Venezuela : Trump menace Maduro de sanctions s'il modifie la constitution

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A Caracas, lundi 17 juillet, Julio Borges, président de l'Assemblée nationale du Venezuela et chef de l'opposition au chaviste Nicolas Maduro, s'adresse aux médias après le plébiscite symbolique remporté dimanche soir (7,1 millions de Vénézuéliens ont voté à 93% contre le projet de récrire la constitution mené par l'actuel président) et appelle à lancer l'offensive finale par une grève générale de 24 heures jeudi 20 juillet.
A Caracas, lundi 17 juillet, Julio Borges, président de l'Assemblée nationale du Venezuela et chef de l'opposition au chaviste Nicolas Maduro, s'adresse aux médias après le plébiscite symbolique remporté dimanche soir (7,1 millions de Vénézuéliens ont voté à 93% contre le projet de récrire la constitution mené par l'actuel président) et appelle à lancer "l'offensive finale" par une grève générale de 24 heures jeudi 20 juillet. (Crédits : Reuters)
Après le succès du référendum symbolique de dimanche qui a vu plus de 7 millions de Vénézuéliens voter contre le projet du président Maduro qui viserait à contourner l'actuelle Assemblée nationale où l'opposition est majoritaire, Trump, au nom de la démocratie, somme Maduro de faire marche arrière.

L'Assemblée constituante, que le président socialiste Nicolás Alejandro Maduro Moros appelle de ses vœux, vise officiellement à apporter paix et stabilité économique au pays. Mais l'opposition estime que cette assemblée, dont les 545 membres doivent être élus le 30 juillet et qui seront chargés de réécrire l'actuelle constitution, servira d'abord à contourner l'Assemblée nationale, où ladite opposition détient la majorité depuis 2016 après dix-sept années de domination chaviste sans partage.

Hier soir, le président américain Donald Trump a menacé le Venezuela d'adopter "des mesures économiques fortes" si Caracas mettait en oeuvre son projet de modifier la constitution, qualifiant son homologue vénézuélien Nicolas Maduro de "mauvais dirigeant rêvant de devenir dictateur".

Trump somme Maduro de faire marche arrière

"Les Etats-Unis ne resteront pas immobiles pendant que le Venezuela s'effondre. Si le régime Maduro impose son Assemblée constituante le 30 juillet, les Etats-Unis adopteront des mesures économiques fortes et rapides", a indiqué Donald Trump dans un communiqué, sans en préciser la teneur.

La Maison Blanche avait plus tôt salué la consultation symbolique organisée par l'opposition vénézuélienne dimanche 16 juillet contre ce projet, à laquelle 7,2 millions de citoyens sont pris part sur 19 millions d'électeurs.

"Hier, le peuple vénézuélien a encore démontré clairement qu'il défend la démocratie, la liberté et l'Etat de droit. Pourtant, ses actions fortes et courageuses continuent d'être ignorées par un mauvais dirigeant rêvant de devenir dictateur", a poursuivi Donald Trump.

"Les Etats-Unis appellent de nouveau à la tenue d'élections justes et libres et se tiennent au côté du peuple vénézuélien dans sa quête pour ramener son pays vers une démocratie totale et prospère", a ajouté le président américain.

"Offensive finale" : l'opposition lance une grève générale jeudi

Presque simultanément, la diplomatie américaine a dit "encourager les gouvernements du continent américain et du monde entier à appeler le président Maduro à suspendre ce processus qui ne cherche qu'à saper la démocratie au Venezuela", selon un communiqué du département d'Etat envoyé peu après celui du président.

"Les millions de voix de Vénézuéliens ne peuvent pas être ignorées. Les Etats-Unis appellent le gouvernement du Venezuela à abandonner le projet d'une Assemblée nationale constituante", a poursuivi le département d'Etat.

Portée par la forte participation à ce vote, l'opposition vénézuélienne a lancé lundi une "offensive finale" pour tenter d'arrêter le projet du président socialiste de modifier la constitution, appelant notamment à une grève générale de 24 heures ce jeudi.

Nouvelle dégradation par l'agence de notation Standard and Poor's

L'agence de notation financière Standard and Poor's Global Ratings a abaissé mercredi 12 juillet la note de la dette du Venezuela, à CCC- contre CCC auparavant, jugeant le pays susceptible de se trouver en défaut d'ici six mois face à l'aggravation de la crise politico-économique.

"L'abaissement de la note reflète la dégradation des conditions économiques, l'aggravation des tensions politiques, y compris au sein du camp chaviste au gouvernement, et la détérioration de la situation du gouvernement en matière de liquidités", a expliqué l'agence dans un communiqué, assortissant sa note d'une perspective négative.

Le pays est agité depuis plusieurs mois par des manifestations presque quotidiennes contre le gouvernement du président Nicolas Maduro, héritier d'Hugo Chavez, qui a convoqué des élections le 30 juillet pour une Assemblée constituante. Près de 100 personnes ont déjà été tuées lors de ces affrontements.

"Sans nouveau financement extérieur qui soit conséquent, nous nous attendons à ce que le gouvernement ait des difficultés à rembourser quelque 2,8 milliards de dollars de dette pour le second semestre 2017 et quelque sept milliards de dollars pour 2018", a prévenu SP, qui table sur une contraction de 6% du PIB cette année.

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Commentaires
a écrit le 18/07/2017 à 22:40 :
Le VENEZUELA, ce n'est certainement pas le PEROU, Mais si on lit la presse, depuis 17 ans, c'est un pays qui doit être en faillite 6 mois après et qui n'a strictement aucun soutien de la population....

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