Le FMI améliore ses prévisions pour 2018

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S'agissant des Etats-Unis, le FMI estime que la baisse de l'imposition sur les entreprises devraient tirer les investissements, ce qui pourrait se traduire par 1,2 point de pourcentage de croissance supplémentaire jusqu'à fin 2020 tout en stimulant la croissance de ses partenaires commerciaux à l'instar du Mexique.
S'agissant des Etats-Unis, le FMI estime que la baisse de l'imposition sur les entreprises devraient tirer les investissements, ce qui pourrait se traduire par 1,2 point de pourcentage de croissance supplémentaire jusqu'à fin 2020 tout en stimulant la croissance de ses partenaires commerciaux à l'instar du Mexique. (Crédits : Reuters/Yuri Gripas)
Le Fonds monétaire international (FMI) s'est une nouvelle fois montré optimiste sur la croissance économique mondiale, intégrant cette fois l'impact positif à court terme de la réforme fiscale américaine et le rythme de croissance plus soutenu des économies avancées.

L'embellie se consolide. Selon les dernières prévisions du Fonds monétaire internationale, la croissance mondiale a progressé de 3,7% en 2017, soit  0,1% de plus que prévu à l'automne dernier. Pour 2018 et 2019, les projections ont également été révisées à la hausse de 0,2 point par rapport aux dernières estimations de 2017. Le PIB devrait progresser à 3,9 % dans les deux années à venir. Pour Maurice Obstfeld, chef économiste du FMI l'accélération en cours est une bonne nouvelle :

"mais les responsables et les dirigeants politiques doivent être conscients que la dynamique actuelle résulte de la conjugaison de plusieurs facteurs qui ne devraient pas se prolonger éternellement".

Il voit "plusieurs raisons (...) pour douter du caractère durable" de la phase actuelle, parmi lesquelles :

  • une fois qu'ils auront comblé leur écart de production, les pays développés, en pointe dans l'accélération actuelle, devraient afficher des taux de croissance bien inférieurs aux années d'avant crise. Globalement, le FMI l'estime pour le moment à peine aux deux-tiers de sa prévision de 2,3% pour ces pays en 2018.
  • les deux grandes économies qui tirent la croissance actuelle et à court terme, la Chine et les États-Unis, sont condamnées à ralentir : avec le rééquilibrage de sa croissance pour la première, et parce l'impact des baisses d'impôts sur une économie si proche du plein emploi générera une moindre croissance à terme pour la seconde.

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Une croissance généralisée

La reprise a continué de s'affermir en 2017 notamment grâce à une croissance relativement généralisée. Selon les économistes de l'institution internationale, environ 120 pays qui représentent trois quarts du PIB mondial ont enregistré une accélération de  leur croissance sur un an. "Il s'agit de l'accélération synchronisée de la croissance mondiale la plus large depuis 2010". Les révisions à la hausse ont été particulièrement prononcées en Europe et en Asie.

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Cette dynamique devrait se prolonger en 2018 et 2019 grâce notamment aux révisions à la hausse pour les pays avancés. Il est notamment prévu que la croissance dépassera 2% en 2018 et 2019 dans ces Etats. Les conditions financières mondiales et le climat des affaires favorables devraient contribuer à maintenir  "l'accélération récente de la demande, en particulier de l'investissement, avec un impact notable sur la croissance dans les pays où les exportations sont élevées."

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Une croissance plus vigoureuse que prévu aux Etats-Unis

La prévision de croissance pour les États-Unis vient d'être révisée à la hausse. Les experts de l'organisation basée à Washington justifient cette révision par une activité plus vigoureuse que prévu en 2017, une demande extérieure supérieure aux prévisions et un impact macroéconomique de la réforme fiscale américaine (en particulier l'abaissement des taux de l'impôt sur les bénéfices des sociétés) . Cette réforme devrait stimuler l'activité à court terme selon le FMI. "La prévision de croissance a été rehaussée de 2,3 à 2,7% pour 2018 et de 1,9 à 2,5% pour 2019". Mais au vu de la limitation dans le temps de certaines mesures et de la nécessité de s'attaquer au déficit budgétaire créé par cette réforme, une bonne partie des gains seront neutralisés à compter de 2022, prédit le FMI.

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Révisions à la hausse pour la zone euro

En ce qu concerne la zone euro, les économistes se montrent optimistes. Les taux de croissance pour beaucoup de pays de l'union monétaire ont été révisés à la hausse notamment en Allemagne, Italie et aux Pays-Bas. En revanche, les estimations pour l'Espagne en 2018 ont été légèrement révisées à la baisse en raison de l'incertitude politique qui pourrait peser sur la confiance et la demande.

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Du côté de la France, les prévisions ont légèrement été revues à la hausse pour cette année (+0,1 point) et la croissance du PIB devrait s'élever à 1,9% jusqu'à fin 2019.

Des risques existants

Malgré une amélioration des perspectives économiques, l'organisme international tient à souligner que de nombreux facteurs pourraient peser sur la croissance économique mondiale. Il note notamment que l'actuelle dynamique pourrait rester la même s'il n'y a pas de correction des marchés financiers. Ils redoutent ce phénomène par "des signes d'une inflation plus ferme aux États-Unis, où l'impulsion donnée à la demande exercera une pression à la baisse sur un taux de chômage déjà très bas" et un probable durcissement de la politique monétaire américaine plus rapide que prévu. Parmi les facteurs non économiques, le FMI expliquent que les perspectives à moyen terme pourraient être assombries par des tensions géopolitiques en Asie de l'Est et au Moyen-Orient.

Les facteurs climatiques pourraient également peser sur l'activité mondiale. Les événements météorologiques extrêmes qui ont été observées récemment (ouragans dans l'Atlantique, sécheresse en Afrique subsaharienne et en Australie) mettent en évidence les coûts humains et économiques que ces catastrophes peuvent engendrer pour les régions touchées. Ces événements pourraient accentuer les flux migratoires susceptibles de fragiliser les pays d'accueil parfois vulnérables.

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Commentaires
a écrit le 25/01/2018 à 12:20 :
Quelques extraits choisis du communiqué de Mr Obstfeld : "confluence de facteurs qui ne durera probablement pas longtemps"
"si nous n’agissons pas promptement pour lutter contre les obstacles structurels à la croissance.....le prochain ralentissement arrivera plus vite et sera plus difficile à combattre."
"la reprise actuelle, aussi bienvenue soit-elle, ne deviendra probablement pas une « nouvelle norme » et est exposée à des risques à moyen terme"
"Plusieurs raisons, dont nos projections de croissance à moyen terme rendent compte dans une certaine mesure, nous amènent à douter de la durabilité de la dynamique actuelle"
"La prochaine récession est peut-être plus proche que nous ne le pensons, et les munitions avec lesquelles nous la combattrons sont peut-être plus limitées qu’il y a dix ans, notamment parce que les dettes publiques sont bien plus élevées"
Si avec tout ça vous arrivez encore à écrire que le FMI améliore ses prévisions et se montre optimiste.....
a écrit le 23/01/2018 à 15:40 :
Il améliore ses prévisions ou ses prévisions prévoient une amélioration ?
a écrit le 23/01/2018 à 11:10 :
Le FMI, dont la directrice Christine Lagarde a été reconnue coupable de détournement de fond public, qui a remplacé DSK, lui aussi compromis au sein d'un dossier judiciaire lié au viol et au harcèlement, nous dit, à l'heure où les médias se réveillent et commencent à nous montrer les dégâts de l'économie néolibérale qui génère des inégalités croissantes, que tout va bien donc.

IL est vrai que pour ceux qui ont tout et peuvent tout se permettre sans être inquiétés réellement, tout va bien.
Réponse de le 23/01/2018 à 14:04 :
Christine Lagarde porte certainement un chapeau trop grand pour elle dans une affaire qui ne sent pas bon et qui n'a que trop duré. Pour revenir aux prévisions du FMI, j'espère que notre beau pays n'a pas raté le train, ce train que nous avons l'habitude de prendre en marche, c'est-à-dire trop tard.
Réponse de le 25/01/2018 à 9:32 :
" dans une affaire qui ne sent pas bon et qui n'a que trop duré."

Et dans laquelle elle a été reconnue coupable mais pas condamnable. La garde du roi meure mais ne se rend jamais. Ben en fait elle ne meure jamais non plus.

Oligarchie quand tu nous tiens...
a écrit le 23/01/2018 à 11:06 :
Le FMI, dont la directrice Christine Lagarde a été reconnue coupable de détournement de fond public, qui a remplacé DSK, lui aussi compromis au sein d'un dossier judiciaire lié au viol et au harcèlement, nous dit, à l'heure où les médias se réveillent et commencent à nous montrer les dégâts de l'économie néolibérale qui génère des inégalités croissantes, que tout va bien donc.

IL est vrai que pour ceux qui ont tout et peuvent tout se permettre sans être inquiétés réellement, tout va bien.

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