L'Italie échappe à la récession avec une croissance à zéro au troisième trimestre
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Pour 2024, l'exécutif italien prévoit une hausse du PIB de 1,2% alors qu'il escomptait 1,5% dans ses prévisions d'avril.
GUGLIELMO MANGIAPANE
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Pour 2024, l'exécutif italien prévoit une hausse du PIB de 1,2% alors qu'il escomptait 1,5% dans ses prévisions d'avril.
GUGLIELMO MANGIAPANE
Croissance atone pour l'Italie qui a vu son produit intérieur brut (PIB) stagner au troisième trimestre. Le pays échappe ainsi de justesse à la récession, sur fond de hausse des taux d'intérêt qui a freiné la demande intérieure, a annoncé ce mardi l'Institut national des statistiques du pays (Istat). La croissance de la troisième économie de la zone euro a donc été nulle (0,0%) par rapport au trimestre précédent.
La Banque d'Italie avait nettement abaissé à la mi-octobre sa prévision de croissance économique pour 2023, tablant désormais sur 0,7% contre 1,3% auparavant, sous l'effet de la hausse des taux d'intérêt et de « la faiblesse du commerce international ».
L'Italie subit le contrecoup des affres de l'Allemagne, son principal partenaire commercial, qui a annoncé à la mi-octobre s'attendre à une baisse de 0,4% du PIB sur l'année 2023. « L'économie italienne est à nouveau en train de glisser vers les taux de croissance modestes qui l'ont caractérisée au cours des décennies précédentes », avait commenté samedi dernier le centre d'études de Confindustria, la principale organisation patronale.
Après la chute surprise du PIB de 0,4% au deuxième trimestre, « la faiblesse de l'activité économique s'est poursuivie » cet été, s'étendant à l'industrie manufacturière et aux services, a constaté l'institution. Au premier trimestre, l'Italie avait en revanche connu une progression de son PIB de 0,6%.
Le fléchissement de la croissance au deuxième trimestre s'explique par « une diminution de la valeur ajoutée dans l'agriculture, la sylviculture, la pêche et l'industrie » d'après l'Istat, alors que l'activité dans les services a « légèrement augmenté ».
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Cette baisse du PIB avait contredit la dernière estimation de la Banque d'Italie qui avait prévu une croissance proche de zéro en raison d'un ralentissement des investissements au deuxième trimestre dû à la hausse des taux d'intérêt. La Banque d'Italie avait toutefois averti que le durcissement des conditions d'accès au crédit n'allait être que « partiellement compensé » par « l'augmentation des investissements publics prévue dans le cadre du plan de relance » de l'Italie, alimenté par les fonds européens.
Du côté de l'indice de confiance des entreprises dans le pays, il a continué à chuter en octobre, atteignant son niveau le plus bas depuis avril 2021, a indiqué vendredi dernier l'Institut national des statistiques (Istat). Après avoir déjà baissé en août et septembre, l'indice est ainsi passé de 104,9 à 103,9.
Cette baisse est constatée dans tous les secteurs, à l'exception de la construction qui a vu la confiance augmenter de 160,9 à 163,8. La confiance s'est détériorée dans l'industrie manufacturière, l'indice passant de 96,4 à 96, dans les services marchands (de 100,5 à 98,1) et dans le commerce de détail (de 107,1 à 106).
Quant à la confiance des ménages, l'indice baisse pour le quatrième mois consécutif, passant de 105,4 à 101,6 pour atteindre son plus bas niveau depuis janvier. Leur perception du climat économique (de 115,2 à 110,5) et leur jugement sur le futur (de 113,2 à 107,7) baissent sensiblement.
Pour 2024, l'exécutif italien prévoit une hausse du PIB de 1,2% alors qu'il escomptait 1,5% dans ses prévisions d'avril. Plus pessimiste, le Fonds monétaire international (FMI) table sur une croissance limitée à 0,7% en 2023 et 2024.
Selon le FMI, l'Italie ressent notamment les effets d'une « baisse des investissements dans la construction », due à la suppression d'un dispositif d'incitations fiscales très généreux, baptisé « superbonus » et censé rendre les logements moins énergivores.
La Commission européenne prévoit de son côté une croissance de 0,9% en 2023 et de 0,8% en 2024 pour l'Italie, malgré les effets du méga-plan de relance financé par des fonds européens dont l'Italie est le premier bénéficiaire.
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Signe encourageant dans ce contexte économique plat, la hausse des prix à la consommation en Italie a connu un net coup de frein en octobre, passant à 1,8% sur un an, contre 5,3% en septembre, selon l'Institut national de la statistique (Istat). L'inflation, au plus bas depuis juillet 2021, a ralenti grâce à la brusque accalmie sur les tarifs de l'énergie et au moindre renchérissement des produits alimentaires.
Le gouvernement de Giorgia Meloni a également signé fin septembre « un pacte pour la protection du pouvoir d'achat » avec de grandes enseignes et des commerces de proximité prévoyant des prix modérés sur une sélection de produits de base entre le 1er octobre et le 31 décembre. « Plus de 35.000 points de vente sur tout le territoire national y ont adhéré », a assuré lundi le ministre des Entreprises Adolfo Urso. Le gouvernement a aussi approuvé un nouveau «bonus essence» forfaitaire de 80 euros pour les foyers aux revenus annuels inférieurs à 15.000 euros.
En juillet, la hausse des prix à la consommation avait aussi baissé, passant à 6% sur un an, contre 6,4% en juin. « L'inflation est moins forte, mais les banques centrales augmentent les taux au maximum », avait néanmoins tempéré samedi dernier l'organisation patronale italienne Confindustria. Conséquence, « le crédit diminue parce qu'il est trop cher ».
(Avec AFP)
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