Allemagne : l'incertitude politique alimente le recul de l'euro

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Vers 11 heure, heure de Paris, l'euro valait 1,1937 dollar, contre 1,1967 dollar lundi vers 23 heures.
Vers 11 heure, heure de Paris, l'euro valait 1,1937 dollar, contre 1,1967 dollar lundi vers 23 heures. (Crédits : Reuters)
La monnaie unique recule cette semaine, alors qu'outre-Rhin, conservateurs et sociaux-démocrates sont toujours en train de négocier la formation d'un gouvernement. Des annonces attendues jeudi pourraient décider de la variation de l'euro.

L'euro baissait face au dollar mardi, les spécialiste des opérations de change, ou cambistes dans le jargon, continuant d'engranger quelques bénéfices après les sommets atteints la semaine dernière. Mais ils semblent aussi adopter des positions plus prudentes vis-à-vis de la devise européenne.

Vers 11 heures, heure de Paris, l'euro valait 1,1937 dollar, contre 1,1967 dollar lundi vers 23 heures. La monnaie unique européenne perdait également du terrain face à la devise japonaise, à 134,74 yens pour 1 euro contre 135,34 yens la veille. Le billet vert baissait lui aussi face à la monnaie nipponne, à 112,87 yens pour 1 dollar contre 113,09 yens lundi soir.

L'Allemagne toujours sans gouvernement

Les cambistes scrutaient par ailleurs l'Allemagne où, près de 3 mois et demi après les élections, conservateurs et sociaux-démocrates allemands poursuivent leurs discussions exploratoires pour tenter de mettre sur pied un gouvernement.

"Des pourparlers préparatoires en vue du renouvellement d'une coalition [entre l'alliance conservatrice de Merkel et les sociaux-démocrates allemands] sont en cours et devraient déterminer s'ils lanceront des pourparlers formels d'ici à jeudi. Cela peut décider si l'euro peut franchir à nouveau la barre des 1,20 dollars", ont indiqué dans une note les stratégistes des changes de Mizuho Securities.

Par ailleurs, l'annonce lundi d'un recul inattendu des commandes passées à l'industrie allemande en novembre a également alimenté la baisse de l'euro et relégué au second plan l'annonce d'une progression des ventes de détail dans la zone euro de 1,5% en novembre.

Ne pas troubler la BCE

"L'euro s'enfonce sous 1,20 dollar car les courtiers se demandent si la devise n'est pas devenue trop onéreuse au goût de la BCE (Banque centrale européenne)", a observé Konstantinos Anthis, analyste chez ADS Securities.

Pour l'analyste, la baisse de l'euro depuis de début de la semaine pourrait être le signe que les investisseurs commencent à craindre que la BCE se mette à s'inquiéter de la force de l'euro, "car un euro cher pourrait mettre en danger les perspectives de croissance de la zone euro".

Les investisseurs décortiqueront jeudi le compte-rendu de la dernière réunion de politique monétaire de la BCE en quête d'indices sur les perspectives monétaires de l'institution, même si son président, Mario Draghi, a clairement dit que la banque centrale ne relèverait pas ses taux d'intérêt avant fin 2018.

Au tour de la Fed

En quête de nouveaux indices sur la santé des États-Unis, les investisseurs scruteront en outre jeudi la publication des prix à la production de décembre, avant les chiffres de l'inflation et des ventes au détail, également pour décembre, vendredi. Les cambistes étaient aussi attentifs à des prises de parole de responsables de la Réserve fédérale américaine (Fed) cette semaine.

Le premier à s'exprimer, le président de la Fed d'Atlanta Raphael Bostic, s'est montré prudent lundi, se disant à l'aise avec le lent retrait des mesures accommodantes de l'institution, a relevé Lee Hardman, analyste chez MUFG.

"Ces propos renforcent l'idée que l'obstacle que la Fed va devoir surmonter pour accélérer le rythme du relèvement de ses taux d'intérêt est très élevé", alors qu'une telle accélération aurait le potentiel de renverser la tendance actuellement à la baisse pour le dollar, a expliqué Lee Hardman.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 09/01/2018 à 19:36 :
Un mauvais moment a passer pour l'Allemagne, un petit mieux pour le reste de la zone, mais cette monnaie doit disparaître a terme!
a écrit le 09/01/2018 à 16:54 :
Est-ce que vous mesurez l'inanité de rédiger un article et d'essayer de baser une analyse politique sur une baisse de 0.25% ?

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