Face aux taxes Trump, « bricolage généralisé » pour les multinationales
La Tribune (avec AFP)

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JEAN-FRANCOIS FORT / Hans Lucas / AFP
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La politique commerciale de Donald Trump, entre hausses de droits de douane et nouvelles restrictions à l'export, sème l'incertitude parmi les entreprises. Lors de la publication de leurs résultats trimestriels, plusieurs grands groupes ont tenté de mesurer l'impact de ces mesures sur leurs activités — et d'esquisser des réponses parfois radicales.
Très exposé aux chaînes de valeur mondiales, le secteur technologique subit de plein fouet les décisions de Washington. Apple a estimé à 900 millions de dollars l'impact des droits de douane américains pour le trimestre en cours. Pour limiter la casse, le géant de Cupertino prévoit que la majorité des iPhone vendus aux États-Unis proviendront désormais d'Inde, plutôt que de Chine.
Nvidia, autre poids lourd du secteur, a pour sa part annoncé une charge exceptionnelle de 5,5 milliards de dollars liée aux nouvelles restrictions américaines à l'exportation de semi-conducteurs vers la Chine. À l'inverse, le taïwanais TSMC a assuré que ces turbulences douanières n'avaient pas encore modifié le comportement de ses clients, tout en affichant une rentabilité en forte hausse sur le trimestre.
Déjà fragilisé par une demande mondiale en berne et la pression de la concurrence chinoise, le secteur automobile est lui aussi déstabilisé par les mesures de Trump. General Motors a abaissé ses prévisions annuelles, chiffrant à 4 à 5 milliards de dollars l'impact brut des surtaxes américaines.
Certains constructeurs préfèrent suspendre toute communication prévisionnelle : c'est le cas de Stellantis (Peugeot, Jeep, Ram, Fiat), qui invoque les incertitudes tarifaires, ou de Mercedes-Benz. Selon Wedbush Securities, le secteur est désormais « paralysé par les hausses de coûts et les incertitudes », qui pourraient transformer durablement le paysage de l'industrie automobile aux États-Unis.
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Face à l'impact des droits de douane, plusieurs groupes ont fait le choix de répercuter les hausses de coûts sur les consommateurs. C'est le cas d'Hermès, qui a augmenté ses prix aux États-Unis à compter du 1er mai. Interparfums (Jimmy Choo, Montblanc, Lacoste) prévoit, elle, une hausse de 6 à 7 % de ses prix sur le marché américain.
Le secteur aéronautique suit la même logique. Safran, fournisseur majeur de moteurs d'avion, a déjà annoncé qu'il appliquerait des surcharges tarifaires à ses clients. Le patron d'Airbus, Guillaume Faury, a lui aussi indiqué que les surcoûts liés aux droits de douane seraient répercutés aux acheteurs.
Les menaces tarifaires poussent certaines entreprises à rapatrier leur production vers les États-Unis. Le laboratoire britannique AstraZeneca a annoncé le transfert partiel de sa production européenne vers le sol américain. Ses concurrents suisses Roche et Novartis ont prévu respectivement 50 milliards et 23 milliards de dollars d'investissements sur cinq ans aux États-Unis.
Même LVMH, numéro un mondial du luxe, prépare le terrain : déjà doté de sept ateliers de production américains, le groupe prévoit d'accroître sa capacité locale si les tensions douanières persistent, a prévenu Bernard Arnault.
Dans ce climat tendu, les banques tirent parti de la volatilité des marchés, qui alimente les volumes de transactions et gonfle les commissions. Goldman Sachs a signalé une activité en nette hausse depuis mars, tout en appelant à la prudence pour le deuxième trimestre.
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Le patron de UBS, Sergio Ermotti, a souligné des volumes de négoce supérieurs de 30 % aux pics observés pendant la crise du Covid, mais avertit que les tensions commerciales pèsent désormais sur les perspectives de croissance mondiale et sur l'inflation.
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