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Israël intensifie son offensive dans le sud de Gaza, « la guerre sera longue », affirme Netanyahu

latribune.fr

Publié le 24 décembre 2023 à 10:33 - Mis à jour le 24 décembre 2023 à 15:55

Les ruines d'une maison après une frappe israélienne a Rafah, Gaza.

Les ruines d'une maison après une frappe israélienne a Rafah, Gaza.

IBRAHEEM ABU MUSTAFA

Le Quotidien Numérique

11 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Tsahal a annoncé qu'il intensifiait dimanche ses opérations contre le Hamas dans le sud de la bande de Gaza assiégée, pendant que les Etats-Unis pressent Israël de faire plus d'efforts pour épargner les civils menacés par la faim, sans pour autant demander de cessez-le-feu. Ce même jour, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé que son pays payait « un très lourd tribut à la guerre », après la mort de 15 soldats depuis vendredi dans les combats dans la bande de Gaza. Mais qu’il n’avait « pas d'autre choix que de continuer à combattre », ajoutant que « la guerre sera...

... ».

[Article mis à jour le 24/23/2023 à 16h38]

Dimanche, l'armée israélienne a annoncé qu'elle intensifiait ses opérations contre le Hamas dans le sud de la bande de Gaza assiégée, pendant que les Etats-Unis pressent Israël de faire plus d'efforts pour épargner les civils, menacés par la faim.

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Proche-Orient : la trêve entre Israël et le Hamas vole en éclats

Tsahal a ainsi touché ce jour Jabaliya et la ville de Gaza, dans le nord, ainsi que Khan Younès, la grande ville du sud, a annoncé le Hamas. Le nord a jusqu'ici été le théâtre d'énormes destructions, sur cette bande côtière où 1,9 million de personnes ont été forcées de fuir leur domicile, soit 85% de la population, selon l'ONU.

L'armée israélienne a fait savoir qu'elle comptait continuer à frapper dans le sud, à la recherche des responsables du Hamas, qu'elle considère comme un groupe terroriste, au même titre que les Etats-Unis et l'Union européenne.

Après la ville de Gaza, «nous pivotons vers le sud et nous concentrons nos principales opérations sur un autre bastion du Hamas, Khan Younès», a expliqué un porte-parole de l'armée, Jonathan Conricus, sur la chaîne américaine Fox News.

Les combats dans le nord « continueront, peut-être à une intensité moindre », a-t-il ajouté.

A Rabat, au Maroc, plus de 10.000 manifestants ont défilé dimanche en solidarité avec les Palestiniens dans la bande de Gaza, dénonçant une « guerre d'extermination » et la normalisation des relations entre le Maroc et Israël. A l'appel d'un groupe hétéroclite de soutien à la cause palestinienne composé de formations de gauche et de militants du mouvement islamiste Justice et bienfaisance, ils ont défilé le long de l'avenue Mohammed V, cœur battant de la capitale.

De leur côté, les Etats-Unis continuent d'afficher un soutien sans faille envers leur allié historique mais récemment, ils insistent de plus en plus pour qu'Israël passe à une phase moins intense de son offensive et privilégie des opérations plus ciblées contre les responsables du Hamas. Lors d'une conversation téléphonique avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président américain Joe Biden « a souligné le besoin crucial de protéger la population civile », selon Washington. Le locataire de la Maison Blanche a précisé qu'il n'avait « pas demandé de cessez-le-feu » entre Israël et le mouvement islamiste palestinien.

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Nouveau bastion visé

Pour rappel, Israël a juré d' « anéantir » le Hamas depuis une attaque d'une ampleur et d'une violence sans précédent menée sur son sol le 7 octobre par le mouvement islamiste depuis la bande de Gaza. Ce jour-là, les commandos du Hamas ont fait environ 1.140 morts, en majorité des civils, selon les derniers chiffres officiels israéliens. Ils ont aussi enlevé environ 250 personnes dont 129 restent détenues à Gaza, selon Israël.

Ce dimanche matin, l'armée israélienne a indiqué que 152 de ses soldats ont été tués à Gaza depuis le début de la guerre, qui a suivi les attaques du 7 octobre perpétrées par le Hamas. Neuf soldats ont été tués samedi dans les combats dans l'enclave palestinienne, a précisé l'armée dans un communiqué, l'un des plus lourds bilans pour une journée dans le petit territoire depuis le début du conflit.

« Accordez-nous la paix »

Au global, la situation humanitaire dans la bande de Gaza est désastreuse : la plupart des hôpitaux y sont hors service et dans les six prochaines semaines, l'ensemble de la population risque de subir un niveau élevé d'insécurité alimentaire, pouvant aller jusqu'à la famine, selon les Nations unies.

Dimanche, le chef de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déploré la « décimation » du système de santé, la qualifiant de « tragédie », et réitéré son appel urgent à un cessez-le-feu.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a voté vendredi une résolution réclamant l'acheminement « immédiat » et « à grande échelle » de l'aide humanitaire. Mais la portée de ce texte, qui a réussi à éviter un veto américain en appelant à « créer les conditions d'une cessation durable des hostilités » plutôt qu'à un « cessez-le-feu », reste incertaine. ONG et agences de l'ONU expliquent que l'intensité des frappes israéliennes rend quasiment impossible la distribution de l'aide alimentaire.

Les Gazaouis rencontrés par l'Agence France-Presse (AFP) fustigent eux la communauté internationale. Cette résolution « renforce la décision d'Israël de tuer davantage de civils et prolonge la guerre contre ce peuple en échange d'un peu de nourriture », a dénoncé Rami al-Khalut, un habitant du nord qui a fui à Rafah, dans le sud.

«Plutôt que (...) d'augmenter les livraisons d'aide, arrêtez de soutenir Israël et de lui fournir des armes, (...) arrêtez la guerre et accordez-nous la paix.»

A Rafah, où des centaines de milliers de réfugiés s'abritent dans des camps de fortune, la population se rue sur les rations alimentaires, insuffisantes pour satisfaire tout le monde, a constaté l'AFP.

« Mes enfants ont perdu beaucoup de poids, la faim les réveille la nuit », a confié Nour Barbakh, une déplacée de Khan Younès faisant la queue pour attendre de la nourriture.

Emmanuel Macron a exprimé au Patriarche latin de Jérusalem « sa vive préoccupation » face à « la situation dramatique » de la paroisse catholique de Gaza où deux paroissiennes ont été tuées « de manière indigne » le 16 décembre par un soldat israélien, a indiqué dimanche l'Elysée.

A l'occasion d'un entretien téléphonique samedi à l'avant-veille de Noël avec le cardinal Pierbattista Pizzabella, le président français a évoqué « sa vive préoccupation face à la situation dramatique de la paroisse latine de Gaza », où « des centaines de civils de toutes confessions (...) vivent sous les bombes et les balles depuis plus de deux mois », selon le communiqué de l'Elysée. Emmanuel Macron a exprimé « ses condoléances pour la mort de deux paroissiennes, tuées de manière indigne il y a quelques jours ».

« Plus de 200 terroristes » arrêtés

En outre, à Deir el-Balah (centre), une frappe a fait samedi des morts et de nombreux blessés, parmi lesquels plusieurs femmes et enfants, a constaté l'AFP.

Ma «maison a été touchée par un missile de drone», a raconté Abed al-Khawalda, qui a perdu sa sœur dans le bombardement. Elle «s'est effondrée sur les personnes qui s'y trouvaient. »

Samedi, l'armée israélienne a affirmé avoir capturé « plus de 200 terroristes » au cours de la semaine, et « plus de 700 » depuis le début du conflit.

Elle a aussi assuré qu'une frappe menée sur Rafah vendredi, qui a tué quatre membres d'une même famille dont une fillette selon le Hamas, visait un responsable du mouvement palestinien chargé de l'approvisionnement en armes.

De son côté, le ministère de la Santé du Hamas a accusé les forces israéliennes d'avoir cette semaine « commis plusieurs massacres atroces » dans la région de Jabaliya et dans celle de Tal Al-Zaatar", et d'avoir notamment « exécuté des dizaines de citoyens dans les rues. »

Sollicitée par l'AFP, l'armée n'a pas spécifiquement répondu aux accusations d'exécutions mais a assuré que ses frappes « contre des cibles militaires sont conformes au droit international ». L'armée a, elle, expliqué avoir tué « des terroristes armés » dans la ville de Gaza et avoir détruit des « immeubles utilisés comme sites militaires ».

Elle a aussi assuré qu'une frappe effectuée sur Rafah vendredi, qui a tué quatre membres d'une même famille dont une fillette selon le Hamas, visait un responsable du mouvement palestinien chargé de l'approvisionnement en armes.

Incertitudes pour cinq otages

Par ailleurs, les médiateurs égyptien et qatari tentent toujours de parvenir à un compromis entre les belligérants sur une nouvelle trêve qui permettrait l'entrée de plus d'aide à Gaza ainsi que des libérations d'otages et de prisonniers palestiniens incarcérés par Israël.

Fin novembre, une trêve d'une semaine avait permis la libération de 105 otages et de 240 prisonniers palestiniens ainsi que l'entrée à Gaza de convois d'aide humanitaire. Néanmoins, les deux camps restent intransigeants. Le Hamas exige un arrêt des combats avant toute négociation sur les otages. Israël est ouvert à l'idée d'une trêve mais exclut tout cessez-le-feu avant « l'élimination » du mouvement islamiste.

Samedi, la branche militaire du Hamas a affirmé avoir « perdu le contact » avec des combattants gardant cinq otages israéliens. Ceux-ci ont probablement « été tués lors d'une frappe israélienne », a-t-elle estimé. Aucune confirmation n'a pu être obtenue auprès d'Israël.

Tensions régionales

Au-delà de Gaza, le risque d'un embrasement régional persiste. Les rebelles Houthis du Yémen menacent notamment de ralentir le commerce mondial en attaquant le trafic maritime en mer Rouge depuis plusieurs semaines, disant agir en solidarité avec le Hamas.

Un navire chimiquier a été touché samedi au large de l'Inde par un « drone d'attaque tiré depuis l'Iran », et deux pétroliers et un destroyer américain naviguant en mer Rouge ont également été visés par des drones lancés par les rebelles Houthis au Yémen, selon l'armée américaine.

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Le Pentagone explique que l'Iran, allié des rebelles yéménites et du Hamas, donne des informations aux Houthis pour la planification de leurs attaques, des accusations qui ont été rejetées par Téhéran.

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(Avec AFP)

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