Qatar : le statut des travailleurs migrants timidement réformé

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Début décembre, Amnesty International avait affirmé que l'absence de véritables réformes déshonorait le Qatar, estimant que trop peu avait été fait pour lutter contre les abus généralisés liés aux travailleurs migrants.
Début décembre, Amnesty International avait affirmé que l'absence de véritables réformes "déshonorait" le Qatar, estimant que "trop peu avait été fait pour lutter contre les abus généralisés liés aux travailleurs migrants". (Crédits : © Stringer . / Reuters)
La "kafala", système de parrainage décrié comme source d'abus, sera allégé à partir de décembre 2016, en vue de l'organisation de la Coupe du monde en 2022.

Il s'appelle "kafala" et est décrié par des ONG comme une forme d'esclavage moderne. Le système de "parrainage" jusqu'à présent en vigueur au Qatar, interdisant à tout travailleur étranger de quitter le pays sans l'accord de son employeur et le privant de la possibilité de changer d'emploi, a enfin été, très timidement, réformé.

1,8 million d'étrangers travaillent au Qatar

La réforme avait été annoncée en octobre, après une campagne de critiques des conditions de travail et de vie des migrants au Qatar lancée par des ONG depuis que ce petit pays du Golfe s'est vu attribuer en 2010 l'organisation de la Coupe du monde en 2022. Début décembre, Amnesty International avait affirmé que l'absence de véritables réformes "déshonorait" le Qatar, estimant que "trop peu avait été fait pour lutter contre les abus généralisés liés aux travailleurs migrants".

Environ 1,8 million d'étrangers travaillent en effet au Qatar, dont un grand nombre provenant du sous-continent indien. Ils représentent 90% de la population et leur nombre doit atteindre 2,5 millions d'ici 2020.

De petites avancées

La nouvelle réglementation permettra désormais à un travailleur étranger de demander une autorisation de sortie du pays au ministère de l'Intérieur. S'il ne l'obtient pas au bout de trois jours, il aura la possibilité de s'adresser à une commission de recours.

Il pourra également changer d'employeur à la fin de son contrat. Selon la loi actuellement en vigueur, il doit quitter le pays à la fin de son contrat et ne peut y revenir que deux ans plus tard, à condition que son ancien employeur n'y fasse pas d'objection.

Un an d'attente

La réforme annoncée au Qatar du système de "la kafala", parue le 13 décembre dans le journal officiel du Qatar, n'entrera toutefois en vigueur que le 14 décembre 2016, selon le quotidien Al-Sharq. Au Qatar, les lois  entrent en effet en vigueur un an après leur publication au journal officiel. C'est néanmoins la première fois qu'une date est annoncée pour l'application de la loi.

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Commentaires
a écrit le 28/12/2015 à 15:01 :
On comprend mieux pourquoi les réfugiés Syriens, Irakiens Erythréens viennent en Europe et non pas vers la péninsule Arabique. Leurs voisins arabes seraient-ils plus ........

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