Gaza : le Hamas appelle à une trêve selon un plan présenté par Joe Biden
latribune.fr
L'appel du mouvement islamiste palestinien à une trêve intervient au lendemain d'un raid israélien sur une école, considéré comme l'un des plus meurtriers depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza.
Le Hamas a réclamé dimanche la mise en œuvre d'un plan présenté fin mai par Joe Biden pour une trêve à Gaza « plutôt que de mener plus de négociations », à l'heure où des habitants fuient en masse Khan Younès, dans le sud du territoire, avant de nouvelles opérations israéliennes.
Un énième espoir de trêve à Gaza. Le Hamas a appelé dimanche soir les médiateurs à « présenter une feuille de route » pour « appliquer » un plan, « fondé sur la vision de Joe Biden et les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU », « plutôt que de mener plus de négociations ou d'amener de nouvelles propositions ».
Ce plan d'inspiration israélienne, présenté fin mai par le président américain, prévoit dans une première phase, une trêve de six semaines accompagnée d'un retrait d'Israël des zones densément peuplées de Gaza et de la libération d'otages retenus dans le territoire palestinien et de prisonniers palestiniens détenus par Israël. Il y a quelques jours, les pays médiateurs, dont le Qatar et l'Egypte, avaient appelé à la reprise le 15 août des discussions sur une trêve à Gaza, associée à la libération des otages. Israël a donné son accord, mais le Hamas n'a pour sa part pas clairement dit s'il participerait.
Cet appel du mouvement islamiste palestinien intervient au lendemain d'un raid israélien sur une école, considéré comme l'un des plus meurtriers depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza, déclenchée le 7 octobre par une attaque d'une ampleur inédite du Hamas sur le sol israélien. Selon la Défense civile, 93 Palestiniens ont été tués, dont des femmes et des enfants, dans une école abritant des déplacés, soulevant un tollé international.
« Il va nous falloir encore deux jours pour identifier les corps qui ont été déchiquetés », a affirmé le porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Bassal. L'armée israélienne a affirmé que cette école était utilisée par le Hamas et le Jihad islamique pour « mener des attaques » contre ses soldats, et affirmé y avoir éliminé « au moins 19 terroristes ». Elle a a de plus appelé tôt dimanche les civils à quitter la zone d'al-Jalaa, les quartiers nord de la ville de Khan Younès, déjà visée par plusieurs campagnes d'envergure. Israël affirme que le Hamas y avait « implanté une infrastructure terroriste ».
Le porte-avions USS Abraham Lincoln en route
Par ailleurs, face au risque d'une offensive de grande envergure du Hezbollah libanais soutenu par l'Iran, ou de l'Iran lui-même contre Israël, le ministre de la Défense américain Lloyd Austin a ordonné au porte-avions USS Abraham Lincoln « d'accélérer son transit » vers le Proche-Orient. Il a également ordonné le déploiement du sous-marin nucléaire lanceur de missiles de croisière USS Georgia dans la même zone. L'escalade militaire menace dans la région, où les ennemis d'Israël ont ouvert plusieurs fronts contre lui, notamment le Hezbollah libanais qui échange des tirs quasiment quotidiennement avec l'armée israélienne à la frontière israélo-libanaise depuis plus de dix mois.
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
Lloyd Austin a aussi eu une conversation avec son homologue israélien, Yoav Gallant dimanche. Les deux hommes, toujours selon le porte-parole du Pentagone, ont discuté de « l'importance de réduire le mal fait aux civils, de progresser vers la conclusion d'un cessez-le-feu et la libération des otages retenus à Gaza ».
La situation est encore plus explosive depuis l'assassinat le 31 juillet à Téhéran du chef du Hamas Ismaïl Haniyeh, attribué à Israël, et la mort le 30 juillet du chef militaire du Hezbollah Fouad Chokr, tué dans une frappe près de Beyrouth revendiquée par Israël. L'Iran et ses alliés ont menacé Israël d'une riposte « sévère ». En Cisjordanie occupée, où les tensions se sont fortement accrues, l'armée israélienne a indiqué qu'un civil israélien d'une vingtaine d'années avait été tué dans une attaque de « terroristes », toujours recherchés, sur des véhicules. De son côté, le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, qui siège en Cisjordanie, effectuera une visite en Russie à partir de ce lundi où il doit rencontrer Vladimir Poutine.