En plein marasme, le patronat allemand met la pression sur le futur gouvernement
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JOACHIM HERRMANN
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Au lendemain de la victoire étriquée de Friedrich Merz aux élections anticipées, l'horizon économique demeure plus que jamais bouché outre-Rhin. En février, le moral des entrepreneurs allemands est resté atone, confirmant la stagnation d'une économie toujours en attente d'un rebond. L'indice IFO, baromètre clé du climat des affaires, s'est maintenu à 85,2 points, un niveau inchangé par rapport à janvier, signe que la première économie européenne peine à retrouver un élan.
« L'économie est restée en attente », confirme Clemens Fuest, président de l'Institut IFO, qui sonde chaque mois 9 000 chefs d'entreprise. Un constat qui tombe à point nommé, au lendemain des élections législatives anticipées. « Ce lundi est un bon moment pour la publication de cet indicateur, car il souligne que l'Allemagne est profondément en crise et que des réformes favorables à la croissance sont urgentes », insiste Jens-Oliver Niklasch, économiste chez LBBW. Après deux années consécutives de récession, un retournement de tendance semble encore lointain.
Conscients de l'urgence, les milieux d'affaires appellent à la formation rapide d'un gouvernement capable d'engager des réformes structurelles. « L'Allemagne a besoin d'un exécutif prêt à agir, et vite », exhorte Christian Sewing, président de l'Association des banques allemandes et patron de Deutsche Bank. Il insiste sur la nécessité d'un « nouveau départ » économique, fondé sur des réformes profondes.
Même son de cloche du côté de Siemens Energy. « L'Allemagne doit regagner en compétitivité sans tarder, et les partis centristes doivent s'accorder sur une coalition aussi vite que possible », plaide Christian Bruch, son directeur général. Pour lui, l'enjeu énergétique est prioritaire : « Il faut accélérer le développement des centrales à gaz, de l'éolien et moderniser les réseaux électriques, tout en sécurisant l'accès aux matières premières. »
Les chiffres traduisent l'ampleur du malaise. Selon un sondage de la Chambre de commerce et d'industrie allemande (DIHK), 60 % des entreprises placent les conditions économiques en tête des risques pesant sur leur activité, un record. Parmi les principales préoccupations : la lourdeur bureaucratique, mais aussi le coût du travail et de l'énergie, parmi les plus élevés d'Europe.
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Le risque d'une perte prolongée de compétitivité inquiète particulièrement le tissu industriel, pilier de l'économie allemande. Une désindustrialisation accélérée pourrait fragiliser un modèle économique longtemps envié. Face à l'inaction des pouvoirs publics, les entreprises allemandes tirent la sonnette d'alarme. Reste à voir si le futur gouvernement répondra à ces attentes avec la célérité requise.
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