La Chine démantèle un trafic de devises de 7 milliards d'euros

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(Crédits : © Jason Lee / Reuters)
La Chine a démantelé un trafic de devises d'environ 50 milliards de yuans (7 milliards d'euros) dans le cadre de la lutte des autorités contre les fuites de capitaux hors du pays, a annoncé l'Administration nationale des changes.

Le trafic a été découvert lors d'une enquête ouverte par cette Administration sur six sociétés de Shenzhen, métropole située aux portes de Hong Kong, a précisé l'institution lundi dans un communiqué. Sur les six sociétés soupçonnées de trafic de devises, l'une menait des transactions d'environ 50 milliards de yuans.

D'autres sociétés ont été convaincues d'usage de faux, de fausse facturation et d'autres méthodes pour transférer des fonds hors de Chine, notamment en recourant à "un trafic de fourmis" consistant à sortir de l'argent en petite quantité pour éviter d'être repéré.

L'Administration des changes a promis de renforcer cette année "le contrôle du marché des devises et de s'en prendre sérieusement aux fraudes afin de défendre la balance des paiements de la Chine", selon le communiqué.

Une conjoncture monétaire compliquée

Le ralentissement de la croissance dans la deuxième économie mondiale a conduit ces dernières années les investisseurs à sortir massivement des capitaux du pays. La chute des marchés boursiers chinois à l'été 2015 a particulièrement incité les épargnants à rechercher des placements plus rémunérateurs à l'étranger. Affaiblie par cette hémorragie de yuans transformés en devises étrangères, la monnaie chinoise a nettement reculé: le yuan a perdu quelque 7% face au dollar en 2016.

Aux abois, les autorités chinoises puisent cependant largement dans leurs réserves de devises pour défendre la valeur du yuan. Ces réserves ont fondu l'an dernier, passant sous la barre des 3.000 milliards de dollars pour la première fois depuis six ans, mais avec des résultats très mitigés.

 Le bitcoin encore dans le collimateur

Pékin s'efforce par ailleurs de durcir les restrictions sur les mouvements de capitaux transfrontaliers. La Chine a ainsi abaissé les plafonds autorisés de transferts d'argent à l'étranger et entrepris de combattre les transactions en monnaie électronique bitcoin, tout en décourageant les investissements massifs hors de Chine, notamment pour l'achat de joueurs de football ou les acquisitions immobilières faramineuses.

Or, ces restrictions alarment les entreprises étrangères qui s'inquiètent d'éventuelles difficultés pour rapatrier dans leur pays d'origine leurs bénéfices réalisés en Chine.

Mais la présence de ces firmes étrangères reste cruciale pour le régime communiste car elles apportent au pays une irremplaçable source de devises. Du coup, la banque centrale chinoise (PBOC) s'est attachée mardi à les rassurer.

L'institution a affirmé dans un communiqué que les sociétés étrangères établies en Chine pouvaient toujours librement rapatrier leurs bénéfices, et a invité ces dernières à l'alerter par courriel au cas où de tels transferts viendraient à être bloqués.

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Commentaires
a écrit le 02/03/2017 à 18:40 :
Ca fait au moins 20 ans que la Chine n'est plus communiste ! Faut vous réveiller les gars....
a écrit le 28/02/2017 à 21:22 :
Seumement 7 milliards? Vous exagerez! C après les observateurs economiques autorisés de Zurich c est au bas mots dix fois plus.

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