Venezuela : Maduro balaie la proposition d'organiser de nouvelles élections
latribune.fr
L'opposition vénézuélienne, qui revendique la victoire à la présidentielle du 28 juillet, va à nouveau manifester ce mercredi contre le président Nicolas Maduro.
L'ONG Human Rights Watch (HRW) a critiqué mardi la proposition du Brésil et de la Colombie qui préconisent de réorganiser une présidentielle au Venezuela pour mettre fin à la crise politique que traverse le pays depuis la réélection contestée de Nicolas Maduro. L'opposition vénézuélienne, qui revendique la victoire à la présidentielle du 28 juillet, va à nouveau manifester ce mercredi.
Réorganiser une présidentielle au Venezuela, comme le suggère le Brésil et la Colombie, peut-elle être une réponse pertinente à la crise politique qui secoue le pays depuis l'élection de Nicolas Maduro le 28 juillet ? Pour l'ONG Human Rights Watch (HRW), c'est surtout une « insulte » à la démocratie.
«Une telle proposition, qui serait inacceptable dans n'importe quel pays, est particulièrement problématique au Venezuela compte tenu des obstacles de taille qu'ont dû surmonter les électeurs et les candidats», a justifié la directrice de HRW pour les Amériques, Juanita Goebertus, dans une lettre adressée aux présidents brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, et colombien Gustavo Petro.
HRW a remis en question l'impartialité de la justice et des autorités électorales du Venezuela. L'ONG a également recommandé aux trois dirigeants, dont le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador, « d'insister sur la vérification indépendante des résultats, qui devrait être effectuée par une tierce partie crédible et impartiale ».
Plus de 2.400 personnes ont été arrêtées
HRW a aussi rejeté la proposition du président colombien d'offrir une « amnistie générale » au Venezuela. Celle-ci « violerait le droit international et porterait atteinte aux droits des victimes d'atrocités », selon Juanita Goebertus. L'annonce de la réélection de Nicolas Maduro a provoqué des manifestations spontanées, brutalement réprimées. Elles ont fait 27 morts et 192 blessés, de source officielle. Plus de 700 arrestations ont eu lieu lors de la seule première journée.
Le gouvernement a ensuite mis en place des canaux pour dénoncer les suspects dans le cadre de ce qui a été baptisé « Opération Tun Tun » (toc-toc, le bruit de la police à la porte). Plus de 2.400 personnes ont été arrêtées, dont plus de 100 adolescents. La plupart sont accusés de terrorisme. Après ces coups de filets, des dizaines de proches se sont rassemblés à l'extérieur des lieux de détention. Les visites sont limitées et les avocats choisis rares, les autorités obligeant souvent à prendre des avocats commis d'office qu'elles désignent elles-mêmes.
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« Les disparitions forcées et les détentions arbitraires sont devenues la nouvelle norme », avec une « série de schémas répressifs », dénonce l'ONG de défense des droits humains Provea. « Nous sommes passés d'une période de persécution sélective à une période de persécution massive », souligne-t-elle. Nicola Maduro, lui, assure protéger la population contre des éléments violents et en appelle à « l'union civile-militaire-policière ».
Une nouvelle manifestation ce mercredi
L'opposition vénézuélienne, qui revendique la victoire à la présidentielle du 28 juillet, ne désarme pas. Elle va à nouveau manifester ce mercredi contre le président Nicolas Maduro, auteur d'un remaniement qui a vu Diosdado Cabello, homme fort du pouvoir, ancien compagnon d'armes de l'ex-président Hugo Chavez, prendre les rênes de l'Intérieur. « Dans la rue le 28 ! Un mois après la victoire du 28 juillet, le Venezuela et le monde refusent la fraude de Maduro et son régime », a écrit l'opposition sur les réseaux sociaux, appelant à des rassemblements dans le pays. Parallèlement, une manifestation pro-Maduro est programmée à Caracas.
C'est le quatrième grand rassemblement auquel appelle l'opposition après ceux des 30 juillet, 3 et 17 août. A deux reprises, la cheffe de l'opposition Maria Corina Machado, qui vit dans la semi-clandestinité depuis le scrutin, avait fait un discours avant de disparaître en moto. Les deux précédentes manifestations se sont déroulées sans incidents majeurs.