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Pétrole russe : l'UE prépare des "sanctions intelligentes" et une "sorte" d'embargo

latribune.fr

Publié le 25 avril 2022 à 09:18 - Mis à jour le 25 avril 2022 à 09:18

Bruxelles prepare des "sanctions intelligentes" contre moscou sur les importations de petrole

Les détails des sanctions pétrolières n'ont pas encore été décidés, mais une sortie progressive du pétrole russe ou l'imposition de droits de douane sur les exportations au-delà d'un certain plafond de prix pourraient en faire partie.

DADO RUVIC

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11 juillet 2026

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Amplifier la pression sur la Russie tout en minimisant les dommages collatéraux sur les Vingt-Sept : tel est le difficile équilibre que cherche à trouver l’Union européenne avec son sixième paquet de sanctions. Les discussions continuent pour mettre en place « une sorte d’embargo » sur le pétrole russe d’après un haut responsable de la Commission européenne. Reste que, hormis les Occidentaux, peu de pays se risquent à se lancer dans une guerre économique avec Moscou.

Un potentiel "embargo" de l'Union européenne sur le pétrole russe est au cœur des discussions du sixième paquet de sanctions contre la Russie. Les Vingt-Sept préparent en effet des « sanctions intelligentes » contre les importations de pétrole russe, d'après les propos du vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, dans le quotidien britannique The Times ce lundi 25 avril.

« Nous travaillons sur un sixième paquet de sanctions et nous envisageons de recourir à une sorte d'embargo sur le pétrole. Lorsque nous imposons des sanctions, nous devons le faire de manière à amplifier les pressions sur la Russie tout en minimisant les dommages collatéraux qui pourraient nous frapper »,a déclaré Valdis Dombrovskis.

Le vice-président de la Commission européenne a indiqué que les détails des sanctions pétrolières n'avaient pas encore été décidés, mais qu'une sortie progressive du pétrole russe ou l'imposition de droits de douane sur les exportations au-delà d'un certain plafond de prix pourraient en faire partie, rapporte le journal.

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Pour rappel, l'Ukraine et certains pays membres de l'UE, comme la Pologne ou la Lituanie, souhaitent une interdiction du pétrole et du gaz russes, là où les pays fortement dépendants de cette énergie, comme l'Allemagne ou la Hongrie, s'opposent à un embargo immédiat.

Le pétrole et les produits pétroliers ont représenté plus d'un tiers des recettes d'exportation de Moscou l'année dernière. Actuellement, l'Europe dépense environ 450 millions de dollars (416 millions d'euros) par jour pour le pétrole brut et les produits raffinés russes, environ 400 millions de dollars par jour pour le gaz et environ 25 millions de dollars pour le charbon, selon le cercle de réflexion Bruegel.

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« D'un côté, un délai supplémentaire donnerait à l'UE la possibilité de mieux se préparer en développant des sources d'énergie alternatives, en faisant baisser la demande et en optimisant la logistique des flux énergétiques au sein de l'UE et dans les différents pays », considère Karen Pittel, directrice de la recherche sur l'énergie, le climat et les ressources de l'Ifo, tout en mettant en garde, d'un autre côté, sur un trop long délai de prise de décision. La Russie mettrait ainsi à profit ce temps pour trouver de nouveaux clients tout en continuant à percevoir les recettes de ses ventes européennes.

Le ministre français de l'Économie considère qu'« il est plus que jamais nécessaire » de cesser les importations européennes de pétrole russe. « Quand vous voyez ce qui se passe dans le Donbass (...) je suis convaincu que la réalité de la situation en Ukraine fera bouger les lignes. Si on est attachés comme nous à la liberté et à la protection du peuple ukrainien, il faut aller au bout de son raisonnement et ne pas financer la guerre » en achetant du pétrole à la Russie, a-t-il déclaré la semaine dernière.

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« C'est une chose de condamner l'invasion de l'Ukraine, c'en est une autre que de lancer une guerre économique contre la Russie, et de nombreux pays en Amérique latine, en Afrique et en Asie ne sont pas prêts à franchir le cap »,souligne l'ancien ambassadeur du Chili en Inde et en Afrique du Sud, Jorge Heine.« Ils ne veulent pas être poussés dans une position qui irait à l'encontre de leurs propres intérêts ».

C'est le cas de l'Arabie saoudite ou encore des Émirats, qui ont jusqu'ici évité de prendre position contre la Russie. Ou encore de l'Inde.

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L'absence d'effets à court terme des sanctions économiques occidentales sur le conflit en cours n'aide pas non plus à convaincre les pays hésitants. « Oui, les sanctions sont sévères », souligne Judy Dempsey, analyste de Carnegie Europe, « mais elles ne dissuadent pas Poutine de prolonger son siège sur Marioupol (...) ni de pilonner d'autres villes ».

Pour Sylvie Matelly, directrice adjointe à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), « si l'objectif c'était de faire plier Poutine pour qu'il se retire d'Ukraine, force est de constater que ça n'a pas fonctionné », estime-t-elle. Et d'ajouter : « Il a certes revu à la baisse ses ambitions mais pas tant par rapport aux sanctions que par rapport à la détermination des forces ukrainiennes sur le terrain ».

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Pour mesurer l'impact des sanctions sur l'économie russe à moyen et long termes, il faudra encore patienter quelques mois. « La situation dans l'économie russe sera plus claire en juin-juillet », note l'analyste financier russe Alexeï Vedev de l'institut Gaïdar. « L'économie est encore en train de fonctionner sur la base de ses réserves. Elles sont en train de diminuer, mais tant qu'elles existent encore, les sanctions ne se ressentent pas pleinement », ajoute-t-il.

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(Avec agences)

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