ITA Airways : Mario Draghi sommé d'accélérer le rachat par Lufthansa et MSC
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Un avion ITA Airways à l'aéroport romain de Fiumicino en mars.
Reuters
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Un avion ITA Airways à l'aéroport romain de Fiumicino en mars.
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Le projet de rachat de la principale compagnie aérienne italienne ITA Airways patine et cela agace les candidats repreneurs. A commencer par l'allemand Lufthansa. Son patron a prévenu jeudi que sa patience n'était « pas illimitée » dans ce dossier. Signe de son agacement, une lettre a été envoyée en ce sens au Premier ministre italien Mario Draghi pour hâter le processus.
Présentée comme favorite au rachat, la compagnie allemande Lufthansa s'est alliée au géant du transport maritime MSC pour présenter son offre de reprise d'ITA Airways, née en octobre 2021 au pire de la pandémie des cendres de l'ancienne compagnie nationale italienne Alitalia. Mais ITA Airways se trouve déjà en difficulté. Parmi les offres concurrentes figurent celles du fonds américain Certares, associé à Air France-KLM et Delta Airlines.
Alors que la proposition de rachat MSC-Lufthansa a été soumise dès janvier, le dossier d'acquisition d'ITA Airways paraît s'enliser depuis le déclenchement de la crise politique italienne. Les dissensions internes à la coalition d'union nationale ont abouti le 21 juillet à la démission du gouvernement de Mario Draghi, ouvrant une phase politiquement instable de campagne électorale jusqu'aux élections législatives de la rentrée. Outre ITA Airways, l'Italie a de sérieux problèmes économiques à gérer, ne serait-ce que l'envolée des taux de sa dette, la nécessité vitale pour son industrie de trouver des alternatives au gaz russe pour l'hiver et le rebond de l'inflation.
« Nous avons envoyé une lettre à M. Draghi pour dire qu'à notre avis il faut aller vite et que notre patience n'est pas illimitée », a déclaré le PDG de Lufthansa Carsten Spohr lors d'une conférence par téléphone.
En réponse, Rome affiche sa volonté de trancher la question du futur propriétaire de sa compagnie. « Je n'ai pas l'intention de laisser cette question au prochain gouvernement, nous devons faire notre devoir jusqu'au bout », s'est engagé celui qui est encore Premier ministre pour quelques semaines, Mario Draghi, devant la presse à Rome. Les deux candidats concurrents « seront invités à formuler d'autres propositions dans les jours à venir », a confirmé le ministre de l'Économie Daniele Franco.
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Dans l'opposition, les partis prétendant au pouvoir observent avec attention ce dossier économique qu'ils devront peut-être gérer. La présidente du parti d'extrême droite Fratelli Italia Giorgia Meloni a réclamé à Mario Draghi de ne pas hâter cette décision.
Avec l'arrivée d'un nouveau gouvernement en septembre, « tout peut changer et la relance de notre compagnie aérienne nationale » reviendra « à celui qui gouvernera », a lancé Giorgia Meloni, candidate au poste de Premier ministre, en forme de promesse électorale.
La cession d'ITA Airways se heurte au choix du gouvernement Draghi de conserver, après le rachat, une part minoritaire d'ITA Airways. Néanmoins, le temps presse. La situation financière d'ITA Airways sur un marché ultra-concurrentiel rend la compagnie fragile, alors que son ancêtre Alitalia avait longtemps cherché à se rapprocher d'une compagnie étrangère plus solide pour assurer sa pérennité. Sans succès. « ITA a besoin d'un partenaire et nous pensons être le bon. (...) ITA n'a pas beaucoup de temps (...) et est trop petit pour survivre seul », a insisté le PDG de Lufthansa en forme d'avertissement.
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L'inquiétude est partagée par le syndicat italien Filt CGIL. « ITA seule ne va nulle par (...). La solution de MSC et Lufthansa est la bonne sur le plan industriel », s'est positionné le secrétaire national du syndicat Filt CGIL Fabrizio Cuscito qui somme le gouvernement de prendre une décision rapide et favorable au rachat.
(Avec AFP)
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