Brexit : Britanniques et Européens campent (encore) sur leurs positions

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David Davis, le ministre britannique du Brexit, et Michel Barnier (en arrière plan), lundi 25 septembre à Bruxelles.
David Davis, le ministre britannique du Brexit, et Michel Barnier (en arrière plan), lundi 25 septembre à Bruxelles. (Crédits : REUTERS/Francois Lenoir)
Alors que les équipes de Michel Barnier souhaitent depuis le début des négociations régler les questions relatives au divorce avant d'aborder les modalités du futur accord commercial, le ministre du Brexit David Davis a réitéré lundi la volonté de Londres d'aborder au plus vite la question de la future relation entre les deux parties, en lui conditionnant le règlement de la facture du divorce. Des déclarations annonciatrices d'une nouvelle semaine de discussions difficile.

Trois jours après le discours de Theresa May à Florence (Italie), au cours duquel la première ministre britannique a annoncé plusieurs concessions, rien n'a bougé. Le négociateur en chef de l'Union européenne pour le Brexit, Michel Barnier, a réaffirmé lundi à Bruxelles que les discussions autour d'une période de transition à l'issue du départ du Royaume-Uni ne pourraient débuter qu'une fois un accord trouvé sur les trois points prioritaires du divorce. Mais de son côté, son homologue britannique, le ministre du Brexit David Davis, venu dans la capitale européenne pour le quatrième cycle de négociations sur les conditions du retrait britannique, a réitéré la volonté de Londres d'aborder au plus vite la question de la future relation entre les deux parties, en lui conditionnant le règlement de la facture du divorce.

"Le Royaume-Uni honorera les engagements (financiers) que nous avons faits pendant la période où nous étions membres. Mais il est évident qu'on pourra seulement atteindre une conclusion à ce sujet dans le contexte de, et conformément à, notre nouveau partenariat profond et spécial avec l'UE", a indiqué Davis.

Traduire le discours de Theresa May

Quelques minutes avant de rejoindre le ministre britannique, à l'issue d'un compte-rendu avec 27 ministres de l'UE sur la progression des négociations, Michel Barnier avait expliqué que les deux sujets ne seraient pas abordés en même temps. "Nous ne mélangerons pas la discussion sur les dettes et sur les engagements du passé, nous ne mélangerons pas ces sujets qui font partie du 'retrait ordonné' (du Royaume-Uni), avec une discussion sur la future relation", a-t-il insisté. La position officielle depuis de longues semaines de l'Union européenne.

| Lire aussi : Brexit : l'épineuse question de la période de transition

Michel Barnier a souhaité que ce nouveau round de pourparlers qui s'ouvre lundi à Bruxelles permette aux Britanniques de "traduire" le discours donné par la Première ministre Theresa May vendredi "dans des positions précises de négociations". Sur la question d'une période de transition de deux ans, évoquée par la Première ministre pour la première fois à Florence, il a assuré que cela passait par un "accord préalable" sur les trois sujets prioritaires fixés: le droit des citoyens, l'Irlande et le réglement financier.

Cette période de transition, demandée par le Royaime-Uni, devra se faire selon lui sous le régime des règles communautaires. "S'il s'agit durant cette période de maintenir la participation du Royaume-Uni au marché unique et à l'Union douanière (...), et aux politiques qui accompagnent le marché unique, il est clair que la totalité de l'architecture de régulation européenne, -- (sa mise en oeuvre), les conditions financières, la supervision, tout cela sera maintenu dans cette période-là sans exception", a asséné Michel Barnier.

(Avec AFP)

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a écrit le 27/09/2017 à 10:18 :
Toujours difficile de ne pas se faire censurer ses messages contre cette UE, c'est vrai que la haine envers les anglais de nos prêtres néolibéraux est tellement plus saine...

Bad England ! Bad, bad, bad...
a écrit le 26/09/2017 à 19:09 :
Pourquoi faire des concessions? L'UE à besoin des anglais? Non. Le Royaume Unis à besoin de l'UE? Oui!
Tout est résumé. Ils partent, soit! S'il veulent un accord commercial c'est à nos conditions.
a écrit le 26/09/2017 à 12:24 :
J'étais en Angleterre ce week-end. Et en discutant avec des gens, je me suis aperçu que beaucoup d'Anglais ont voté pour le Brexit car la domination Allemande exacerbée de l'Europe passait très mal. Il ne veulent pas d'un commandement Allemand qui a bien failli arriver par 2 fois déjà. Il ont voté massivement pour le Brexit pour pouvoir récupérer leur souveraineté, leur pouvoir de décision. Tant et tant de chose que le peuple français n'a toujours pas compris....
Et au milieu de la discussion je lance : do you know about Asselineau in France?
On me répond : yes of course the Frexit Man!
CQFD....
a écrit le 25/09/2017 à 22:59 :
... un feuilleton qu'on va nous infliger pendant des années !
a écrit le 25/09/2017 à 21:31 :
Je découvre l'extrême compétence de Mr Barnier qui est un négociateur plus que crédible.
Je trouve qu'il gère de manière remarquable, sans se laisser enfumer par les effets d'annonce. Sa démarche est claire et sa ligne constante. On ne peut pas dire la même chose du négociateur anglais.
Réponse de le 26/09/2017 à 11:30 :
@papi mougeon: quand on ne parle pas anglais et qu'on a qu'une seule source d'information, il est difficle de juger. Le fait est que le Royaume-Uni ne paiera pas 100 milliards de divorce. Que Theresa May accepte de continuer à contribuer pendant 2 ans à l'UE me parait plus raisonnable que de vouloir lui faire payer les projets pharaoniques des prochaines décennies qui ne profiteront pas aux Britanniques. Avec les Français, je pense qu'elle devrait la jouer sur le même terrain, à savoir l'annulation pure et simple des engagements précédents comme l'ont fait Hollande avec les Mistral et Macron avec STX :-)
a écrit le 25/09/2017 à 21:15 :
A continuer comme cela, DD ferait mieux d'aller bientôt quémander des tickets de métro et jouer de la guitarre sur le Boul'Mich...!
a écrit le 25/09/2017 à 21:02 :
Je crois qu'il ne faudrait pas oublier que c'est l'Angleterre qui a souhaité partir, pas l'union européenne qui l'a virée. Partant de là, les renvoyer dos à dos est un peu exagéré.

Et quand les négociateurs auront une pression trop forte pour eux, ça bougera. Pour l'instant je ne vois pas pourquoi ils se coucheraient, que ce soit l'un ou l'autre.
a écrit le 25/09/2017 à 19:49 :
Comment ça « l'UE campe sur ses positions » ?
Voilà un titre partisan qui suppose que l'UE par entêtement idéologique, ne fait aucun effort.
Mais la vérité occultée par cet article, c'est que le RU n'est pas en position de réclamer quoique ce soit. Tout le monde sait que le RU est prêt à payer son accès au marché unique au prix fort, alors il n'y a pas de concessions à faire. Alors peut-être que dans le monde des bisounours , l'UE ferait des concessions pour être sympa mais là on est dans le monde réel.
Réponse de le 26/09/2017 à 6:33 :
Eh oui, La Tribune n'est pas encore complètement dé-Romaric-Godin-isée.

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