L'Union européenne place les États-Unis sur une liste des paradis fiscaux

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Le Delaware est particulièrement prisé des entreprises pour sa fiscalité avantageuse et sa discrétion.
Le Delaware est particulièrement prisé des entreprises pour sa fiscalité avantageuse et sa discrétion. (Crédits : Reuters)
Parmi les 50 États américains, trois sont régulièrement ciblés comme des paradis fiscaux : le Delaware, le Wyoming et le Nevada. C'est ce qui a poussé l'Union européenne à envisager d'intégrer les États-Unis à sa liste noire des paradis fiscaux.

Les relations transatlantiques ne sont pas prêtes de se réchauffer. L'Union européenne a dressé une liste intermédiaire de 92 pays avec lesquels elle va discuter en vue d'aboutir avant la fin de l'année à une liste noire des paradis fiscaux, selon plusieurs sources concordantes. "On a invité les juridictions concernées à engager un dialogue avec les Etats membres pour sortir de cette liste", a expliqué l'une de ces sources. "La vraie liste est pour la fin de l'année."

Et les États-Unis en font donc partie, a expliqué une de ces sources, à cause notamment de l'État du Delaware. Le petit État de l'est américain est régulièrement critiqué pour ses largesses fiscales et réglementaires, qui attirent de nombreuses entreprises. Le Wyoming et le Nevada proposent eux-aussi un double avantage pour les entreprises venant s'y installer : une fiscalité avantageuse et une discrétion totale. Barack Obama avait d'ailleurs entrepris de réformer le statut de ces trois Etats, en particulier du point de vue de la transparence.

Lire aussi : Avant l'arrivée de Trump, Obama veut réformer les paradis fiscaux américains

Trois critères pour faire partie de la liste

Le Brésil, Singapour, Panama ou encore le Canada figurent également sur cette liste confidentielle, établie sur la base de trois critères: un manque de transparence, l'existence de régimes fiscaux préférentiels et l'absence d'impôts sur les sociétés. Ce dernier critère étant contesté, notamment par les Britanniques, il a été retiré temporairement le temps qu'un groupe d'experts évalue s'il engendre de réels problèmes de distorsion fiscale.

Le Conseil de l'UE, qui représente les Etats membres, "a envoyé une lettre" mardi aux 92 pays concernés pour "solliciter des clarifications sur certains aspects de leur politique fiscale", a précisé une deuxième source. "Ça ne veut pas dire qu'ils seront tous sur la liste" finale, a-t-elle insisté. Les discussions devraient durer jusqu'en juillet 2017.

Les pays avec lesquels elles n'auront pas abouti pourraient alors être inscrits sur une "liste commune des juridictions non coopératives en matière fiscale", la fameuse liste noire. La question des sanctions qui pourraient leurs être appliquées n'a cependant pas encore été tranchée par les Etats membres.

(avec AFP)

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a écrit le 02/02/2017 à 23:28 :
Le Royaume-Uni sera dessus, ou les Britanniques vont s'y opposer ? Parce que je ne fais aucune différence entre les iles anglo-normandes et le Delaware.
a écrit le 02/02/2017 à 21:30 :
De ce que l'on savait déjà, l'UE se réveille quand elle se sent délaissé!
a écrit le 02/02/2017 à 20:47 :
En plus de ces 3 états US, je crois qu'il y a aussi le Colorado et peut-être aussi le Montana qui ne sont pas très nets non plus du point de vue fiscal.
a écrit le 02/02/2017 à 18:38 :
Bravo au journal la Tribune qui a le courage d'ouvrir le débat !
Pourquoi croyez vous que les US ont "descendus" toutes les paradis fiscaux européens dont la Suisse
Quand l'Europe sera telle libre de Washington ?
Réponse de le 02/02/2017 à 20:53 :
A votre dernière question, une premier signe d'indépendance de l'Europe serait de fermer les bases militaires américaines, spécialement en Allemagne et en Italie. Dans le futur, tout historien décrira l'union européenne comme un vassal et l'OTAN comme l'instrument de domination américain et comparerait la situation de l'Europe à celle de la Grèce sous domination macédonienne pendant l'Antiquité avec des bases américaines qui pourraient être vues comme l'équivalent des garnisons macédoniennes en Grèce.
Que les européens exigent le retrait des troupes américaines d'Europe et après on y verra plus clair, notamment suivant la réponse américaine.
Réponse de le 03/02/2017 à 0:57 :
@rryv
Quel rapport avec le sujet de l'article ?
Je vois pas vraiment en quoi l'OTAN représente la domination des Etats-Unis, surtout lorsque l'on sait que son siège ce situe en Europe.
M'enfin je suppose que le retrait des troupes américaine d'Europe faciliterait bien le jeu de la Russie ce qui je suppose ne vous à pas échapper.
a écrit le 02/02/2017 à 15:41 :
l'UE s'expose à une réponse agressive du président "special" des usa, via Tweeter.
a écrit le 02/02/2017 à 15:31 :
Ben oui ce sont des concurrents aux paradis fiscaux européens que sont le luxembourg, la suisse, l'l'irlande, la belgique, monaco...

Franchement l'UE qui parle de lutte contre l'évasion fiscale c'est comme Fillon qui nous parle de son honnêteté exemplaire et de la valeur travail.

Au secours.
Réponse de le 02/02/2017 à 18:11 :
"paradis fiscaux européens que sont le luxembourg, la suisse, l'l'irlande, la belgique, monaco..."
Mais tout le monde le sait.
Mais ca change sous la pression de l'UE.
Et l'Europe a imposé des réformes et de la transparence à ses nations. On peut regretter que ça n'avance pas assez vite, puisque tout le monde en croque, mais ça avance, ne vous en déplaise !
Il était temps que ce Delaware soit ciblé.
Le nouveau secrétaire américain au Trésor va assouplir les règles de séparation des activités bancaires.
Donc les banques américaines Goldman Sachs et autres vont pouvoir reprendre les bonnes vielles pratiques.
Ceci explique peut-être cela.
L'UE n'a plus de cadeau à faire maintenant, à Trump qui vient de faire disparaître le scandale Wells Fargo du site ministériel et nommé un boss de Goldman Sachs.
Il va protéger ses banques tout en attaquant ou empêchant les européennes.
FinCEN, organisme américain chargé de lutter contre la délinquance financière devrait faire le ménage chez lui.
L'UE peut aussi en mettre une couche sur Jersey, Îles Vierges britanniques, les Bermudes et les Iles Caïmans, pour ne pas oublier May.
Surtout parce que l'une de raison du Brexit est que le R-U ne voulait pas de l’Union bancaire européenne pour protéger ses magouilles bancaires.
Ceci n'empêche pas L'UE de continuer à mettre la pression sur les paradis européens et autres.
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Rappel :
Andorre,Monaco, la Suisse, le Liechtenstein, Saint-Marin ont accepté la levée de leur secret bancaire, différé en 2018.
Réponse de le 02/02/2017 à 18:43 :
"mais ça avance, ne vous en déplaise !"

POurriez vous nous donner de preuves de cet avancement je vous prie ?

Je ne demande que ça mais je vois juste que les pro-ue n'arrêtent pas d'affirmer que l'UE est génial alors qu'ils n'ont même pas un échantillon de preuve sur eux avouez que c'est quand même plus que douteux.

"Andorre,Monaco, la Suisse, le Liechtenstein, Saint-Marin ont accepté la levée de leur secret bancaire, différé en 2018"

Ah mais non je suis bête vous vouliez juste bien me faire rigoler en fait, merci à vous j'avoue que j'ai bien marché au début...
Réponse de le 02/02/2017 à 21:59 :
@Citoyen blasant
Oui! ne vous en déplaise !
Mais évidement les lobbyistes freinent.
Il y a quelques années, il était impensable que des états européens demandes des comptes à des multinationales américaines, britanniques, irlandaises. Les lanceurs d'alerte étaient des pestiférés. La Suisse ne donnait aucune information sur les comptes de ses clients. L'UE a fait tomber des barrières jusqu'à Singapour par des accords intergouvernementaux.
Evidement, nous sommes nombreux à trouver que c'est trop lent.
Il est impossible d'imposer, du jour au lendemain, à un voisin d'abandonner toutes ses magouilles, sans quoi sont économie coulerait brutalement. Un peu de réalisme.
Et puis nos multinationales doivent avoir du temps pour revoir leurs copies.
Sans prendre la défense des lobbyistes, il ne s'agit pas non plus de déséquilibrer l'économie européenne au détriment de la concurrence,.
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Procédures ou actions envers Google, HSBC, USB, le trading en ligne, Facebook, Apple, Amazon, McDonald's, Booking.com, Uber, Starbucks, les ports francs genevois, etc.
Les millionnaires et milliardaires qui ont rapatriés leurs billets.
Aller demander à la finance et aux économistes suisses s'ils ont digéré la pilule, alors même que certains accords ne prendront forme que dans les années à venir.
Ne pas reconnaître que le système évolue, lentement, trop lentement mais surement, est malhonnête, ne vous en déplaise !
Réponse de le 01/05/2017 à 19:46 :
"Ne pas reconnaître que le système évolue, lentement, trop lentement mais surement, est malhonnête, ne vous en déplaise ! "

Comment un système peut évoluer "trop" lentement tout en évoluant svp ?

Vous vous contredisez.

C'est donc bien ce que je dis, ce sont les pro-ue qui démontrent qu'il est temps d'en changer.

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