, si Donald Trump a accéléré le nombre de nominations, c'est qu'il a bien compris qu'il est difficile de faire fonctionner une Administration...sans fonctionnaire.

Pourtant, selon un compteur tenu par le Washington Post et le Partnership for Public Service, sur les 1.110 positions nécessitant une confirmation du Sénat, seules 124 avaient été approuvées par la chambre haute du Congrès. Ce nombre, historiquement bas après six mois de mandat, s'explique par le fait que 728 postes attendent toujours d'être attribués.

La semaine dernière, la démarche a connu une accélération puisqu'en moins de 24h, le Sénat a confirmé la nomination de plusieurs dizaines de personnes à des postes clés. Ainsi, le département de la Justice, de la Sécurité intérieure et du Commerce, mais aussi de nombreuses chancelleries partout dans le monde, recommencent à voir leur effectif grimper en flèche.

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Donald Trump dénonce un processus trop politisé

Ces confirmations du Sénat prennent généralement la forme d'auditions. Le ministre ou le procureur se retrouve face aux parlementaires, qui leur posent des questions sur leur vision pour le département ou sur les réformes qu'ils souhaitent entreprendre. Les personnes nommées sont ainsi interrogées durant plusieurs heures voire plusieurs jours par des sénateurs experts du domaine concerné.

Si le processus est le même que lors des précédents mandats, les membres de l'Administration et Donald Trump feignent de le découvrir pour pouvoir mieux le critiquer. Selon eux, le mode de confirmation serait trop long et, surtout, les élus démocrates l'utiliserait à des fins purement politiciennes pour bloquer le calendrier de l'Administration.

Plusieurs officiels, sous couvert d'anonymat, allaient même jusqu'à déclarer que les délais de confirmation observés étaient "les plus longs jamais vus", des assertions démentis par les historiens. Donald Trump est lui-même monté au créneau à plusieurs reprises ces derniers mois aussi bien au travers de communiqués de presse que de tweets matinaux dont lui seul à le secret.

[Les démocrates mettent énormément de temps pour approuver mes personnes, y compris les ambassadeurs. Ils ne sont rien de plus que des obstructionnistes. Je veux ces confirmations.]

La sénatrice Warren accusée d'être à l'origine de tous les maux

En janvier, Donald Trump s'était vanté d'avoir "le cabinet avec le QI le plus élevé jamais vu et de loin" mais si la grande majorité de ses nominations a été confirmée par le Sénat, l'un des candidats n'a toujours pas obtenu cette consécration parlementaire. En effet près de 80 jours après sa nomination au poste de conseiller économique du président, Kevin Hassett n'a toujours pas obtenu l'aval de la chambre haute.

Cette absence de confirmation agace d'autant plus que, dans les couloirs de la Maison-Blanche, jeudi dernier, ce ne sont pas moins de 60 personnes qui ont été confirmées à des postes, notamment, d'ambassadeurs et de procureurs. Des accords éclair, réalisés avant que le Congrès ne soit ajourné pour permettre aux parlementaires de prendre des vacances et qui n'ont pas suffi à calmer les proches du président.

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Interrogé sur l'absence de confirmation de Kevin Hassett par le Sénat à un poste clé de l'Administration, un proche de la Maison-Blanche, par ailleurs familier des mécanismes parlementaires, avait pointé du doigt une personne en particulier. Il avait ainsi déclaré: "Vous devriez demander à Elizabeth Warren pourquoi il ne faisait pas partie de ces confirmations", une sénatrice démocrate très influente qui est selon lui derrière toutes les difficultés rencontrées par Donald Trump pour faire confirmer ces choix.

Gwendal Lavina

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