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Européennes : Volodymyr Zelensky s'inquiète des succès électoraux de formations « aux slogans radicaux prorusses »

latribune.fr

Publié le 11 juin 2024 à 14:49 - Mis à jour le 12 juin 2024 à 06:10

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est exprimé à l'ouverture d'une conférence internationale pour la reconstruction de l'Ukraine (photo d'archive).

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est exprimé à l'ouverture d'une conférence internationale pour la reconstruction de l'Ukraine (photo d'archive).

Brendan Smialowski

Le Quotidien Numérique

11 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a jugé, ce mardi 11 juin, « dangereuse » la rhétorique prorusse prêtée à des partis d'extrême droite en Europe, après leur percée électorale à l'issue des élections européennes. Un discours, à l’occasion d’un déplacement en Allemagne, boycotté par la plupart des députés du parti allemand d'extrême droite AfD et par les élus d'un parti de gauche souverainiste.

En France comme à l'échelle de l'Union européenne, l'extrême droite a réussi une percée électorale à l'issue du scrutin des élections européennes. Or, la rhétorique prorusse prêtée à ces partis n'est pas de bon augure pour le président ukrainien.

« C'est dangereux - pas pour l'Ukraine, car nous sommes déjà dans la situation la plus dangereuse, nous sommes en guerre - mais les slogans radicaux prorusses sont dangereux pour vos pays »,a déclaré Volodymyr Zelensky lors d'une visite à Berlin, en Allemagne ce mardi.

Le dirigeant ukrainien s'est exprimé à l'ouverture d'une conférence internationale pour la reconstruction de l'Ukraine, qui réunit des représentants de gouvernements et du secteur privé, dont dix Premiers ministres. Lorsqu'il est monté sous les applaudissements au pupitre de la chambre basse du Parlement allemand, il s'est toutefois trouvé face aux sièges laissés vides par la quasi totalité des 77 députés du parti allemand d'extrême droite allemand AfD - arrivé en deuxième position du scrutin avec près de 16% des voix, derrière les conservateurs. Seuls quatre élus avaient pris place sur les bancs de l'hémicycle. Même choix de boycott du côté des 10 députés du parti de gauche radicale BSW, récemment créé par une figure de la scène politique allemande Sahra Wagenknecht sur une ligne souverainiste.

Les deux partis ont assumé leur décision. « Nous refusons d'écouter un orateur en tenue de camouflage », a expliqué dans un communiqué la direction de l'AfD, estimant que « l'Ukraine n'a pas besoin d'un président de guerre mais d'un président de paix ». De son côté, le mouvement BSW dit vouloir envoyer « un signe de solidarité avec tous ces Ukrainiens qui veulent un cessez-le-feu immédiat et une solution négociée », a indiqué une responsable à l'AFP.

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Appel à plus de défense antiaérienne

Volodymyr Zelensky ne s'est toutefois pas laisser déstabiliser et a profité de cette prise de parole pour, une nouvelle fois, appeler les alliés de son pays à augmenter leur aide en matière de défense aérienne pour contrer les pilonnages russes meurtriers. « C'est la terreur des missiles et des bombes qui aide les troupes russes à progresser sur le terrain. Tant que nous ne priverons pas la Russie de la possibilité de terroriser l'Ukraine, Poutine n'aura aucun intérêt réel à rechercher une paix équitable », a-t-il appuyé devant un panel de hauts responsables européens, jurant que « la défense aérienne est la réponse ».

Le chancelier allemand, Olaf Scholz, est allé dans le sens du dirigeant ukrainien, exhortant les alliés occidentaux à faire plus pour permettre à l'Ukraine de se défendre contre les bombardements russes sur ses infrastructures vitales et civiles. « Ce dont l'armée ukrainienne a le plus besoin aujourd'hui, ce sont des munitions et des armes, notamment pour la défense aérienne », a-t-il déclaré rappelant notamment que Berlin a récemment décidé de livrer un troisième système de défense antiaérienne Patriot. « Je voudrais demander à tous ceux qui sont ici aujourd'hui de soutenir notre initiative de défense aérienne ukrainienne, avec tout ce qui est possible », a-t-il lancé. Il a d'ailleurs été appuyé par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. « Nous devons avant tout fournir à l'Ukraine ce dont elle a besoin pour se défendre », a-t-elle abondé.

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Aux côtés de Zelensky, Scholz appelle l'Occident à renforcer la défense aérienne de l'Ukraine

Le président ukrainien n'est, par ailleurs, pas prêt à poser son bâton de pèlerin cette semaine pour réclamer toujours plus d'aide pour son pays. Son agenda diplomatique est encore chargé avec un déplacement en Italie pour le sommet des dirigeants du G7 ce jeudi, puis la « Conférence sur la paix en Ukraine » qui rassemblera samedi et dimanche en Suisse plus de 90 pays et organisations. Mais pas la Russie, entre autres.

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Après les européennes, le Kremlin observe l'Europe « avec attention »

S'il y a un pays qui se réjouit de la situation, c'est bien la Russie. À l'autre bout du Vieux continent, le Kremlin a déclaré, lundi 10 juin, suivre « avec attention » cette montée des partis d'extrême droite. « La majorité (au Parlement européen) sera pro-européenne et pro-ukrainienne (...) mais nous pouvons voir la dynamique des partis de droite qui gagnent en popularité », a noté le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. Et d'ajouter : « Il semble qu'avec le temps, les partis de droite seront sur les talons (des partis pro-européens) et nous suivons ce processus avec attention. »

S'agissant du cas de la France, où le président Emmanuel Macron a convoqué des législatives anticipées du fait de la poussée du Rassemblement national (RN), Dmitri Peskov a assuré ne pas vouloir « s'ingérer dans les affaires intérieures » mais a assuré que Moscou suivait aussi de près la situation. « D'autant plus qu'on mesure l'attitude extrêmement inamicale, voire hostile, des dirigeants français à l'égard de notre pays », a précisé le porte-parole.

Longtemps considéré comme prorusse, le Rassemblement national - arrivé premier en France avec 31,37% des suffrages - a pris ses distances avec Moscou depuis le déclenchement de l'offensive contre l'Ukraine en février 2022, mais critique l'ampleur du soutien qu'Emmanuel Macron veut accorder à Kiev.

(Avec AFP)

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