Royaume-Uni : Londres veut relancer l'exploitation gazière et pétrolière en mer du Nord
latribune.fr

Rishi Sunak, Premier ministre britannique.
PHIL NOBLE
latribune.fr

Rishi Sunak, Premier ministre britannique.
PHIL NOBLE
[Article publié le 31/07 à 10h36 et mis à jour à 16h20] Le Royaume-Uni n'en a pas fini avec l'exploitation d'énergie fossile. Le gouvernement britannique a promis lundi des « centaines » de nouvelles licences d'exploration et d'exploitation pétrolières et gazières en mer du Nord. Cette annonce intervient pourtant après l'engagement du Premier ministre Rishi Sunak d'agir de manière « pragmatique et proportionnée » contre le réchauffement climatique. Le gouvernement a dévoilé deux sites de capture et de stockage de CO2 en mer du Nord, secteur susceptible de soutenir 50.000 emplois, selon Downing Street.
D'après Rishi Sunak, même quand le Royaume-Uni aura atteint son objectif neutralité carbone en 2050, un quart de ses besoins en énergie proviendra du pétrole et du gaz. L'exploitation de ces ressources fossiles britanniques pourrait même aider le pays dans son cheminement vers la neutralité carbone,
En 2022, plus de 330 millions de tonnes de CO2 au Royaume-Uni. Et le pays souhaite capter et stocker entre 20 et 30 millions de tonnes de CO2 chaque année d'ici à 2030.
L'objectif affiché de Rishi Sunak est de garantir la sécurité énergétique du pays.
Mais l'annonce de ces licences gazières et pétrolières ne plaît pas à tout le monde.
En effet, elle intervient en pleine remise en question, au sein de la majorité conservatrice, mais aussi dans l'opposition travailliste, de certaines politiques vertes en raison de leur coût pour les Britanniques en pleine inflation.
Le Labour, donné vainqueur dans les sondages des prochaines élections générales l'année prochaine, veut mettre fin à l'exploitation pétrolière et gazière en mer du Nord.
Les organisations écologistes, elles aussi, critiquent le sérieux de l'engagement de l'exécutif pour l'environnement.
La capture et le stockage de CO2 sont des technologies très critiquées par certains écologistes comme pouvant servir d'excuse à la poursuite d'exploitation des énergies fossiles.
L'association Friends of the Earth voit dans la technologie mise en avant un « vernis vert » et juge que si cette technologie fonctionnait un jour, ce dont elle doute à court terme, elle ne capterait pas « toute la pollution climatique causée par la combustion des énergies fossiles » ou les émissions lors de leur extraction.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

À lire également
Du côté des entreprises pétrolières, le groupe Shell, impliqué dans l'un des projets énoncés par le gouvernement, a salué un « projet central » parmi les projets pour « décarboner les opérations en mer du Nord ». Quant aux Britanniques, 65% d'entre eux se disent inquiets des conséquences du changement climatique, avance un sondage YouGov réalisé au printemps. Toutefois, la majorité s'oppose à la plupart des mesures qui demanderaient un effort personnel.
(Avec AFP)
latribune.fr