Joe Biden détaille les prêts du G7 à l'Ukraine, financés par les avoirs russes
latribune.fr
Pour rappel, le G7 s'est entendu en juin d'utiliser les actifs russes gelés à l'étranger afin de garantir un prêt d'un montant total de 50 milliards de dollars en faveur de l'Ukraine.
« L'Ukraine peut recevoir l'aide dont elle a besoin dès maintenant, sans que les contribuables soient mis à contribution », a souligné ce mercredi le président américain Joe Biden.
La charge est sévère. Le président américain a averti ce mercredi que « les tyrans seront responsables des dégâts qu'ils provoquent », en référence au président russe, qui en février 2022, a ordonné à son armée d'envahir l'Ukraine, déclenchant une guerre.
Une déclaration en lien direct avec l'annonce d'un prêt de 20 milliards de dollars à l'Ukraine, qui fait notable, sera remboursé par les intérêts des avoirs russes gelés, dans le cadre d'un accord avec le G7. A noter : les actifs russes gelés se montent à 300 milliards d'euros, et génèrent jusqu'à trois milliards d'euros de revenus par an.
« L'Ukraine peut recevoir l'aide dont elle a besoin dès maintenant, sans que les contribuables soient mis à contribution », a souligné ce mercredi à ce sujet Joe Biden. Et d'ajouter qu'il s'agit d'« un nouveau rappel à Vladimir Poutine que le monde s'est rallié à l'Ukraine ».
Un accord novateur du G7
Pour rappel, le G7 s'est entendu en juin d'utiliser les actifs russes gelés à l'étranger afin de garantir un prêt d'un montant total de 50 milliards de dollars en faveur de l'Ukraine. Si les 20 milliards de dollars de cette enveloppe sont fournis par les Etats-Unis, les 30 autres milliards seront apportés, selon le même système, par les autres pays du G7, a précisé ce mercredi Daleep Singh, le conseiller adjoint à la Sécurité nationale de la Maison Blanche.
Le haut conseiller américain a également salué la création de ce mécanisme, qui est une première: « Jamais auparavant une coalition multilatérale n'a gelé les avoirs d'un pays agresseur, puis exploité la valeur de ces avoirs pour financer la défense de la partie lésée, tout en respectant l'état de droit et en maintenant la solidarité. »
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Une déclaration qui résonne avec celle de la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, qui rencontrait ce mercredi après-midi son homologue ukrainien Sergii Marchenko : « Cela signifie qu'à l'avenir la Russie sera de plus en plus obligée de supporter les coûts de sa guerre, et non les contribuables américains et européens. »
Une aide scindée en deux
Par ailleurs, la participation américaine devrait être scindée en deux aides différentes, de 10 milliards de dollars chacune: un soutien économique et un soutien militaire. L'aide économique transitera par la Banque mondiale, via un fonds « soumis à de solides mesures de responsabilité et de transparence », a souligné Daleep Singh, et visera notamment l'énergie et les infrastructures. Le soutien militaire, en revanche, nécessite l'autorisation du Congrès, a-t-il précisé, avec une discussion qui se déroulera « entre maintenant et décembre ».
Si le Congrès doit être en partie renouvelé lors des élections du 5 novembre - avec un possible changement de majorité dans les deux chambres - Daleep Singh a néanmoins assuré que, même sans ce feu vert des parlementaires, Washington apportera la totalité de la somme promise. « La seule question qui se pose est celle de la répartition entre l'aide économique et l'aide à la sécurité », a-t-il aussi indiqué.
Enjeux de campagne
Cette annonce de nouvelle tranche d'aide est d'autant plus importante que les Etats-Unis sont à moins de deux semaines de leur élection présidentielle. L'ex-président et candidat républicain Donald Trump critique régulièrement les montants d'aide américaine à l'Ukraine, qu'il juge trop élevés. Ce qui fait craindre à Kiev craint un assèchement de ses fonds, en cas de retour au pouvoir.
Sa concurrente démocrate, la vice-présidente Kamala Harris, se montre d'ailleurs sévère sur le sujet. Lundi, elle a déclaré que son « adversaire s'était fait un point d'honneur d'admirer les dictateurs et les autocrates du monde entier », et que, « si Donald Trump était président, Vladimir Poutine serait assis à Kiev ».