Le Royaume-Uni va construire de nouvelles villes
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A Londres, près de 12.000 personnes ont dormi dans la rue entre mars 2023 et mars 2024. (Photo d'illustration)
TOM NICHOLSON
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A Londres, près de 12.000 personnes ont dormi dans la rue entre mars 2023 et mars 2024. (Photo d'illustration)
TOM NICHOLSON
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a dévoilé ce jeudi un vaste programme de construction de « nouvelles villes » pour répondre à la crise du logement qui frappe le Royaume-Uni. Inspiré du programme lancé par le gouvernement travailliste à la fin des années 1940, ce plan vise à construire 1,5 million de logements d'ici 2030 et constitue la plus grande initiative en matière d'urbanisme depuis la Seconde Guerre mondiale.
Le plan ambitieux du gouvernement britannique intervient dans un contexte de crise aiguë du logement au Royaume-Uni, particulièrement à Londres, où la flambée des prix immobiliers et la pénurie de logements abordables ont rendu l'accession à la propriété hors de portée pour de nombreux Britanniques. Les loyers ont atteint des niveaux records, forçant un nombre croissant de jeunes actifs et de familles à opter pour la colocation ou des logements précaires. La capitale britannique connaît également une explosion du nombre de sans-abri : près de 12.000 personnes ont dormi dans la rue entre mars 2023 et mars 2024, un chiffre en hausse de 19 % en un an et le plus élevé jamais enregistré.
Le programme annoncé par Keir Starmer prévoit la construction de nouvelles villes et de quartiers modernes, avec des infrastructures adaptées : écoles, cabinets médicaux et transports publics.
Plus de 100 sites à travers l'Angleterre ont été identifiés pour accueillir ces nouvelles agglomérations, chacune devant compter au moins 10 000 logements. Le gouvernement entend également assouplir certaines réglementations en matière d'aménagement du territoire, notamment en permettant la construction dans des zones actuellement protégées. Cette mesure, bien que controversée, est jugée nécessaire pour atteindre les objectifs fixés.
La vice-Première ministre Angela Rayner, en charge du logement, a défendu un plan « radical » visant non seulement à construire des logements, mais aussi à « stimuler la croissance économique, créer des emplois et redynamiser les villes ». En parallèle, des mesures spécifiques seront mises en place pour accélérer le développement du logement social et abordable, afin de réduire la précarité et le nombre de sans-abri, qui a atteint un niveau record en 2024.
Ce plan rappelle une initiative similaire menée en France dans les années 1960-1970 sous l'impulsion du gouvernement de l'époque. Face à une croissance démographique rapide et une urbanisation anarchique, l'État français avait lancé un programme ambitieux de « villes nouvelles » visant à décongestionner Paris et d'autres grandes métropoles. Des pôles urbains comme Cergy-Pontoise, Marne-la-Vallée ou Évry avaient ainsi été créés, intégrant logements, infrastructures et emplois dans une logique de développement équilibré.
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Bien que ces villes nouvelles aient contribué à absorber la croissance urbaine, leur succès a été contrasté : certaines sont devenues des pôles dynamiques tandis que d'autres ont souffert d'un manque d'attractivité ou de problèmes sociaux. L'expérience française souligne ainsi l'importance pour le projet britannique d'une planification rigoureuse et d'un accompagnement économique pour assurer la viabilité de ces nouvelles zones urbaines.
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Selon les nombreux spécialistes et commentateurs, le succès du programme britannique dépendra de la capacité du gouvernement à surmonter les blocages administratifs, l'adhésion des collectivités locales et le soutien des investisseurs privés. Alors que plusieurs pays européens font face à des défis similaires, l'approche britannique sera scrutée de près.
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