Pétrole : les Emirats se disent proches de leur capacité de production maximale

La production de pétrole des Emirats arabes unis est « proche » du plafond décidé par l'Opep+. Et ce alors que les Occidentaux souhaitent que les pays du Golfe, producteurs de l'or noir, dopent encore davantage leur production pour calmer l'envolée des prix du brut. Autre piste évoquée : se tourner vers le pétrole iranien ou vénézuélien.
« La production des Emirats est à un niveau proche de la capacité maximale prévue actuellement dans le cadre de l'Opep+, soit 3.168 millions de barils par jour », a déclaré le ministre de l'Énergie et des Infrastructures émirati.
« La production des Emirats est à un niveau proche de la capacité maximale prévue actuellement dans le cadre de l'Opep+, soit 3.168 millions de barils par jour », a déclaré le ministre de l'Énergie et des Infrastructures émirati. (Crédits : Reuters)

Alors que les pays Occidentaux, notamment la France, poussent les producteurs de pétrole à augmenter leur production, les Emirats arabes unis répondent être au maximum de leurs capacités. Elles sont en effet à « un niveau proche de la capacité maximale prévue actuellement dans le cadre de l'Opep+, soit 3.168 millions de barils par jour », a déclaré le ministre de l'Énergie et des Infrastructures, Souhail ben Mohammed Al-Mazrouei, dans un communiqué publié par l'agence officielle émiratie WAM ce mardi 28 juin.

Des propos qui viennent confirmer ceux tenus par Emmanuel Macron lors du sommet du G7 hier. Des caméras ont capté un de ses échanges avec Joe Biden, où le président français lui rapportait la teneur d'un appel qu'il avait eu avec son homologue émirati. « Il m'a dit deux choses : la première « je suis au maximum, maximum », (...) » s'agissant du nombre des barils mis sur le marché par les Emirats. « Et puis il a dit que (les) Saoudiens pouvaient augmenter de 150 (milliers de barils par jour). Peut-être un peu plus, mais ils n'ont pas d'énormes capacités avant six mois », selon Emmanuel Macron.

Depuis plusieurs mois, les Occidentaux pressent les membres de l'Opep+ (partenariat entre les 13 membres de l'organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et 10 autres pays exportateurs dont la Russie) d'augmenter leur offre de pétrole. Chose qu'ils se sont résolus à faire, légèrement, à l'issue de leur dernière réunion début juin. Ils ont en effet convenu que la production de juillet serait ajustée à la hausse de 648.000 barils par jour, contre les 432.000 barils fixés les mois précédents. Lors de la prochaine réunion de l'Opep+ prévue ce jeudi, le marché s'attend à un nouveau relèvement de 648.000 barils par jour en août.

Mais les Occidentaux souhaitent que les pays du Golfe, notamment l'Arabie saoudite et les Emirats, augmentent encore davantage leur production pour calmer les marchés. Ils espèrent que cette hausse de la production freinera l'envolée des prix du brut liée à la guerre en Ukraine, sans contrarier Moscou. Pas sûr cependant qu'ils soient écoutés.

Le Venezuela et l'Iran dans le viseur européen

En parallèle de cette augmentation de la production, la France estime qu' « il y a des ressources ailleurs qu'il faut aller explorer aussi ». Elle lorgne pour cela sur les capacités de l'Iran et du Venezuela. Or, ces deux pays pétroliers sont soumis à des sanctions américaines. L'Élysée estime que des discussions doivent être menées pour que le pétrole iranien puisse être « remis sur les marchés », tout comme le pétrole vénézuélien.

Le président vénézuélien n'a d'ailleurs pas tardé à réagir. « Président Macron ! Le Venezuela est prêt à accueillir toutes les entreprises françaises qui voudraient venir produire du pétrole et du gaz », a lancé Nicolas Maduro à la télévision publique dans la soirée de lundi.

Le G7 veut plafonner le prix du pétrole russe

À la suite de leur sommet hier, les dirigeants du G7 ont annoncé lancer les travaux visant à mettre en place un mécanisme de plafonnement du pétrole russe. Objectif : frapper une importante source de revenus de Moscou. Le G7 va « demander aux ministres de travailler d'urgence » sur cette question « en consultant les pays tiers et le secteur privé ».

Il s'agirait alors d'un mécanisme inédit et complexe qui viserait à empêcher la Russie de vendre son pétrole au-delà d'un certain prix. Parvenir à un consensus sur ce sujet serait « un pas en avant assez spectaculaire » et « l'un des résultats les plus significatifs » du G7, avait estimé la veille le principal conseiller diplomatique du président américain, Jake Sullivan. Il avait toutefois reconnu la difficulté technique d'un tel projet. « Ce n'est pas quelque chose que nous pouvons sortir de nos tiroirs comme si c'était une méthode déjà testée et approuvée... c'est un concept nouveau ».

Une complexité également soulignée par les spécialistes du secteur énergétique. Le secteur privé, notamment les professionnels de l'assurance et du transport, devraient être impliqués dans ce mécanisme.

Depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie le 24 février, la question de savoir comment sanctionner les hydrocarbures russes est l'une des plus épineuses pour les Occidentaux alors que les tarifs de l'énergie se sont envolés et pèsent sur le pouvoir d'achat des ménages.

(Avec AFP)

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Commentaires 2
à écrit le 28/06/2022 à 19:53
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J'espère qu'à partir de maintenant, la mode de la lutte contre le réchauffement climatique va prendre fin. Cette obsession ne menait à rien

le 29/06/2022 à 0:06
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Rien à voir avec le réchauffement, il est question ici de macro économie et des conséquences de la hausse du prix baril sur l'inflation, les taux, la guerre... Ce sont des sujets chauds. Le réchauffement est un sujet de plus long terme qui demande d...

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