Le G20 Finances qualifie de "risque" l'escalade des tensions entre Chine et Etats-Unis

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Le G20 Finances, mené notamment par la directrice générale du FMI Christine Lagarde, a avertit sur les risques des tensions commerciales sino-américaines.
Le G20 Finances, mené notamment par la directrice générale du FMI Christine Lagarde, a avertit sur les risques des tensions commerciales sino-américaines. (Crédits : Henry Romero)
Dans un climat assombri par la guerre commerciale sino-américaine, le G20 Finances a mis en avant dimanche les "risques" liés à l'aggravation des tensions commerciales, malgré les réticences initiales des Etats-Unis.

Le G20 a qualifié de risques la guerre sur les tarifs douaniers entre la Chine et les les Etats-Unis. C'est une petite ligne dans le communiqué final mais qui a suscité de longues et "compliquées" délibérations, d'après des participants. "Le contexte était tendu, les négociations ont pris une trentaine d'heures", confie une source proche des discussions.

"La croissance mondiale semble se stabiliser (...) mais elle reste faible et les risques d'une détérioration demeurent. Surtout, les tensions commerciales et géopolitiques se sont intensifiées", soulignent les ministres des Finances et banquiers centraux du G20, réunis ce week-end au Japon, dans ce texte consulté par l'AFP avant sa publication officielle.

La voix dissonante est venue des semeurs de trouble, ceux qui ont bouleversé l'ordre multilatéral: les Etats-Unis.

"Oui il y a un ralentissement en Europe, en Chine et ailleurs. Mais je ne pense en aucun cas que le ralentissement observé dans plusieurs régions du monde soit la conséquence des tensions commerciales", avait lancé samedi devant la presse le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin.

Il avait par ailleurs réitéré la menace d'infliger à la Chine des droits de douane supplémentaires, si le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping ne parvenaient pas à trouver un terrain d'entente lors du G20 prévu fin juin à Osaka. Autour de la table, ses partenaires ont tenu un discours alarmiste. "De nombreux pays ont exprimé leurs inquiétudes quant aux très importants risques que posent une escalade de la guerre commerciale pour la croissance mondiale", avait ainsi commenté un haut responsable japonais à l'issue des premières sessions de travail.

Vers une réduction de 0,5% du PIB mondial en 2020, d'après le FMI

Parmi eux, la France s'est montrée particulièrement inquiète.

"Le risque de voir ce ralentissement économique mondial se transformer en crise économique mondiale en raison de tensions commerciales, ce risque est réel et chacun doit le peser", a déclaré à l'AFP le ministre des Finances Bruno Le Maire, en marge de la réunion de Fukuoka.

"Une guerre commerciale aura sur notre économie, notre vie quotidienne, nos emplois un impact direct négatif que nous voulons absolument éviter", a-t-il insisté, qualifiant le G20 de "bon forum pour discuter de ces sujets".

Même tonalité du côté de Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI). "La principale menace provient des tensions commerciales persistantes", a-t-elle déclaré dimanche, en référence à la guerre commerciale sino-américaine. "Nous nous sommes rencontrés à un moment où l'économie mondiale montre des signes timides de stabilisation", a souligné Christine Lagarde dans un communiqué publié à l'issue du G20 Finances. Mais "la route devant nous demeure précaire", a-t-elle insisté.

Selon les estimations du FMI, les tarifs punitifs imposés par Washington et Pékin, y compris ceux en vigueur depuis l'année dernière, pourraient réduire le PIB mondial de 0,5% en 2020. Avant la rencontre du G20, Mme Lagarde avait fait de ce dossier "la priorité absolue", exhortant les pays membres à maintenir une politique monétaire accommodante pour soutenir l'activité. Réserve fédérale américaine (Fed), Banque centrale européenne (BCE), Banque du Japon (BoJ): les grandes banques centrales sont toutes sur le qui-vive, prêtes à agir si nécessaire, même si leurs marges sont limitées tant elles ont déployé des moyens en masse depuis la crise financière d'il y a 10 ans. Le gouverneur de la BoJ, Haruhiko Kuroda, a répété sa vigilance face aux "incertitudes".

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Commentaires
a écrit le 10/06/2019 à 8:30 :
Où en est la régulation des finances en particulier de la spéculation qui serait un sport de masse pour ce secteur selon les propos de Paul Jorion. En outre, la lecture de Maurice Allais notre seul prix Nobel d'économie (lettre aux Français et …) me conforte dans l'idée que le fondement de la crise réside dans l'organisation du commerce mondial..Faut-il aller jusqu'à la catastrophe pour prendre des mesures de régulation "raisonné et raisonnable".
a écrit le 09/06/2019 à 14:55 :
Les dirigeants chinois n'ont pas compris en quoi réside la force de l'idée de démocratie et c'est bien dommage : la démocratie consiste à créer un espace de délibération au centre de la sphère publique, un espace désincarné, personne n'en étant le représentant absolu.Les mots et les idées s'affrontent violemment ,pas les hommes. Les élections placent au centre une ou des personnes, certes, mais avec des pouvoirs très limités et fractionnés (judiciaire, exécutif, legislatif) ce qui fait que les erreurs sont assez rapidement corrigées. La Chine en réinstaurant un pouvoir quasi absolu croit pouvoir être efficace, mais c'est une illusion: cela a conduit à la construction de millions de logements aux mauvais endroits (villes fantômes par dizaines) Sans feed back démocratique une société va dans une direction en aveugle et crée des tensions internes (crises) et externes (conflits avec les voisins) L'Empire du milieu ne peut plus vivre isolé du reste du monde et l'idée de "dominer le monde" est une illusion aussi qui n'apporterait que le chaos. Les Etats-Unis quittent la place dominante, mais personne ne contrôlera l'ensemble des téléphones de la planète, cette époque est révolue et n'apporterait rien, le réseau lui même est morcelé. Nous nous dirigeons vers une crise pire que celle de 1929 qui débouchera je l'espère vers plus de démocratie et non pas vers des conflits ...La politique est mieux gérée dans un espace publique ,pas par une personne, qui comprendra cela?

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