La Région Bretagne a présenté une étude stratégique sur le report modal vers le ferroviaire à horizon 2050 donnant lieu à plusieurs orientations. Baptisée « Faire fer », cette feuille de route prospective vise à multiplier par six le trafic de fret ferroviaire pour atteindre 9 millions de tonnes de marchandises transportées.Elle est éloignée des grands axes de transport, notamment ferroviaires, mais dotée d'un réseau routier de qualité et gratuit : en Bretagne, où l'éparpillement de l'activité économique participe aussi de l'absence de massification du transport de marchandises, la route a fortement concurrencé le fer.
Avec 1,2 million de tonnes transportées par an, soit une part modale de 1,4% (9% en moyenne nationale) pour 2.000 circulations en moyenne par an, le trafic ferroviaire de marchandises reste très modeste face au transport routier et peu diversifié. Sur 1.200 kilomètres de lignes exploitées, seuls soixante-dix-sept kilomètres de voies sont dédiées au fret. Ces flux concernent à 82% l'acheminement de la Région Centre-Val de Loire de céréales pour l'alimentation animale.
D'ici à 2050, la donne pourrait évoluer. Pour répondre à l'enjeu de décarbonation et de planification écologique, la Région Bretagne s'attaque de manière plus volontariste au dossier du fret ferroviaire, a-t-elle annoncé le 29 avril. Objectif : multiplier le trafic par six et atteindre 6% de report modal dès 2040.
64 millions d'euros d'investissements ciblés
Afin de s'inscrire dans la stratégie nationale qui espère doubler la part du fret ferroviaire à 18%, en 2030, et à 25% en 2050, la collectivité bretonne envisage un plan d'investissement de 64 millions d'euros sur les trois prochaines années, financé dans le cadre du volet « mobilités » du Contrat de Plan État-Région 2023-2027.