Le Danemark va consacrer 2 milliards d'euros à la sécurité dans l'Arctique et l'Atlantique
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Donald Trump a déclaré à de maintes reprises vouloir acheter le Groenland pour assurer sa sécurité.
Lucas Jackson
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Donald Trump a déclaré à de maintes reprises vouloir acheter le Groenland pour assurer sa sécurité.
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Le Danemark entend protéger ses arrières. Le gouvernement danois a annoncé ce lundi qu'il allait consacrer 14,6 milliards de couronnes, soit deux milliards d'euros, au renforcement de la sécurité dans l'Arctique, zone stratégique en raison de la proximité russe et américaine, mais également dans l'Atlantique Nord. « Le niveau de menace dans l'Arctique et l'Atlantique Nord s'est aggravé. Nous devons donc renforcer de manière significative la présence de la défense dans ces régions », a dit le ministre danois de la Défense, Troels Lund Poulsen, dans un communiqué.
Le gouvernement danois promet ainsi d'envoyer trois nouveaux navires pour l'Arctique, des drones à longue portée supplémentaires dotés de capacités d'acquisition d'images avancées et un renforcement de la capacité satellitaire. Il précise que ce programme, conclu avec les principaux partis politiques danois, a été élaboré en « étroite collaboration » avec le Groenland et les îles Féroé, deux territoires danois autonomes. « L'acquisition de nouveaux navires arctiques est une priorité majeure (..) Ils sont très importants pour la sécurité des Groenlandais », réagi Vivian Motzfeldt, qui s'occupe des Affaires étrangères au sein du gouvernement du Groenland, lors d'une conférence de presse avec le ministre danois.
Cette annonce intervient dans un contexte tendu alors que Donald Trump a déclaré à de maintes reprises vouloir acheter le Groenland pour assurer sa sécurité. Juste avant Noël, il a estimé que le contrôle du territoire autonome danois était « une nécessité absolue » pour « la sécurité nationale et la liberté à travers le monde ». Le président américain, qui n'avait déjà pas exclu une intervention militaire pour s'emparer de l'immense île arctique, aurait notamment menacé le Danemark de droits de douane plus élevés, lors d'une conversation téléphonique en janvier avec la Première ministre danoise. Encore samedi dernier, il a réitéré ses velléités d'annexion en indiquant à la presse qu'il « obtiendrait » le Groenland.
Territoire autonome, dont la politique étrangère et de sécurité, la justice et la monnaie dépendent du Danemark, le Groenland, qui cherche, en outre, à obtenir son indépendance vis-à-vis de Copenhague, a maintes fois répété ne pas être à vendre. Les velléités américaines ont cependant relancé le débat sur l'indépendance du territoire, l'indépendantiste Pele Broberg qualifiant sa relation avec le Danemark de « mariage forcé ». La question sera au cœur de la campagne pour les prochaines élections locales qui doivent se tenir au plus tard le 6 avril. De son côté, le Premier ministre groenlandais Mute Egede a rappelé qu'il n'était pas contre un renforcement des liens avec Washington mais qu'il n'était pas à vendre.
Outre son emplacement stratégique, le Groenland possède de vastes réserves minières et pétrolières inexploitées, mais leur accès promet d'être compliqué. Les États-Unis ont une base active dans le nord-ouest de l'île, à Pituffik et le Groenland est la trajectoire la plus courte pour un tir de missiles vers la Russie. Les États-Unis sont aussi le premier marché d'exportation du petit pays scandinave.
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Par ailleurs, en 2021, un accord sur l'Arctique avait déjà été signé par le Danemark, mais la presse danoise a révélé que plusieurs volets de cet accord ne s'étaient pas concrétisés. Un montant de 1,5 milliard de couronnes danoises avait été promis notamment pour des drones à longue portée et à des stations radar.
Le ministre a reconnu que « les gouvernements successifs n'ont pas fait assez » pour la défense de l'Arctique. Il a indiqué qu'un nouvel accord serait conclu pour « la dissuasion et la défense » dans la région plus tard en 2025.
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En attendant, la Première ministre danoise Mette Frederiksen se rend ce mardi à Berlin, Paris et Bruxelles pour renforcer « l'unité européenne » face à la convoitise de Donald Trump. Elle s'entretiendra avec le chancelier allemand Olaf Scholz, le président français Emmanuel Macron et le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte. « Le Danemark est un petit pays avec des alliances fortes. Et qui fait partie d'une communauté européenne forte où nous pouvons relever ensemble les défis auxquels nous sommes confrontés », a-t-elle confié.
(Avec AFP)
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