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Malgré le succès de son alunissage, le module spatial japonais SLIM pourrait manquer d'électricité

latribune.fr

Publié le 20 janvier 2024 à 10:27 - Mis à jour le 20 janvier 2024 à 10:27

Une représentation miniature du module japonais SLIM (Smart Lander for Investigating Moon) qui a aluni ce samedi.

Une représentation miniature du module japonais SLIM (Smart Lander for Investigating Moon) qui a aluni ce samedi.

Reuters

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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Samedi à 00H20 (16H20 heure de Paris), le module SLIM, lancé par le Japon, est parvenu à se poser sur la lune. Mais l'engin spatial non habité voit ses panneaux solaires lui faire défaut et ne pourrait disposer d'énergie que pendant plusieurs heures. Cet événement demeure néanmoins un succès pour la Japon alors qu'atteindre l'astre rocheux constitue toujours un immense défi technologique.

Alors qu'il a fait du Japon le cinquième pays à avoir réussi à se poser sur la Lune -jusqu'à présent, seuls les Etats-Unis, l'Union soviétique, la Chine et plus récemment l'Inde avaient réussi à s'y poser - « Moon Sniper » pourrait manquer d'énergie. Le module SLIM (Smart Lander for Investigating Moon), qui a aluni à 00H20 samedi (16H20 heure de Paris) après une descente haletante de 20 minutes, fait face à un problème de panneaux solaires, a annoncé l'agence spatiale nippone Jaxa. Car ils ne fonctionnent pas. En conséquence, l'engin non habité de petite taille (2,4 m de long pour 1,7 m de large et 2,7 m de haut) qui orbitait autour de l'astre rocheux depuis fin décembre, ne disposera d'électricité que pendant « plusieurs heures », a averti Hitoshi Kuninaka, l'un des responsables de la Jaxa.

Pour autant, rien n'est perdu, veut-il croire. En effet, il est possible que les panneaux fonctionnent à nouveau quand l'angle du soleil aura changé, a-t-il précisé, tandis que l'équipe s'efforçait de maximiser les résultats scientifiques de la mission en transmettant les données obtenues vers la Terre. « Il est peu probable que les panneaux solaires soient tombés en panne. Il est possible qu'ils ne soient pas orientés dans la direction initialement prévue », a-t-il ainsi fait savoir lors d'une conférence de presse. Et d'ajouter que, « si la descente n'avait pas réussi, la sonde se serait écrasée à une vitesse très élevée. Si tel était le cas, toutes ses fonctionnalités seraient perdues ». « Mais des données sont envoyées sur Terre », a-t-il encore précisé.

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Le Premier ministre Fumio Kishida s'est, lui, félicité de cet alunissage, « une nouvelle très bienvenue », tout en se disant conscient que des « analyses détaillées » sur l'état des panneaux solaires étaient nécessaires.

Toutefois, selon l'astronome au Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics, Jonathan McDowell, plusieurs problèmes pourraient potentiellement être à l'origine de ce souci. « Un câble détaché, un câble connecté dans le mauvais sens, ou l'alunisseur peut être à l'envers et dans l'incapacité de voir le soleil pour une raison quelconque », a-t-il suggéré, interrogé par l'AFP.

Il a néanmoins, lui aussi, estimé « que la mission est un grand succès ». De même, le patron de la Nasa, l'agence spatiale américaine, Bill Nelson, a envoyé ses « félicitations (au Japon) devenu le cinquième pays dans l'histoire à atterrir avec succès sur la Lune ».

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La précision de l'alunissage encore à confirmer

Si l'alunissage est donc une réussite, la précision de ce dernier doit encore être confirmée. La Jaxa espère, en effet, pouvoir analyser les données acquises lors de cet événement, pour déterminer si l'engin a atteint son objectif de se poser à moins de 100 mètres de sa cible, rayon considéré comme un haut degré de précision. D'où son surnom de « Moon Sniper ». Sa précision constitue « un énorme progrès technologique qui permettra de concevoir des missions visant à répondre à des questions de recherche beaucoup plus spécifiques » a expliqué à l'AFP Emily Brunsden, directrice de l'Astrocampus de l'université de York. Mais réussir cet exploit est « exceptionnellement difficile sur le plan technologique », a-t-elle ajouté, précisant qu'« il n'y a généralement qu'une seule chance, de sorte que la moindre erreur peut entraîner l'échec d'une mission ».

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Pour l'heure, SLIM a aluni dans un petit cratère de moins de 300 mètres de diamètre, appelé Shioli, d'où il devait mener au sol des analyses de roches censées provenir du manteau lunaire, la structure interne du satellite naturel de la Terre, qui est encore très mal connue. Les deux mini-rovers que le module emportait ont été largués normalement, a dit la Jaxa, dont une sonde sphérique baptisée SORA-Q, à peine plus grande qu'une balle de tennis, et capable de modifier sa forme pour se déplacer sur le sol lunaire. Elle a été développée par la Jaxa, en partenariat avec le géant japonais du jouet Takara Tomy.

La lune, un défi technologique encore immense

Pour rappel, les deux premières tentatives d'alunissage du Japon avaient mal tourné. En 2022, la sonde Omotenashi, embarquée à bord de la mission américaine Artémis 1, avait, en effet, connu une défaillance fatale de ses batteries peu après son éjection dans l'espace. Et en avril 2023, un alunisseur de la jeune entreprise privée japonaise ispace s'était écrasé à la surface de la Lune, ayant raté l'étape de la descente en douceur.

Et pour cause, atteindre la Lune demeure un immense défi technologique, même pour les grandes puissances spatiales. Le 10 janvier dernier, la Nasa a d'ailleurs reporté de près d'un an les deux prochaines missions de son grand programme de retour sur la Lune, Artemis, à septembre 2025 et septembre 2026. Le programme Artémis a été inauguré en 2022 avec la mission Artémis 1, qui a fait voler avec succès le vaisseau Orion autour de la Lune, afin de le tester sans équipage. Artémis 2 était jusqu'alors prévue fin 2024, et Artémis 3 fin 2025. Mais « la sécurité est notre première priorité », a justifié le patron de l'agence spatiale américaine, Bill Nelson, indiquant que l'agence spatiale et les entreprises privées partenaires avaient besoin de davantage de temps.

Echec de l'entreprise Astrobotic

Par ailleurs, jeudi dernier, l'entreprise privée américaine, Astrobotic, sous contrat avec la Nasa a, elle annoncé que son alunisseur Peregrine avait été volontairement détruit, probablement désintégré en rentrant dans l'atmosphère terrestre avant d'atteindre son objectif. Une fuite de carburant avait, en effet, été rapidement identifiée sur l'alunisseur après son décollage en début de semaine dernière, ne permettant plus à l'appareil de tenter un alunissage. Un moment « difficile », a reconnu John Thornton, le patron d'Astrobotic, expliquant que le problème était probablement lié à une valve défaillante et qu'une enquête approfondie serait menée.

Mais « après cette anomalie, nous avons connu victoire sur victoire, en montrant que le vaisseau fonctionnait dans l'espace » malgré la fuite, et en permettant aux expériences scientifiques à bord, notamment celles de la Nasa, de récupérer des données. « Je suis plus confiant que jamais que notre prochaine mission sera un succès et se posera sur la surface de la Lune », a déclaré en conférence de presse John Thornton, soulignant tous les défis que ses équipes avaient « surmontés ».

(Avec AFP)

latribune.fr

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