ANALYSE. La crainte d’un ralentissement de l’activité économique sur au moins deux trimestres consécutifs a effrayé les investisseurs en ce début de mois d’août. L’augmentation du chiffre du chômage a, en effet, remis sur le devant de la scène la règle de Sahm qui établit un lien entre le chômage et la récession. Pour autant, nombre d’économistes contestent cette théorie.Et si les Etats-Unis rentraient finalement en récession au moment où nous l'attendons le moins? Alors que l'inflation a presque atteint son objectif de 2% Outre-Atlantique et que le soleil semble plus que jamais briller sur l'économie américaine qui a affiché une croissance de 2,8% au deuxième trimestre, le chiffre du taux de chômage de juillet a coupé le souffle des investisseurs. Celui-ci s'est, en effet, affiché à 4,3% contre 4,1% anticipé quand le nombre de créations d'emplois a, lui aussi, baissé avec seulement 114.000 nouveaux postes contre 179.000 en juin.
Deux simples chiffres, publiés début août, qui ont plombé les cours des indices américains, S&P 500 et Nasdaq, de 3% sur la seule journée du 2 août. Une débâcle boursière qui a même traversé les océans puisque l'indice parisien CAC 40 a également dévissé de 3,26% entre jeudi 1er et mardi 6 août, quand le Nikkei japonais a connu un krach de 12% lundi 5 août. Si les cours mondiaux se sont stabilisés depuis, les craintes de l'entrée en récession des Etats-Unis demeurent à cause d'une théorie : la règle de Sahm.
L'économiste américaine et ancienne membre de la Réserve fédérale américaine explique, en effet, que « lorsque la moyenne mobile sur trois mois du taux de chômage national est de 0,5 point de pourcentage, ou plus, au-dessus de son niveau le plus bas des douze mois précédents, nous sommes dans les premiers mois de la récession. »
Or, cet indicateur affichait justement 0,53 point de pourcentage en juillet 2024 de plus que son niveau le plus bas de ces douze derniers mois.
Craintes sur l'activité des entreprises
Une crainte forte pour les marchés puisqu'une baisse de l'activité économique « pèserait théoriquement sur le chiffre d'affaires et la production de bénéfice des entreprises ce qui pourrait engendrer une correction boursière et une augmentation du chômage », explique à La Tribune le responsable de la recherche économique de JP Morgan Vincent Juvyns.