Le prix de l'essence aux Etats-Unis a dépassé les 5 dollars le gallon (3,78 litres) dans tous les Etats, alimentant une inflation qui menace la croissance. L'embargo européen sur les importations russes ajoute aux perturbations du marché. Le président américain va se rendre au Moyen-Orient pour convaincre les pays producteurs, Arabie saoudite en tête, pour pomper davantage de brut.Le président des Etats-Unis Joe Biden va effectuer une tournée au Moyen-Orient. Officiellement, l'objectif est de parler sécurité. Une rencontre sera organisée à la mi-juillet avec le prince héritier Mohammed ben Salmane dit MBS en Arabie saoudite. Lorsqu'il était entré à la Maison Blanche, Joe Biden avait affirmé vouloir transformer le royaume saoudien en « Etat paria », un rapport de la CIA affirmant que Mohammed ben Salmane était l'instigateur de l'assassinat du journaliste américano-saoudien Jamal Khashoggi. Une page va donc se tourner.
Car aujourd'hui l'urgence pour le président américain est de faire baisser les cours du pétrole. La référence américaine, le baril de WTI, qui a franchi les 123 dollars, a bondi de quelques 70% en un an. À la pompe aux Etats-Unis, le gallon d'essence (3,78 litres) a dépassé les 5 dollars dans tous les Etats (il a même dépassé les 6 dollars en Californie), selon l'Association américaine des automobilistes (AAA). En un an, il a flambé de 62%. Il n'y a pas que le prix qui monte inexorablement, le mécontentement des automobilistes aussi, qui en tant qu'électeurs pourraient le faire payer dans les urnes lors des élections de mi-mandat en novembre.
ExxonMobil montrée du doigt par le président
Signe d'impuissance, dans un pays qui est un des plus importants producteurs mondiaux de brut, Joe Biden s'en est pris aux majors américaines comme ExxonMobil, accusée de ne pas augmenter sa production pour tirer profit des prix élevés et engranger des bénéfices faramineux qui ont envoyé le cours de son action à un niveau historique en Bourse.
En outre, le prix élevé de l'énergie est un important facteur de soutien à l'inflation. Elle s'est affiché à 8,6% en mai, au plus haut depuis 40 ans aux Etats-Unis, et menace l'économie américaine sinon d'une récession au moins d'une stagflation. Et si la Fed a enclenché un cycle de remontée des taux pour calmer la hausse générale des prix, elle n'a pas une grande influence sur l'évolution du cours du pétrole qui dépend du rapport entre l'offre et la demande mondiale.