Surprise en Suisse : la banque centrale baisse son taux d'un demi-point
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C’est la quatrième fois que la Banque centrale suisse réduit son taux depuis mars 2024.
Denis Balibouse
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C’est la quatrième fois que la Banque centrale suisse réduit son taux depuis mars 2024.
Denis Balibouse
La baisse du taux directeur ne faisait guère de doute en Suisse ce jeudi. Mais la Banque centrale (BNS) a néanmoins créé la surprise en le réduisant de 50 points de base. Elle l'a ainsi ramené à 0,50%, soit son niveau le plus bas depuis novembre 2022.
Cette baisse de taux a été rendue possible par la faiblesse de l'inflation dans le pays. Elle a atteint +0,7% sur un an en novembre, se situant ainsi dans la fourchette cible de 0% à 2% fixée par la BNS. Et de nombreux économistes s'attendent à ce qu'elle diminue encore avec la baisse prévue des prix de l'électricité en janvier.
L'institution a d'ailleurs abaissé ses prévisions d'inflation pour le reste de l'année et la prochaine, tout en relevant légèrement celle de 2026. Elle l'attend désormais à +1,1% en 2024 (contre +1,2% lors de sa précédente réunion trimestrielle en septembre), +0,3% en 2025 (contre +0,6% précédemment) et +0,8% en 2026 (contre +0,7% auparavant).
C'est la quatrième fois que la BNS réduit son taux depuis mars. L'inflation dans le pays helvétique se situe sous la barre des 2% depuis juin 2023, ce qui a permis à la Banque centrale de commencer à assouplir sa politique monétaire avant son homologue européenne (BCE) - qui devrait d'ailleurs annoncer elle aussi une nouvelle baisse de ses taux ce jeudi - et la Réserve fédérale américaine (Fed).
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Reste que lors des précédentes baisses - en mars, juin et septembre -, la BNS avait opté pour un recul d'un quart de point de pourcentage. Et la très grande majorité des analystes s'attendaient d'ailleurs à ce qu'elle fasse de même ce jeudi. Sur tous les économistes interrogés par l'agence suisse AWP, trois - sur 17 - s'attendaient à une coupe d'un demi-point de pourcentage. Parmi eux, Karsten Junius, chef économiste de la banque J. Safra Sarasin, justifiait un tel recul par la faiblesse de l'économie suisse ainsi que l'inflation sous-jacente (hors énergie et alimentation) qui est « inconfortablement proche de 0% » une fois les loyers exclus.
Pour les quatorze autres experts, une baisse de ce niveau n'était pas envisageable. Bien que les perspectives économiques du pays soient « moroses », reconnaissait Martina Honegger-Romahn, gérante de portefeuille chez Allianz Global Investors. « La BNS utilisera son principal outil de politique monétaire avec parcimonie », car ses options seront ensuite limitées « avant d'entrer en territoire de taux d'intérêt négatif », écrivait-elle dans une note. Et pour les experts du géant bancaire UBS, l'économie suisse ne montre pas de signes de « détérioration rapide » qui auraient justifié une baisse d'un demi-point. Un avis que n'a visiblement pas partagé la BNS.
La BNS s'affiche en outre prudente sur l'avenir. Elle a maintenu ses prévisions pour la croissance économique du pays pour cette année et la prochaine, à 1% en 2024 et 1,5% en 2025. Selon elle, la croissance « devrait se redresser quelque peu l'an prochain, mais seulement faiblement en raison de la conjoncture modérée à l'étranger », a-t-elle indiqué dans son communiqué.
Ce, à plusieurs niveaux. Notamment concernant « l'orientation future de la politique économique aux États-Unis », avec l'arrivée prochaine au pouvoir du républicain Donald Trump - il prendra ses fonctions le 20 janvier. « L'incertitude politique a également augmenté en Europe. De plus, les tensions géopolitiques pourraient affaiblir la conjoncture mondiale », a-t-elle ajouté.
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La BNS s'est dite également disposée « à être active au besoin sur le marché des changes ». La force du franc suisse lui avait donné un coup de pouce dans ses efforts pour réduire l'inflation, en atténuant la pression au niveau des produits importés. Mais cette appréciation du franc suisse a également eu un effet défavorable pour les entreprises suisses puisqu'elle renchérit leurs coûts à l'exportation. Elle pèse notamment sur les entreprises dans l'industrie, un secteur déjà confronté à une baisse des commandes venant d'Allemagne. Autant d'éléments qui pèseront sur ses décisions futures.
(Avec agences)
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