Manafort condamné, Cohen plaidant coupable... Trump ébranlé

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Paul Manafort, ex-directeur de campagne de Donald Trump, a été jugé coupable le 21 août de fraudes fiscale et bancaire pour huit des 18 chefs d'inculpation qui le visaient.
Paul Manafort, ex-directeur de campagne de Donald Trump, a été jugé coupable le 21 août de fraudes fiscale et bancaire pour huit des 18 chefs d'inculpation qui le visaient. (Crédits : Reuters)
Paul Manafort, l'ex-directeur de campagne de Donald Trump, vient d'être jugé coupable de fraude fiscale et bancaire, tandis que son ex-avocat, Michael Cohen, hier soir aussi, plaidait coupable devant un tribunal fédéral de New York pour des motifs identiques, à ceci près que s'y ajoute des versements à deux femmes qui auraient eu des relations sexuelles avec le président, pour acheter leur silence. Mais la base électorale du président américain semble toujours aussi solide.

Un nouveau scandale éclabousse doublement le 45e président des États-Unis. À quelques minutes d'intervalle le 21 août, le président Trump a vu son discours sur la "chasse aux sorcières" dont il ferait l'objet sérieusement écorné par la condamnation de son ancien directeur de campagne, Paul Manafort, pour fraudes fiscale et bancaire, et la décision de son ex-avocat, Michael Cohen, de plaider coupable pour plusieurs délits, notamment pour fraude fiscale, escroquerie bancaire et violation des lois sur le financement des campagnes électorales.

Deux affaires encombrantes

Sur la base de 388 pièces à conviction et les témoignages de 27 personnes, les enquêteurs ont dépeint Paul Manafort comme un fraudeur fiscal qui s'est servi de comptes offshore pour dissimuler une partie importante des 60 millions de dollars qu'il a gagnés en travaillant pour des politiciens pro-russes en Ukraine. L'enquête démontre aussi qu'il a menti aux banques pour obtenir des prêts lorsqu'il avait moins de travail en 2014 et qu'il avait besoin d'argent.

L'issue de l'audience représente au final une victoire, bien qu'incomplète - le jury n'ayant pas pu se mettre d'accord sur 10 des 18 chefs d'inculpation -, pour le procureur spécial Robert Mueller, chargé d'enquêter sur une éventuelle collusion entre l'équipe de campagne de Donald Trump en 2016 et Moscou.

Le juge T.S. Ellis a donné à l'accusation jusqu'au 29 août pour décider s'ils voulaient juger à nouveau Paul Manafort pour les chefs d'inculpation sur lesquels les jurés ne sont pas parvenus à s'accorder.

Des paiements pour "faire taire deux femmes"

Quant à Michael Cohen, qui comparaissait devant un tribunal fédéral de Manhattan, il a aussi déclaré sous serment qu'il avait acheté le silence de deux femmes qui disaient avoir eu une liaison avec le milliardaire, à la demande de ce dernier et "avec l'intention d'influencer l'élection" présidentielle de 2016.

L'un, d'un montant de 130.000 dollars, était destiné à l'actrice et réalisatrice de films pornographiques Stormy Daniels. Ce n'est pas une surprise : en février, Michael Cohen avait lui-même reconnu avoir versé cette somme, sans pour autant en dire plus sur la raison de la transaction qu'il juge "légale". L'autre, de 150.000 dollars, a été fait à l'ancienne mannequin de Playboy, Karen McDougal. Fin juillet, une conversation enregistrée en 2016 par Cohen et dans laquelle lui et Donald Trump parlent d'acheter le silence de Karen McDougal avait étonnamment fuité dans la presse.

Sa déclaration contredit donc la ligne de défense de Donald Trump selon laquelle les paiements ont été effectués pour épargner une situation embarrassante à sa famille et non pour influencer l'élection. Michael Cohen, ayant plaidé coupable, pourrait se voir condamner à cinq ans et trois mois de prison au maximum. Le magistrat rendra sa décision le 12 décembre prochain et a fixé à 500.000 dollars le prix de la caution pour une remise en liberté.

Lire aussi : Michael Cohen, l'ex-avocat de Trump, suspecté de fraude à hauteur de 20 millions de dollars

La base électorale de Trump toujours aussi solide

Les enquêtes d'opinion Ispos/Reuters montrent que la cote de popularité de Trump se maintient autour de 40% depuis son arrivée à la Maison blanche, quels que soient les événements extérieurs. Nombre de commentateurs disent donc douter que les dernières affaires judiciaires changent la donne.

"Je ne crois pas que cela va avoir le moindre effet", dit Larry Sabato, directeur du Center for Politics de l'université de Virginie. "C'est ce qui est incroyable. La base électorale de Trump et pour ainsi dire tout le parti républicain s'en moquent complètement. Les sondages me donneront raison."

(avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 28/08/2018 à 11:08 :
Votre haine anti trump vous aveugle, et c'est franchement inquiétant quand à votre niveau intellectuel hein... -_-

C'est aps de l'information du coup c'est de la pure propagande.
a écrit le 22/08/2018 à 18:42 :
Bon, franchement dire , personne ne pouvez prendre Mr Trump pour un saint , ils est aussi ignobles que prévu.... Mais bon, il n'en est pas moins présidents d'une des plus belle democratie du monde libre...
Se qui prouvent que les peuplents sont forts mecomptant des politique conduites pas certain... La raison de l'élection de Mr trumps sont Economique , migration , et idéologique .... Mais bon ils ne faut pas le dire , s'est politiquement incorrecte ....
a écrit le 22/08/2018 à 18:21 :
quel désastre, ce pays.
a écrit le 22/08/2018 à 17:49 :
les sondages peuvent se tromper, ils donnaient Trump perdant à tous les coups.

Ce qui est ennuyeux pour Trump c'est que les deux personnes en question en savent beaucoup sur lui et en sont au stade où ils vont se retrouver devant un choix important.

Soit ils parlent et éviteront peut être la prison, soit ils se taisent et risquent 20 ans dans un pénitencier bien sordide.
On va voir ce que vaut leur "amitié"...

En attendant, ce qu'ils ont déjà révélé emmènera Trump devant un tribunal en 2020.

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