Le Pacte vert résistera au coronavirus, promet la Commission européenne

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(Crédits : Johanna Geron)
Bruxelles souligne que les chefs d'État et de gouvernement lui ont demandé de travailler sur un plan de relance économique "dont l'un des principaux piliers est le Pacte vert".

N'en déplaise à ses détracteurs qui espèrent voir le Pacte vert tué par le coronavirus, la Commission européenne veut que ce projet phare, présenté comme la nouvelle "stratégie de croissance" de l'UE, fasse partie intégrante de la relance.

Il y a "un réel danger à ce que la crise du Covid-19 fasse dérailler les efforts climatiques de l'Union", estimait fin mars l'analyste du European Policy Centre, Sofia Lopez Piqueres.

Les dirigeants "vont devoir jongler avec la crise du Covid-19 et la récession attendue, et avec la crise climatique, plus latente". Et ce, alors même que la plupart d'entre eux sont "politiquement incapables de gérer plus d'une urgence à la fois", jugeait-elle.

Lire aussi : Le coronavirus, une "bombe à retardement pour le climat"

Le Premier ministre tchèque Andrej Babis a ouvert les hostilités dès la mi-mars, déclarant que l'UE devait "oublier" le Pacte vert pour se concentrer sur la pandémie.

La semaine dernière, une trentaine de députés européens, principalement issus des délégations de pays de l'Est du groupe des conservateurs (CRE), avec le soutien d'une poignée de ceux d'ID (extrême droite), du PPE (droite) ou encore un socialiste roumain, sont repartis à la charge.

"Le moment est venu de faire passer le pragmatisme avant tout, et de reporter toute nouvelle législation dans le cadre d'initiatives telles que le Pacte vert", écrivent-ils dans une lettre, vue par l'AFP, à l'attention des présidents de la Commission, du Conseil européen et du Parlement.

Mais la Commission n'en démords pas. "Même si notre priorité immédiate est la lutte contre la propagation du coronavirus, nous continuons à travailler à la réalisation du Pacte vert européen", a assuré une porte-parole de l'institution.

D'autant que, rappelle-t-elle, les chefs d'État et de gouvernement de l'UE ont demandé à la Commission de commencer à travailler sur un plan de relance économique "dont l'un des principaux piliers est le Pacte vert".

Moteur essentiel

Cette déclaration "montre clairement que les Etats membres comprennent que les politiques vertes sont des moteurs essentiels pour l'emploi et la croissance économique en Europe et qu'elles constitueront un élément clé de l'effort de relance", a souligné la Commission auprès de l'AFP.

Ainsi l'analyste Sofia Lopez Piqueres recommande-t-elle en premier lieu d'"utiliser les plans de relance nationaux et de l'UE pour investir massivement dans les énergies propres".

Le Pacte vert, feuille de route pour faire de l'Europe un continent neutre en carbone d'ici le milieu du siècle, avait été dévoilé le 11 décembre. Son principal pilier, la loi Climat sur la neutralité climatique d'ici 2050, a été mise sur la table début mars.

Cette ambition est soutenue par l'ensemble des Etats membres, sauf la Pologne qui a obtenu d'être laissée de côté dans un premier temps. Mais la discussion à 27 avait été difficile, et les divisions se rouvrent avec la crise économique annoncée à la suite de la pandémie.

Lire aussi : En Europe, l'onde de choc du Covid-19 pourrait être dévastatrice

La Commission, en train de réviser sa proposition de budget à long terme pour la période 2021-2027, considère toujours que la lutte contre le changement climatique devra guider les investissements dans les années à venir.

L'exécutif européen poursuit en outre son travail sur la réévaluation des objectifs de réduction d'émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030 (actuellement à 40%, l'UE s'interroge sur l'opportunité de les relever à 50%, voire 55%).

Elle a lancé une consultation publique qui doit se terminer le 23 juin, et une étude d'impact est attendue en septembre.

Mais pour Christophe Engenhofer, du Centre for European Policy Studies (CEPS), ce débat ne peut se tenir avant d'avoir "plus ou moins une idée de ce qui va se passer" sur le plan économique.

S'il est important de conserver le Pacte vert comme la structure qui encadrera les futurs investissements, il ne faut pas oublier que les mesures de reprise seront en grande partie le fait des Etats membres, prévient-il.

"Est-ce que la reprise sera verte ou non, dans une large mesure, cela dépendra aussi de la façon dont les Etats membres voient la situation", avance M. Egenhofer.

En attendant, la Commission a prévu de présenter deux stratégies retardées par la crise: sur la qualité de la chaîne agroalimentaire ("De la ferme à la table") et la biodiversité, le 29 avril.

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Commentaires
a écrit le 08/04/2020 à 1:51 :
Pacte vert ou Pacte sauve qui peut...
Car après tt cet immobilisme forcé, va bien falloir relancer le secteur des transports.
Mais on commence par quoi: le train ? la bagnole ? l'avion ? la péniche ?
L'avion, c'est pas très écolo, dc les cies aériennes dem..dez vous.
Le train, c'est déjà pas mal électrifié avec pas mal de lignes TGV interconnectées.
Ah oui tiens ! Y a le ferroutage qui est porteur avec ts ces poids lourds à la queue leu leu...Mais bon y a tt ce lobby des transporteurs routiers qu'il va falloir convaincre...et ds ttes les langues, surtout à l'Est et au Sud... ça va prendre du tps et un pognon de dingue.
La péniche : ah! Le canal Rhin Rhône on en parle depuis 50 ans...Et puis où trouver de la flotte en été pour alimenter le canal, car justement avec le réchauffement climatique faut maintenant cpter avec le stress hydrique...Allez, à la trappe !!
Reste plus que la bagnole. Mais c'est très porteur ça !
Bon! On commence par quoi?
l'Airbus des batteries?...Mais faudra convaincre les constructeurs Allemands qui ont déjà des partenariats importants avec les chinois, leaders du créneau.
Plutôt d'abord stimuler le marché de la voiture électrique. Mais faudra cracher un max sur les bonus, car outre le prix, les gogos ne vont pas se précipiter, avec cette autonomie de misère et le risque d'être planté en panne sèche, car où trouver une borne de recharge ??
Dc, comme vraisemblablement il n'y aura pas bcp d'élus, la plupart vont se précipiter sur le bon vieil essence ou à la rigueur diesel.
Et là, il n'est pas question de matraquer tt le secteur avec des amendes en pagaille pour non respect des nvelles normes. Sa survie en dépend et les centaines de milliers d'emplois avec. On peut cpter sur le lobbying du Bundestag pour faire plier la Commission.
Y a qd même la filière hydrogène avec la pile à combustible. Séduisant, mais très cher, trop cher en investissements verts pour les maigres moyens de l'UE. Et puis, ça intéresse plutôt les poids lourds qu'on veut supprimer et les trains qui sont déjà électriques. Bof!
Bon, pour les transports, c'est plié.
On passe à quoi? La bouffe. Ouais, ç'est porteur avec ts ces gros maux :
Le bio, les circuits courts, l'agrobusiness, l'agrochimie, la ferme à mille vaches, les fermes urbaines, la nutrition, la malbouffe...
Bon! On commence par quoi?...etc. etc.
a écrit le 07/04/2020 à 20:19 :
quand ils vont voir l'etat de l'economie, ils vont vite se rendre compte que soient ils continuent et y aura des petits hitler partout vu le nombre de chomeurs, soit ils levent certaines contraintes en particulier sur l'industrie auto/ batiment
ca veut pas dire qu'il n'y aura pas de transition, ca veut dire qu'il n'y aura plus de demagogie soit a faire emerger une autre demagogie
a écrit le 07/04/2020 à 20:10 :
Qu'est -ce qu'on s'en fout de ce pacte qui n'est qu'un aspirateur à pognon pour affairistes arroseurs de politiques.
a écrit le 07/04/2020 à 18:51 :
Le coronavirus n' a pas que des défauts,je vais pouvoir éviter le déjeuner interminable chez ma belle mère, ainsi son horrible gâteau à 18H. Bonne fête de Pâque.
a écrit le 07/04/2020 à 18:50 :
Ce rigolo m’ait l Europe c est finis après le virus chinois ils y auras des comptes à rendre le coronavirus fait des morts insincère pas protège ils vaut mieux un émigré avec une prière et une kalechnikf
a écrit le 07/04/2020 à 18:00 :
Le problème du moment est il la survie du pacte vert ou la survie de l'Union Européenne?
a écrit le 07/04/2020 à 16:29 :
Nous allons donc continuez a dépenser plus pour uniformiser une zone au nom d'un dogme vert sans que les peuples aient leur mot a dire!
a écrit le 07/04/2020 à 16:28 :
Nous allons donc continuez a dépenser plus pour uniformiser une zone au nom d'un dogme vert sans que les peuples ait leur mot a dire!
a écrit le 07/04/2020 à 16:13 :
Ainsi, tandis que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, continue de déplorer la fermeture des frontières car « c’est le marché intérieur qui a rendu l’UE aussi forte et riche qu’elle l’est !», Miloš Zeman lui répond que « si les frontières étaient restées ouvertes, l’épidémie serait incomparablement plus importante »...!
a écrit le 07/04/2020 à 16:09 :
"S'il est important de conserver le Pacte vert comme la structure qui encadrera les futurs investissements, il ne faut pas oublier que les mesures de reprise seront en grande partie le fait des Etats membres, prévient-il."

Démentant radicalement l'affirmation de la chancelière européenne. Mais on voit bien que comme Angela, elle plane pas mal quand même hein...
a écrit le 07/04/2020 à 15:47 :
Le problème du moment est il la survie du pacte vert ou la survie de l'Union Européenne?

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