Macron convie les chefs des partis à l’Élysée ce mardi
latribune.fr
Le chef de l'Etat, disant se situer dans « une logique de compromis », invite ce mardi à 14H00 les chefs de partis et présidents de groupes parlementaires, à l'exception du RN et de LFI, qui a décliné la proposition.
Le président invite à discuter mardi l'ensemble des partis dans le but de « constituer un gouvernement d'intérêt général ». Un rendez-vous auquel seul le RN et LFI ne sont pas conviés, de quoi diviser la gauche sur la conduite à opter.
[Article publié le lundi 9 décembre 2024 à 19h54 et mis à jour le mardi 10 décembre 2024 à 13h22] Les rencontres continuent. Après avoir enchaîné des réunions camp par camp, le chef de l'Etat, disant se situer dans « une logique de compromis », invite ce mardi à 14 heures les chefs de partis et présidents de groupes parlementaires de la plupart des forces politiques du pays dans une même salle du palais présidentiel.
Objectif ? « Constituer un gouvernement d'intérêt général », a annoncé lundi soir l'Elysée, excluant ainsi le Rassemblement national et La France insoumise. « L'objectif est d'avancer sur un accord concernant une méthode », a ajouté l'entourage du chef de l'Etat.
Dans un courrier adressé lundi soir à Emmanuel Macron, les cadres du PS ont exprimé leur conviction « que seuls le dialogue républicain et la confrontation des points de vue peuvent permettre de trouver une issue à cette situation de blocage préjudiciable aux Françaises et aux Français ». En posant toutefois trois conditions: aucune participation à un gouvernement dirigé par la droite ou dit « technique » ; « un véritable changement de cap politique » sur des sujets comme « les retraites, le pouvoir d'achat, la justice fiscale »... et que soit nommé un Premier ministre de gauche. Pas question de participer « à un gouvernement "d'intérêt général" avec LR ou des macronistes ou je ne sais qui », a, également, assuré la patronne des Ecologistes, Marine Tondelier.
Une hypothèse déjà jugée « pas crédible » par le chef des députés Droite républicaine Laurent Wauquiez, qui a assuré ses troupes que la réunion de ce mardi ne pourrait qu'être une occasion de parler de « la méthode pour obtenir une non-censure » et « en aucun cas (d'une) participation à un gouvernement ou sur un programme ».
De son côté, LFI, qui avait déjà décliné une invitation à l'Elysée, n'a pas été invitée et reproche à ses alliés d'aller négocier. Le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a mis en garde mardi ses partenaires de gauche contre le coût politique d'une rupture du Nouveau Front populaire. « Si le NFP est détruit par le ralliement à Macron de nos partenaires, on sait que ça nous coûtera », a-t-il averti devant plusieurs médias. Avant de prévenir :
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
«Mais à l'inverse qui pense pouvoir gagner un seul siège sans nous ?»
Le RN écarté
A l'autre bout de l'échiquier politique, le Rassemblement national, qui n'a pas été convié, reste à l'affût. « Le critère, c'est la logique de compromis, ni le RN ni LFI ne l'ont souhaité », justifie-t-on du côté de l'entourage du Président. Son président Jordan Bardella demande néanmoins « à être reçu avec Marine Le Pen » par le futur Premier ministre «de manière à pouvoir exprimer très clairement (leurs) lignes rouges », qui n'ont« pas varié » : pouvoir d'achat, sécurité, immigration et scrutin proportionnel. De son côté, Marine Le Pen a fustigé des « agapes pour se partager les postes ».
« Emmanuel Macron a invité l'ensemble des partis qui pourraient potentiellement participer à un gouvernement, il nous donne en quelque sorte la médaille de l'opposition », a déclaré la cheffe de file des députés RN à quelques journalistes dans les couloirs de l'Assemblée nationale.
Rappelant que le RN ne comptait pas participer au gouvernement, elle a dénoncé « une forme de mépris » du chef de l'Etat dont elle fait « (son) miel ». Elle réclame notamment un Premier ministre « qui respecte l'ensemble des forces politiques » et tient compte « des lignes rouges » de celles « qui pèsent » à l'Assemblée nationale.
Les noms continuent de s'égrener
La nomination du Premier ministre est attendue avec d'autant plus d'impatience que le budget 2025, à l'origine de toutes les crispations, ne peut pas attendre indéfiniment une sortie de crise. François Bayrou, Jean-Yves Le Drian, Catherine Vautrin, Sébastien Lecornu... les noms continuent de s'empiler dans les discussions politiques comme dans les articles. Les précédents incitent à la prudence : il avait fallu 51 jours cet été au locataire de l'Elysée pour choisir Michel Barnier, et plusieurs semaines également dans le cas de ses prédécesseurs Gabriel Attal et Elisabeth Borne.
« Les choses sont claires pour nous : Emmanuel Macron ne peut pas être à la manœuvre des négociations. Passée la réunion de (mardi), il doit s'effacer, » estime Marine Tondelier, la patronne des Ecologistes. « Mais ce n'est pas quelqu'un qui aime être passif », prévient toutefois un soutien de longue date.
Après les socialistes et les Républicains (LR) vendredi, Emmanuel Macron a déjà reçu lundi matin les indépendants (Liot), les communistes et les écologistes. Suite au précédent Barnier, le président a également indiqué, selon Marine Tondelier, que « la solution ne pourrait plus reposer sur un accord avec le Rassemblement national ».