Brexit : Londres se prépare à participer aux élections européennes le 23 mai
Reuters

Theresa May, UE, Brexit
Reuters
Reuters

Theresa May, UE, Brexit
Reuters
[Article publié le 08.04.2019, mis à jour le 09.04 à 10h09 avec les derniers rebondissements]
Cette semaine s'annonce décisive. À quatre jours du Brexit, initialement prévu le 29 mars mais repoussé au 12 avril, Theresa May se débat pour trouver une solution transpartisane permettant de faire sortir son pays de l'Union européenne avec un accord approuvé par le Parlement. La cheffe du gouvernement a estimé le week-end dernier qu'il y avait désormais un choix clair pour le Royaume-Uni : sortir de l'Union européenne avec un accord, ou ne pas quitter le bloc du tout.
Le président français Emmanuel Macron recevra ce mardi à 18h00 Theresa May, attendue également à Berlin pour rencontrer la chancelière allemande Angela Merkel, à la veille du conseil européen extraordinaire qui se tiendra à Bruxelles. Elle y défendra notamment un report du Brexit jusqu'au 30 juin 2019.
Dans cette perspective, Londres a ainsi pris lundi soir les mesures légales requises pour participer aux élections européennes, le 23 mai. Dans le même temps, la Chambre des Lords a approuvé une proposition de loi donnant au Parlement le pouvoir d'examiner, voire de modifier, le projet de report du Brexit de Theresa May. Ils ont également réaffirmé leur refus du "no-deal".
Theresa May, qui a échoué à trois reprises à faire adopter par la Chambre des communes l'accord de retrait qu'elle a négocié avec Bruxelles, s'est tournée la semaine dernière vers l'opposition travailliste dans l'espoir de sortir de l'impasse actuelle. Un virage à 180° dans la stratégie de la dirigeante conservatrice.
Le chef de file du Labour, Jeremy Corbyn, avait fait savoir samedi qu'il attendait de voir bouger les "lignes rouges" fixées par la dirigeante conservatrice. Selon le Sunday Times, le gouvernement britannique pourrait inscrire dans la loi un accord douanier avec l'UE dans le but de convaincre les Travaillistes de soutenir un accord sur le Brexit. Mais le gouvernement n'a pas encore donné les engagements nécessaires, a expliqué Jeremy Corbyn à la presse :
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Le chef de la diplomatie britannique (Foreign Office), Jeremy Hunt, l'admet : "les discussions engagées ne sont pas faciles". Des discussions techniques ont bien eu lieu lundi soir entre le parti d'opposition et les Tories, mais sans déboucher sur une issue politique.
Lors du sommet extraordinaire à Bruxelles mercredi, les Vingt-Sept examineront notamment la demande de Theresa May de reporter la date du Brexit au 30 juin, avec la possibilité pour le Royaume-Uni de se retirer plus tôt si un accord est trouvé.
Ironie de la situation, le gouvernement britannique a été contraint d'annoncer lundi soir qu'il organiserait des élections européennes le 23 mai, près de trois ans après le référendum de 2016.
En théorie, selon le dernier calendrier qu'ils ont fixé, le Brexit doit donc intervenir le 12 avril, puisque la Chambre des communes, malgré trois tentatives, n'a toujours pas réussi à dégager une majorité sur l'Accord de retrait. Si cet Accord finit par être ratifié avant le 12 avril, la date du Brexit serait, toujours en théorie, reportée au 22 mai.
--
[Les législateurs britanniques ont rejeté l'accord de retrait pour la troisième fois le 29 mars - le jour même où le Royaume-Uni était censé quitter l'Union européenne. Crédits : Reuters]
Le député conservateur britannique Jacob Rees-Mogg, un des chefs de file des "Brexiters", a dénoncé dimanche l'incapacité de la Première ministre Theresa May à tenir ses promesses et menacé de mener la vie dure à l'Union européenne si le Royaume-Uni devait en rester membre. Il a notamment suggéré que Londres oppose son veto au budget pluriannuel européen.
À lire également
L'élu conservateur, qui préside le groupe eurosceptique ERG au sein du Parti conservateur de Theresa May, a aussi promis de s'opposer au projet d'intégration européenne accrue porté par le président français Emmanuel Macron.
Reuters