Brexit : clap de fin pour Theresa May, la Première ministre britannique démissionnera le 7 juin

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La Première ministre britannique Theresa May.
La Première ministre britannique Theresa May. (Crédits : HANNAH MCKAY)
La Première ministre britannique Theresa May a annoncé ce vendredi sa démission, suite à son échec à faire adopter son plan de retrait de l'Union européenne. Son successeur sera nommé d'ici le 20 juillet.

[Article publié le vendredi 24 mai à 11h23. Mis à jour le vendredi 24 mai à 15h10 avec la date de la nomination du successeur de Theresa May]

Clap de fin pour Theresa May. C'est la voix étranglée par l'émotion que la Première ministre britannique a précisé qu'elle démissionnerait de ses fonctions de cheffe du Parti conservateur - et donc de cheffe du gouvernement - le 7 juin, dans une allocution prononcée devant le 10, Downing Street. Elle a exprimé, au bord des larmes, "un profond regret de ne pas avoir été capable de mettre en oeuvre le Brexit" . Sa voix s'est cassée au moment de terminer sa brève déclaration en proclamant son "amour" pour son pays, la dirigeante masquant l'émotion qui la submergeait en faisant volte-face pour se diriger vers ses bureaux.

Le successeur de la Première ministre britannique Theresa May, qui a démissionné vendredi, sera nommé d'ici la pause parlementaire le 20 juillet, a annoncé son Parti conservateur dans un communiqué. Le Parti conservateur, dont le chef est traditionnellement le Premier ministre, tiendra une succession de votes des députés tories afin de déterminer deux candidats qui seront ensuite soumis au vote des militants. Le mandat de Theresa May, aux airs de chemin de croix tant elle a rencontré d'adversité, de critiques voire de complots au sein de son propre parti, restera comme l'un des plus courts de l'histoire des Premiers ministres britanniques depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Un accord rejeté à trois reprises

Avant d'entrer en fonction, son successeur devra être élu à la tête du Parti conservateur, puis être nommé officiellement à la tête du gouvernement par la reine Elizabeth II. L'ancien ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, champion des Brexiters, fait partie des favoris pour la remplacer. Theresa May avait pris la tête de l'exécutif en juillet 2016, peu après que les Britanniques eurent voté à 52% en faveur du Brexit lors du référendum du 23 juin 2016, succédant à David Cameron.

Mais cette fille de pasteur de 62 ans, ancienne ministre de l'Intérieur, n'est pas parvenue à rallier derrière sa vision de la sortie de l'UE une classe politique profondément divisée sur la question, à l'image de la société britannique. L'accord de divorce qu'elle a âprement négocié avec Bruxelles a été rejeté à trois reprises par les députés, ce qui a contraint l'exécutif à repousser au 31 octobre au plus tard le Brexit, alors qu'il était initialement prévu le 29 mars, et à organiser les élections européennes en catastrophe. Le scrutin, qui s'est tenu jeudi au Royaume-Uni, s'annonce calamiteux pour les tories, qui termineraient à une humiliante cinquième place (7%), 30 points derrière le Parti du Brexit du sulfureux europhobe Nigel Farage, selon un sondage YouGov.

Dans une impasse

Mardi, Theresa May avait présenté un plan de la "dernière chance" pour tenter de reprendre le contrôle de ce processus. En vain: le texte a fait l'objet d'un déluge de critiques tant de l'opposition travailliste que des eurosceptiques de son propre parti, entraînant ainsi la démission mercredi soir de la ministre chargée des relations avec le Parlement, Andrea Leadsom.

Le projet de loi, que Theresa May comptait faire voter la semaine du 3 juin, ne figurait pas au programme législatif annoncé jeudi par le gouvernement aux députés. Ce plan prévoit une série de compromis, dont la possibilité de voter sur un second référendum et le maintien dans une union douanière temporaire avec l'UE, pour tenter de rallier la majorité des députés.

Mais en lâchant du lest, Theresa May a hérissé les eurosceptiques de son camp. Le départ d'Andrea Leadson a fini de saper l'autorité de Mme May, qui a vu partir au fil des mois une trentaine de membres de son gouvernement. Reste que la tâche de détricoter plus de 40 ans de liens avec l'UE n'avait rien de facile, souligne Simon Usherwood, politologue de l'Université de Surrey, interrogé par l'AFP. "Quiconque dans sa position aurait rencontré de grandes difficultés", ajoute-t-il. "L'Histoire ne retiendra pas d'elle une image favorable", juge-t-il malgré tou

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a écrit le 25/05/2019 à 16:00 :
Elle à fait son job et passe le relais à quelqu un qui réclamera du temps à l UE et celle ci le lui accordera bien volontiers car c est son intérêt .
A part Macron qui n a rien compris ou qui fait semblant car il est évident que sa troupe fraîchement élue se ralliera à Junker ou à un de ses sbires certainement allemand car notre premier ministre dit s être battu pour que le parlement reste à Strasbourg donc la contrepartie c est le ralliement .....
a écrit le 25/05/2019 à 8:08 :
Clap de fin pour l'Angleterre plutôt!
a écrit le 24/05/2019 à 21:33 :
Theresa May a été une dirigeante qui a fait du mieux qu'elle le pouvait. Comment ménager la chèvre et le choux quand personne ne veut faire de compromis?
Boris Johnson va certainement hériter du poste de premier ministre, il va découvrir que le rôle d'opposant est plus confortable, il aura en face de lui des opposants qui ne se priveront pas de lui savonner la planche.
a écrit le 24/05/2019 à 19:56 :
La démission de Mme May est l’aboutissement logique de la politique perfide qu’elle a menée pendant 3 ans pour contourner la volonté souveraine du peuple britannique de se libérer pour de bon de l’Union européenne et comme l' analyse F Asselineau tête de liste de "Ensemblepourlefrexit" dans son dossier du jour.

Tout au long de son passage au 10 Downing street, cette ancienne ministre de l’Intérieur qui avait appelé à voter contre le Brexit s’est en effet ingéniée, avec le concours des forces européistes, à dénaturer le résultat du référendum de 2016, telle Pénélope défaisant la nuit la tapisserie qu’elle avait filée le jour.

L’UPR espère que le prochain Premier Ministre britannique tirera les conséquences de l’exaspération de la majorité des Britanniques et procèdera au plus vite à un Brexit sans accord.

Toutes les péripéties survenues outre-Manche depuis trois ans montrent que, contrairement à ce qui est communément affirmé, les Britanniques ayant voté pour le Brexit n’ont nullement changé d’avis et que ce qui est difficile n’est pas de sortir de l’Union européenne mais d’obtenir que les européistes se plient aux résultats du suffrage universel.
a écrit le 24/05/2019 à 18:47 :
Dommage qu'elle n'ait pas démissionné dès le 29 mars : pour laisser ses opposants à leurs responsabilités autant que pour prendre acte de son échec. Tout ça pour sans doute dissoudre bientôt la Chambre des Députés, après avoir élu, en plus, des parlementaires européens...
a écrit le 24/05/2019 à 18:30 :
N'est pas THATCHER qui veut !
a écrit le 24/05/2019 à 16:06 :
Avec le parlement actuel, Boris Johnson n'a aucune chance de faire voter aucune décision sur le brexit, que ce soit sans accord, ou avec l'accord déjà négocié. La seule solution pour sortir de ce guêpier si lui et le parlement refusent un second référendum, c'est des législatives anticipées et que celles-ci donnent une majorité en faveur de l'une des trois-ou quatre options (brexit sans accord, avec l'accord négocié, nouveau référendum -sur le brexit ou éventuellement sur l'accord négocié, arrêt de la procédure de brexit).
a écrit le 24/05/2019 à 15:23 :
Quelles que soient les conséquences le vote des Britanniques doit être respecté.Ils doivent sortir de l'UE avant la fin d'octobre . Même si les responsables allemands montent aux rideaux à cette. idée.T.May s'est battue avec courage mais les politiciens anglais qui dirigent la Grande Bretagne sont trop médiocres .
a écrit le 24/05/2019 à 14:34 :
ouh le méchant... EH non, le peuple britannique est souverain et a eu l'occasion de s'exprimer. Maintenant les politiciens de tout poil font perdre et du temps et de l'argent aux contribuables européens en faisant durer ces "négociations". Ils veulent partir, qu'ils partent et en subissent les conséquences. Il y a d'autres sujets sur lesquels la commission européenne pourrait plancher urgemment.
Réponse de le 24/05/2019 à 16:14 :
le peuple britannique a eu l'occasion de s'exprimer, oui... et de façon particulièrement peu nette (participation de 72% et 51,9% de ces 72% pour le "leave", soit une majorité "écrasante" de 37,4% du corps électoral pour le brexit). Devant une telle absence de majorité qualifiée, le fait que 2 des 4 nations du Royaume-Uni (Ecosse et Irlande du Nord) aient rejeté le "leave", que la région de Londres l'a fait aussi massivement, un second référendum n'aurait rien d'illégitime. Et pourquoi pas deux référendums, l'un pour confirmer ou infirmer celui de 2016, le second, en cas de confirmation du "leave", pour décider de sortir avec l'accord négocié ou sans accord, sur la base d'un pays tiers au sens de l'OMC ?
Réponse de le 24/05/2019 à 17:35 :
c est bien de ramener le % de brexiter aux nombre de votants. mais si 37 % ont vote pour le brexit, c est encore plus que ceux qui ont vote contre (33 %?)

Et il est delciat de dire qu etous ceux qui se sont abstenu etaient contre le brexit. certains etaient pour, d autre contre ou tout simplement s en moquaient. D aillerus je suis pas sur qu un second referendum comme reclame par certains donnent un Resultat vraiment different du premier. regardez qui semble etre vainqueur des elections pour le parlement en GB : Farage ! le plus anti UE des anglais avec un parti qui n exitait pas il y a 6 mois !!!
Réponse de le 29/05/2019 à 21:59 :
@@bruno_bd : Verts+LibDem, clairement anti-brexit, ont fait plus ensemble que le parti du brexit, Farrage n'a donc rien gagné du tout. Conservateurs et travaillistes ont été ambigus sur le brexit, c'est ça qui les a plombés.
a écrit le 24/05/2019 à 14:06 :
Une Femme Formidable.
Elle a vraiment tout essayé, POUR SON PAYS.
Qu'elle laisse sa bande politique de traitres, d'intolérants, comploteurs, patentés,
se repose bien, et soit heureuse.

Pdt Macron a été excessivement intolérant et méchant à son égard, et le seul des 27.
Réponse de le 24/05/2019 à 17:28 :
Une femme formidable qui c'est fait manipulé par tout le monde! Elle n'a servit que d'interface par ceux qui n'ont pas voulue se mouiller!
a écrit le 24/05/2019 à 13:13 :
Beau boulot, dommage qu’elle soit anglaise on aurait bien besoin de politiciens intelligents, compétents et donc souverainistes.
a écrit le 24/05/2019 à 13:07 :
vive l'Ecosse libre ^^

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