Marché du travail : l'OCDE pointe un manque d'intégration des réfugiés

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(Crédits : Reuters/Eric Gaillard)
L'organisation internationale souligne que le taux de chômage et le taux d'emploi des réfugiés, dans la plupart des pays développés, affichent des résultats bien moins favorables que ceux des autres catégories de population.

Les conditions d'intégration des nouveaux immigrés sont loin d'être favorables. Selon un rapport de l'OCDE publié ce vendredi 11 janvier, et intitulé "Améliorer la résilience du système d'intégration pour les réfugiés et les migrants vulnérables," les pays développés ont accueilli plus de six millions de réfugiés durant les cinq dernières années. "L'intégration des réfugiés et des personnes vulnérables est un objectif crucial. En améliorant l'employabilité des réfugiés, les pays peuvent les aider à révéler leur potentiel économique et générer un impact économique positif".

Confrontés à des arrivées importantes de réfugiés fuyant parfois des pays en guerre, les pays européens se sont clairement divisés durant ces dernières années sur la question migratoire. Les experts regrettent notamment que ces divisions freinent les procédures administratives des demandes de protection et au final leur intégration dans la vie professionnelle. "En retardant leur accès au marché du travail, quelques pays empêchent les réfugiés de démarrer leur processus d'intégration. En accélérant la reconnaissance du statut de réfugié et leur accès au marché du travail, notamment pour les demandeurs d'asile à qui l'on peut octroyer une protection, cela pourrait accélérer leur intégration."

Par ailleurs, le rapport souligne que depuis le pic de 2016, les nouvelles demandes d'asile ont nettement chuté dans les pays développés et les pays de l'Union européenne (UE). "Bien que les flux de demandes de protection dans les pays européens durant les trois années précédentes ont atteint des standards historiques, ils sont restés à des niveaux plus faibles à la fois en termes absolus et relatifs, que ceux recensés dans les pays voisins de la Syrie", ajoutent-ils.

Qualifications des réfugiés : des disparités très marquées

Les résultats de l'organisation font apparaître des contrastes particulièrement visibles en en termes d'éducation et de formation. En effet, les réfugiés sont surreprésentés aux deux extrémités de l'échelle des qualifications pour les personnes âgées de 15 à 64 ans en 2017. Dans quelques pays comme le Canada, Israël, l'Australie, le Royaume-Uni ou la Suisse, la part des personnes nées à l'étranger chez les plus qualifiés est supérieure à celle des natifs. En France, cette part est légèrement inférieure. Au total, sur 35 pays, la proportion de personnes nées à l'étranger est tout de même plus forte chez les plus qualifiés.

Chez les moins qualifiés, la part des immigrés est supérieure en moyenne. Ce constat est particulièrement visible en Italie, en Espagne, en France ou en Allemagne. Dans le même temps, la part des immigrés diplômés de l'enseignement supérieur sur la dernière décennie a accéléré entre 2007 et 2017. Par ailleurs, le document souligne que les "réfugiés sont souvent plus surqualifiés que les autres migrants. Au total, près de 60% des réfugiés employés dans le tertiaire sont surqualifiés pour les postes qu'ils occupent, soit deux plus que les natifs et bien au dessus que les autres catégories de migrants."

Au delà de cette polarisation sur l'échelle des qualifications, les auteurs du rapport recommandent de soutenir des cours de langue pour faciliter l'employabilité de cette population. "Le manque de compétences en langue étrangère est une barrière majeure, l'aide pour les cours de langue- et plus spécifiquement les cours de langue pour le travail, devrait être une des premières mesures d'intégration", expliquent les experts de l'institution basée à Paris. Ils regrettent également que les employeurs ne soient pas suffisamment associés aux politiques d'intégration. "Les employeurs ont un rôle clé à jouer en facilitant l'intégration des réfugiés et des personnes vulnérables mais ils ont largement été exclus des réponses politiques dans certains pays."

Un taux d'emploi souvent inférieur

En dépit d'une hausse de la part des réfugiés diplômés du supérieur, ces derniers affichent des taux d'emploi inférieurs à ceux des personnes nées dans le pays. Dans les pays de l'Union européenne, il atteint 56% en 2016, soit neuf points de moins que pour les personnes nées dans l'UE. Ce phénomène est encore plus marquée chez les femmes. II s'élève à environ à 45% en moyenne. "Les progrès sur le marché du travail des femmes migrantes sont inférieurs à ceux des femmes nées dans le pays", soulignent les auteurs du rapport.

Si le taux d'emploi des Françaises a progressé de trois points entre 2007 et 2017, celui des femmes immigrées sur le territoire tricolore a régressé sur la même période. Pour les femmes qui ont obtenu le statut de réfugié, les résultats sont encore pires sans compter les discriminations régulièrement pointées par le Défenseur des droits.

> Lire aussiEmploi : Jacques Toubon déplore des discriminations persistantes à l'embauche

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Commentaires
a écrit le 12/01/2019 à 13:45 :
Pourquoi la presse n’écrit rien sur le fait que des pays membres ont claqué la porte de l’ONU ?

Ensuite le migrant de 70 n’est plus le même que le migrant de 2015 .

La crise mondiale impacts tous les pays.

L’arrêt des guerres et l’exportation des standards de vie moderne dans ces pays est une «  solution »

L’intégration c’est du cas par cas , le Japon est «  bon » sur ce sujet .

Favoriser et reconstruire vers le pays d’origine est la meilleure solution à l’heure actuelle.

Il faut se réveiller avant qu’il soit trop tard car les paramètres d’accueil de tous c’est du passé , après guerre c’était possible maintenant c’est différent surtout avec l’élargissement de l’UE...

A moins que cette immigration va permettre de reconstruire les pays de l’Est de l’UE , plus rapidement ?

Faut pas se leurrer , les mentalités ont changé.
a écrit le 12/01/2019 à 9:40 :
"Les conditions d'intégration des nouveaux immigrés sont loin d'être favorables" question veulent-ils être "intégrés" ou veulent-ils vivre comme ils le faisaient avant de "se barrer" de chez eux ? Comme d'habitude l'OCDE mélange "réfugiés" et "migrants clandestins" les premiers on un statut parfaitement défini, les autres pas. Les premiers sont sensés retourner chez eux, les autres viennent parce qu'on leur a fait miroiter à dessein qu'ailleurs c'était mieux que chez eux, voir Soros.
a écrit le 12/01/2019 à 9:30 :
encore des bien pensants qui ne parlent pas de ceux qui ne veulent pas s'integrer mais profiter de nos avantages sociaux !!!!!
a écrit le 12/01/2019 à 9:28 :
Que ces braves donneurs de leçon commence à renoncer à leur privilèges de fonctionnaires internationaux pour aider les migrants ce sera un début!
a écrit le 11/01/2019 à 18:21 :
il y aurait sans doute une meilleure intégration s'il y avait une sélection entre réfugiés et migrants pour autres raisons , moins nombreux les pays d'accueil pourraient plus facilement les gérer
a écrit le 11/01/2019 à 14:48 :
L'OCDE s'inquiète bien plus des "conséquences"que des "causes" dont elle est en parti responsable! L'OCDE critique, là encore sans responsabilité, les services publics des pays concernés tout en sollicitant leur service PUBLIC pour l'intégration des réfugies!
a écrit le 11/01/2019 à 14:37 :
L'OCDE s'inquiète bien plus des "conséquences"que des "causes" dont elle est en parti responsable! L'OCDE critique, là encore sans responsabilité, les services publics des pays concernés tout en sollicitant leur service pour l'intégration des réfugies!
a écrit le 11/01/2019 à 11:27 :
C'est évident. Nombre de réfugiés qui arrivent ne sont pas forcément employables dès leur arrivée : il faut les intégrer (langue, logement, éventuellement us et coutumes, mise à niveau scolaire, formations qualifiantes, etc...). Donc le taux de chômage par exemple de ces populations n'est pas le même que ceux des populations natives. CQFD...
Réponse de le 12/01/2019 à 9:55 :
"il faut les intégrer" je repose ma question "le veulent-ils" ? Parce que, comme vous le soulignez "avec us et coutumes" c'est la que la bât blesse parce que ce n'est pas à l'autochtone de s'adapter à leurs "us et coutumes" et pourtant, tous les jours c'est lui qu'on critique, l'autochtone, celui qui est chez lui. D'autre part, les "réfugiés" sont sensés rentrer chez eux après le problème local résolu et c'est normal de les aider. Pour les clandestins c'est un autre débat.

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