Le 23 février, les Allemands se rendront aux urnes à l’occasion des élections fédérales anticipées. Le parti porté par Sahra Wagenknecht nouvellement crée a réussi à bousculer l'échiquier politique à gauche. La Tribune revient sur le programme de la candidate.Sahra Wagenknecht va-t-elle changer le paysage politique allemand ? Cette ancienne élue du parti de gauche Die Linke a formé il y a un peu moins d'un an BMW (« Bündnis Sahra Wagenknecht ») pour « l'alliance Sahra Wagenknecht ». Un parti de gauche radicale qui a déjà vécu des premiers succès électoraux. Il a notamment accédé à la troisième place dans trois scrutins régionaux dans l'est de l'Allemagne l'été dernier et a même remporté six sièges aux dernières élections européennes.
Reste à savoir s'il pourra effectuer une percée aux élections fédérales ce dimanche. Les sondages créditaient Sahra Wagenknecht de 10 % des voix en septembre. Mais les pronostics se sont réduits dernièrement à 4,6 %. Un score qui serait insuffisant pour atteindre le mur des 5 % nécessaires afin d'être représenté au Bundestag, l'assemblée parlementaire allemande.
Mais l'élue de 55 ans, ancienne communiste et habituée des talk-shows télévisés, a réussi à bousculer les élections et la gauche allemande avec une ligne politique clivante, à la fois anticapitaliste, anti-immigration, pacifiste et même qualifiée de prorusse.
Une ligne économique pro sociale
Sahra Wagenknecht a grandi dans l'ancienne RDA communiste, née d'un père iranien et d'une mère allemande. « C'est une marxiste très affirmée, qui au sein du parti Die Linke était sur une ligne très dure », analyse Paul Maurice, secrétaire général du Comité d'études des relations franco-allemandes (Cerfa) à l'Ifri. Parmi les principaux points de son programme économique, le parti insiste sur la question sociale. Il souhaite des salaires plus équitables, taxer les plus riches et baisser les impôts pour les populations les plus pauvres. Il veut également réformer le frein à l'endettement, qui est devenu « un frein à l'investissement ».