L'économie américaine se contracte à nouveau au deuxième trimestre, alimentant les craintes de récession

Après une contraction de 1,6% au premier trimestre, le produit intérieur brut des Etats-Unis a baissé de 0,9% en rythme annualisé sur la période avril-juin, selon la première estimation du département du Commerce publiée jeudi. Néanmoins, la Maison Blanche, a déclaré que l'économie américaine était « sur le bon chemin ».
Le PIB américain s'était contracté de 3,4% en 2020 sous l'effet de la crise du Covid-19, avant de rebondir de 5,7% en 2021.
Le PIB américain s'était contracté de 3,4% en 2020 sous l'effet de la crise du Covid-19, avant de rebondir de 5,7% en 2021. (Crédits : Thomas White)

Le produit intérieur brut des États-Unis s'est de nouveau contracté au deuxième trimestre. D'après une première estimation du département du Commerce publiée jeudi, le PIB a baissé de 0,9% en rythme annualisé sur la période avril-juin, après une contraction de 1,6% au premier trimestre. Ce recul du PIB sur le trimestre est de 0,2% si l'on compare simplement au trimestre précédent, comme le font d'autres économies avancées.

Dans un contexte d'inflation, avec l'important durcissement de la politique monétaire de la banque centrale américaine (Fed), ce ralentissement de l'économie américaine sur deux trimestres consécutifs ne va néanmoins pas rassurer les marchés financiers qui redoutent de voir la première puissance mondiale déjà en récession.

Le département du Commerce précise que le recul du PIB au deuxième trimestre reflète des baisses d'investissements des entreprises et d'achats de logements de la part des ménages. Le gouvernement fédéral, les États et les administrations locales ont également freiné leurs dépenses.

Lire aussiLa Fed coincée entre l'inflation et le risque de récession aux Etats-Unis

 En récession selon la définition technique

Avec cette deuxième baisse consécutive du PIB trimestriel, l'économie américaine répond à la définition classique de la récession technique. Mais le Bureau national des études économiques (NBER), un organisme considéré comme « l'arbitre officiel des récessions » aux Etats-Unis, définit une récession comme « une baisse significative de l'activité économique répartie dans l'ensemble de l'économie, qui dure plus de quelques mois, normalement visible dans la production, l'emploi, le revenu réel et d'autres indicateurs. »

Si les risques de fléchissement de l'économie se sont accrus - comme en témoigne le ralentissement des mises en chantier et des ventes de logements ou encore le climat des affaires et la confiance des ménages qui se sont dégradés au cours des derniers mois - d'autres indicateurs restent positifs. Ainsi, la consommation, moteur de l'économie américaine, a encore surpris par sa vigueur en juin. Même si, avec l'inflation, les consommateurs, pour une même addition, repartent avec un panier moins garni.

Autre indicateur favorable : le marché du travail se porte bien. Les inscriptions au chômage ont diminué la semaine dernière aux Etats-Unis, à 256.000 contre 261.000 (révisé) la semaine précédente, a annoncé jeudi le département du Travail. Le taux de chômage, à 3,6%, est tout proche de son niveau pré-pandémique, qui était le plus bas depuis 50 ans. Et les employeurs peinent toujours à recruter.

Dans ce contexte, avant les élections de mi-mandat le 8 novembre, la Maison blanche rejette vigoureusement l'idée d'une récession et cherche à rassurer les Américains. Le président Joe Biden a même déclaré que l'économie américaine était « sur le bon chemin ». « Il n'est pas surprenant que l'économie ralentisse alors que la Réserve fédérale agit pour réduire l'inflation », a-t-il déclaré dans un communiqué. De son côté, la secrétaire au Trésor Janet Yellen a assuré que non, la première économie du monde n'était pas en récession.

Alors que le PIB américain s'était contracté de 3,4% en 2020 sous l'effet de la crise du Covid-19, avant de rebondir de 5,7% en 2021, le FMI a révisé en forte baisse sa prévision de croissance des Etats-Unis pour 2022, et ne table désormais plus que sur 2,3% (quand elle anticipait encore 3,7% en avril).

(Avec AFP et Reuters)

En direct - Transition Forum 2022

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 1
à écrit le 28/07/2022 à 18:33
Signaler
Bonjour, Cette confrontation entre la Russie et l'Ukraine réduit énormément les échanges économiques entre les pays , ensuite , les usa ne peuvent enrichir indéfiniment la Chine communistes, donc toute les économies se contracte... Mais les usa on...

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.