Déroutement d'un Boeing de Ryanair : la Biélorussie évoque une menace du Hamas

Face au tollé provoqué par le détournement sur l'aéroport de Minsk dimanche d'un Boeing 737 de Ryanair avec un opposant politique à bord, les autorités bélarusses estiment ces accusations sans fondement. Ce lundi, elles ont expliqué ce que le vol avait été menacé dans un email se proclamant de l'organisation palestinienne Hamas.

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(Crédits : ANDRIUS SYTAS)

Face au tollé provoqué par le détournement sur l'aéroport de Minsk dimanche d'un Boeing 737 de Ryanair avec un opposant politique à bord, les autorités bélarusses estiment ces accusations sans fondement. Ce lundi, elles ont expliqué ce que le vol avait été menacé dans un email se proclamant de l'organisation palestinienne Hamas.

"Nous, soldats du Hamas, réclamons qu'Israël cesse le feu sur le secteur de Gaza. Nous réclamons que l'Union européenne cesse son soutien à Israël (...) si nos revendications ne sont pas satisfaites une bombe explosera (à bord de l'avion de Ryanair) au-dessus de Vilnius", a dit le directeur du transport aérien au ministère biélorusse des Transports, Artem Sikorski, affirmant lire une traduction en russe du message reçu en anglais.

"Pas d'ingérence"

Pour la Lituanie, il n'y a pas de déroutement et encore moins de détournement. L'équipage du vol de Ryanair a lui-même décidé d'atterrir à Minsk "sans ingérence" après avoir été informé d'une alerte à la bombe, ont affirmé lundi les autorités bélarusses.

"La décision a été prise par le commandant de l'équipage sans ingérence extérieure", a indiqué Igor Goloub, commandant de l'armée de l'air.

Fermeture de l'espace aérien

Ces déclarations interviennent alors que la Lituanie avait annoncé un peu plus tôt qu'elle n'autoriserait aucun vol, ni vers ni depuis son territoire, traversant l'espace aérien bélarusse.

"Tout vol vers ou depuis les aéroports lituaniens via l'espace aérien bélarusse est interdit" à partir de mardi, a déclaré le ministre des Transports Marius Skuodis lors d'une réunion gouvernementale à Vilnius.

Certaines compagnies avaient déjà pris la décision d'éviter l'espace aérien biélorusse. C'est le cas de la compagnie aérienne régionale AirB altic, basée en Lettonie, "jusqu'à ce que la situation devienne plus claire ou qu'une décision soit rendue par les autorités". Suivant les recommandations de l'autorité nationale de transport aérien suédoise, SAS a également fait de même. Le Royaume-Uni a également demandé à toutes ses compagnies d'éviter de survoler le Bélarus.  Ce lundi, un vol de Lufthansa reliant Minsk à Francfort a été retardé en raison d'une "alerte de la sécurité" nécessitant des vérifications, avant de pouvoir finalement décoller.

Crise diplomatique

L'affaire provoque une crise diplomatique avec l'Union européenne. Le service diplomatique européen a convoqué l'ambassadeur de la Biélorussie auprès de l'UE pour lui faire part de la condamnation des institutions européennes et des Etats membres du déroutement "inadmissible" d'un avion vers  Minsk et de l'arrestation d'un opposant bélarusse, selon un communiqué diffusé lundi.

Un sommet des Vingt-Sept doit discuter lundi soir de nouvelles sanctions contre le régime du président Alexandre Loukachenko à la suite de cet incident.

L'ambassadeur biélorussse auprès de l' UE, Alexandre Mikhnevitch, qui est également le représentant de son pays auprès de la Belgique, a aussi été convoqué par la ministre belge des Affaires étrangères Sophie Wilmès.

Cette dernière a déclaré lui avoir rappelé "le soutien (de la Belgique) aux aspirations démocratiques des Biélorusses".

Sanctions en vue

L'action de la Biélorussie a "mis en danger la sécurité des passagers et de l'équipage", dénonce l'UE dans son communiqué, qui fustige également "une nouvelle tentative flagrante de faire taire toutes les voix d'opposition" dans cette ex-république soviétique. L'UE demande une nouvelle fois la "libération immédiate" de l'opposant arrêté, Roman Protassevitch.

La France avait convoqué dès dimanche l'ambassadeur de Biélorussie à Paris pour protester contre l'incident.

 De son côté, l'Elysée a indiqué que La France travaillait avec les autres Etats membres de l'Union européenne à un paquet de mesures à l'encontre de la Biélorussie. Parmi les mesures envisagées figurent la suspension des survols du territoire biélorusse par les compagnies aériennes, l'interdiction d'atterrissage de la compagnie biélorusse Belavia dans les aéroports européens et la suspension des transits, y compris terrestres, de la Biélorussie vers l'Union européenne, précise la présidence française.

"Du côté français, nous sommes donc en phase d'expertise et n'excluons aucune piste", a indiqué l'Elysée.

La présidence ajoute que l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) a été saisie d'une demande d'enquête sur l'incident, qui a suscité un tollé international. Pour l'OACI, l'atterrissage forcé  pourrait être une violation de la Convention de Chicago, qui protège la souveraineté de l'espace aérien des nations.

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Commentaire 1
à écrit le 25/05/2021 à 0:12
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"une nouvelle tentative flagrante de faire taire toutes les voix d'opposition"... Facebook et Twitter censurent les voix de l'opposition en France sans que le gouvernement ne lève le petit doigt. Alors qu'il serait si facile de bloquer l'accès à leur...

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