Petrobras s'enfonce dans le rouge pour la deuxième année consécutive

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Petrobras a estimé l'an dernier à deux milliards de dollars les détournements effectués pendant une décennie en son sein.
Petrobras a estimé l'an dernier à deux milliards de dollars les détournements effectués pendant une décennie en son sein. (Crédits : © Ueslei Marcelino / Reuters)
Le géant pétrolier d'Etat enregistre une perte record de 9,6 milliards de dollars en 2015, en pleine tourmente politico-judiciaire au Brésil.

Le géant pétrolier d'Etat Petrobras, au cœur du plus vaste scandale de corruption de l'histoire du Brésil, a dévoilé lundi des pertes records de 34,8 milliards de réais (9,6 milliards de dollars) pour l'année 2015, affecté notamment par la chute des cours du brut.

L'année a été "extrêmement difficile pour l'industrie du pétrole en général", a expliqué lors d'une conférence de presse le président de l'entreprise, Aldemir Bendine.

Le groupe a creusé ses pertes par rapport à celles de 2014, qui s'étaient élevées à 21 milliards de réais (7,2 milliards de dollars), dont un tiers environ lié à la corruption selon son propre aveu.

C'est la deuxième année seulement, dans son histoire, que l'entreprise publique, qui croule sous une dette nette de 100,4 milliards de dollars (5% de moins qu'en 2014), annonce des résultats dans le rouge.

Coûteuse corruption

Petrobras a estimé l'an dernier à deux milliards de dollars les détournements effectués pendant une décennie en son sein, lors de la passation truquée de marchés aux plus grandes entreprises de construction du pays.

Ses pertes ont été particulièrement fortes au quatrième trimestre, à 36,9 milliards de réais (10,2 mds USD), presque dix fois plus qu'il y a un an.

Dans un communiqué, Petrobras explique également avoir souffert notamment de dépréciations d'actifs, liées à la chute des cours du pétrole, et de la perte de valeur du réal. Sur l'ensemble de l'année, il a réduit ses investissements de 12%, à 76,3 milliards de réais (21,1 mds USD).

Compte tenu de la difficile conjoncture, "il n'y aura pas de distribution de dividendes ni paiement de participation aux résultats aux fonctionnaires" de Petrobras, a prévenu Aldemir Bendine.

Crise politique

Pendant au moins dix ans, Petrobras était au coeur d'un gigantesque réseau de pots-de-vin qui ont en partie été reversés à la coalition au pouvoir dirigée par le Parti des travailleurs (PT, gauche).

L'éclatement du scandale en 2014 et ses incessants rebondissements en pleine récession économique ont envenimé une crise politique qui a considérablement affaibli la présidente Dilma Rousseff.

Si cette dernière n'est pas visée directement par la justice dans ce dossier, sa popularité a pâti du scandale, chutant à 10%, tandis que son prédécesseur et mentor, Luiz Inacio Lula da Silva, est lui soupçonné de corruption et blanchiment d'argent dans cette affaire.

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