Emploi : la reprise est loin de profiter à tous les immigrés

Le marche du travail reste robuste au etats-unis
© Robert Galbraith / Reuters

Le marche du travail reste robuste au etats-unis
© Robert Galbraith / Reuters
L'embellie économique est loin de profiter à toute la population immigrée dans les pays développés. Selon un rapport de l'OCDE relatif aux perspectives des migrations internationales en 2018 publié mercredi 20 juin, de graves inégalités demeurent dans une grande partie de l'Europe alors que la zone euro a connu un taux de croissance de 2,6% en 2017. Ces populations sont souvent confrontées à des difficultés d'insertion sur le marché du travail. Alors qu'une rencontre sur l'immigration entre plusieurs pays européens dont la France, l'Allemagne, l'Italie et l'Autriche aura lieu dimanche 24 juin, ce document devrait alimenter les débats sur l'insertion complexe des migrants sur le marché du travail européen.
Selon les auteurs du rapport, l'amélioration de la conjoncture économique dans la zone OCDE a été profitable à la situation des immigrés sur le marché du travail. Dans l'ensemble des pays développés, le taux de chômage des immigrés est passé en moyenne de 10,8% en 2016 à 9,5% en 2017 et leur taux d'emploi est passé de 65,7% à 67,1%. Cette amélioration est particulièrement visible dans l'Union européenne. "Ainsi, les taux de chômage des personnes nées à l'étranger ont diminué de 3 points de pourcentage environ en République tchèque, en Estonie et en Lettonie, et de 2 points de pourcentage environ dans plusieurs autres pays de l'UE." En revanche, dans les pays non européens membres de l'OCDE (l'Australie, le Canada et les Etats-Unis), le taux de chômage n'a pas connu de changement significatif.
Une décennie après la crise économique, les pays du sud de l'Europe, plus durement frappés, demeurent confrontés à des difficultés importantes sur le marché du travail. Dans cette zone, le chômage a quand même bien diminué après avoir culminé en 2013 mais il reste à des niveaux bien supérieurs à ceux rencontrés avant la crise.
A titre d'exemple, seuls les immigrés au Portugal affichaient des taux d'emploi supérieurs ou égaux à ceux de 2008, alors qu'en Espagne et en Grèce, les taux d'emploi des immigrés restent inférieurs de 8 et 11 points de pourcentage respectivement à ceux de 2008.
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Si la conjoncture économique peut avoir un impact important sur la situation des travailleurs immigrés, leur pays d'origine peut également avoir une influence sur l'insertion professionnelle de cette population. Plusieurs facteurs sont avancés pour expliquer de telles divergences. Les caractéristiques individuelles telles que le niveau d'éducation, l'âge, la connaissance de la langue ou la durée de résidence dans le pays d'accueil peuvent avoir un impact considérable sur les chances d'insertion sur le marché du travail. Il peut également exister de fortes différences sur la valeur des diplômes entre les pays. Enfin, l'institution internationale indique que pour des raisons historiques, culturelles ou socio-économiques, il peut exister des réseaux favorables ou défavorables mais également des discriminations à l'embauche. Dans l'Union européenne à 28, les immigrés originaires d'Afrique du Nord (23,3%) sont par exemple bien plus touchés par le chômage que ceux originaires d'Asie (7,5%).
La hausse récente du nombre de demandeurs d'asile et de réfugiés en Europe suscite de nombreuses controverses sur le plan politique et économique. Plusieurs pays à l'image de l'Italie veulent appliquer un durcissement des politiques migratoires afin de contenir les flux. En France, l'extrême droite évoque régulièrement le coût de l'immigration pour limiter les flux. Pour éclairer les enjeux de tels mouvements migratoires, l'OCDE a procédé à une évaluation de l'impact économique de l'arrivée de ces populations sur le Vieux continent. Si il est encore difficile d'avoir des résultats définitifs en raison du caractère récent des arrivées, l'examen des précédentes crises migratoires a montré que ces effets seraient probablement limités.
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