Trop longtemps restée dans l’ombre de Joe Biden, Kamala Harris n’a eu que 107 jours pour se faire connaître des Américains. Un défi que la vice-présidente n’a que partiellement relevé.Kamala Harris a eu de la chance. Pour le dernier grand discours de sa campagne, à tout juste une semaine du verdict, l'été avait choisi de jouer les prolongations à Washington. Mardi dernier, 75 000 personnes se sont rassemblées sur l'Ellipse, à moins de 500 mètres de la Maison-Blanche. Donald Trump n'a jamais fait mieux.
Tailleur sombre et chemisier blanc, sourire radieux, Kamala Harris est venue délivrer ce qu'elle a appelé elle-même son ultime plaidoirie. Elle n'a pas choisi l'endroit par hasard : c'est là que, le 6 janvier 2021, Donald Trump avait harangué cette foule qui s'était lancée à l'assaut du Congrès pour tenter d'invalider l'élection de Joe Biden. L'ancienne procureure de Californie assène : « Dans moins de quatre-vingt-dix jours, ce sera Donald Trump ou moi dans le Bureau ovale. S'il était élu, Donald Trump arriverait le premier jour avec une liste d'ennemis. Si c'est moi, j'y entrerai avec une liste des tâches à accomplir ».
Portée par son combat pour rétablir le droit à l'IVG
Le programme est taillé sur mesure pour les classes moyennes, le discours calibré pour séduire les électeurs modérés qui hésitent encore. Le message porte surtout auprès des femmes, qui lui accordent 10 points d'avance dans les sondages. Chez les hommes, c'est l'inverse. Le bilan des années Biden en matière d'immigration et d'inflation la plombe. Son combat pour rétablir le droit à l'avortement la porte. Si Kamala Harris est élue, ce sera grâce aux Américaines.
Thierry Arnaud, envoyé spécial à Washington