L'Italie va provisionner 17 milliards d'euros pour la restructuration bancaire

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Les dépôts [des épargnants] resteront pleinement protégés, a assuré la Commission européenne, pour laquelle il ne s'agit nullement d'un sauvetage, mais d'une aide d'Etat servant à atténuer les effets d'une sortie du marché d'une banque.
"Les dépôts [des épargnants] resteront pleinement protégés", a assuré la Commission européenne, pour laquelle il ne s'agit nullement d'un sauvetage, mais d'une "aide d'Etat servant à atténuer les effets d'une sortie du marché d'une banque". (Crédits : Alessandro Bianchi)
Le gouvernement italien a entamé dimanche la procédure de liquidation de de Banca Popolare di Vicenza et de Veneto Banca. Leurs actifs vont être scindés entre actifs sains et créances douteuses, a déclaré le ministre italien de l'Economie. L'offre d'Intesa Sanpaolo, la première banque de détail du pays, pour les actifs sains, a été considérée comme la meilleure. L'Etat italien versera 5,2 milliards d'euros à Intesa et lui apportera jusqu'à 12 milliards d'euros de garanties.

Rome a entamé dimanche la procédure de liquidation des banques vénétiennes Banca Popolare di Vicenza et de Veneto Banca dans le cadre d'un montage qui prévoit le transfert des actifs sains des établissements à Intesa Sanpaolo et qui pourrait coûter jusqu'à 17 milliards d'euros à l'Etat. La Commission européenne a annoncé dimanche soir qu'elle autorisait l'aide de l'Etat italien "pour faciliter la liquidation" de deux banques régionales en difficultés.

L'Etat italien versera 5,2 milliards d'euros à Intesa et lui apportera jusqu'à 12 milliards d'euros de garanties. Intesa San Paolo a précisé que l'opération, qui inclut un certain nombre d'autres établissements comme Banca Apulia et Banca Nuova ainsi des banques en Moldavie, en Croatie et en Albanie, n'impacterait ni son ratio de fonds propres Tier 1, ni sa politique du dividende. Elle a ajouté qu'elle pourrait également déboucher sur la fermeture d'environ 600 agences et sur le départ volontaire de quelque 3.900 salariés.

La banque, la mieux capitalisée de la péninsule, a ajouté qu'elle reprenait pour environ quatre milliards de prêts à haut risque qu'elle pourra toutefois rétrocéder d'ici fin 2020 s'ils se transformaient en prêts non performants. Elle a également a fait savoir que le contrat d'acquisition des deux établissements serait déclaré nul si le décret d'urgence adopté pour la liquidation des deux banques vénètes ne prenait pas force de loi ou s'il était modifié de telle manière que l'opération devienne pour elle plus coûteuse.

Pas un sauvetage pour la Commission européenne

"Les dépôts [des épargnants] resteront pleinement protégés", a assuré la Commission européenne, pour laquelle il ne s'agit nullement d'un sauvetage, mais d'une "aide d'Etat servant à atténuer les effets d'une sortie du marché d'une banque".

Banca Popolare di Vicenza et Veneto Banca "seront liquidées d'une manière ordonnée et sortiront du marché, tandis que les activités transférées seront restructurées et réduites de façon significatives par Intesa", a ajouté la Commission, qui est la gardienne de la concurrence en Europe.

"L'Italie considère que cette aide d'Etat est nécessaire pour éviter des troubles économiques dans la région de Vénétie résultant de la liquidation" des deux établissements, "qui sortent du marché après une longue période de graves difficultés financières", a expliqué la commissaire chargée de la Concurrence, Margrethe Vestager, dans le communiqué.

Alors que le système bancaire italien a suscité de vives inquiétudes l'an passé en raison de l'importance dans son portefeuille des créances douteuses mais aussi de son éclatement - la péninsule compte près de 700 établissements -,  Margrethe Vestager, y voit un autre avantage à l'intervention de l'Etat italien : "Ces mesures vont retirer pour 18 milliards d'euros des prêts non performants du secteur bancaire italien et contribuer à sa consolidation."

(avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 26/06/2017 à 19:06 :
C'est peut être les effets de l'application des règles du MES, ou c'est le plan de réduction des créances douteuses de la Commission Européenne ?
Cession ou réduction, en tous cas cela ressemble à un nettoyage des bilans.
Le ration de créances douteuses (NPL) est à 16 % en Italie, donc l’Etat refinance des banques, les banques elles mêmes détiennent des dettes souveraines, à hauteur de 10 % en Italie... ça devient compliqué.

Peut être un impact positif sur les banques Françaises qui étaient très exposées en Italie ?

Voir l'excellente lettre Eco de la BNP au sujet des NPL Italiennes.
a écrit le 26/06/2017 à 12:20 :
renflouer une banque oui
mais a condition que les anciens dirigeants soit exclu
et surtout mis au chomage pour le reste de leur vie
et qu'il rembourse au moyen de la saisie de leur bien
Réponse de le 27/06/2017 à 10:57 :
Bonjour,

Voilà une opinion que je partage.
Effectivement, le fait de laisser "crever une banque" (comme c'est souvent évoqués dans les commentaires sur ce genre de sujet !), n'est pas simple. Parce que derrière ils y a des épargnants, des entreprises ... qui en dépendent.
Au final, cela finira immanquablement par coûter au public, une banque n'est pas une entreprise comme une autre.
Et je vous rejoins totalement sur le fait que les dirigeants doivent être tenus pour responsables, il n'est pas tolérable qu'ils en profitent quand cela va bien, et qu'ils soient épargnés dans le cas contraire.
a écrit le 26/06/2017 à 12:03 :
Draghi, ou est-il dans cette histoire?
a écrit le 26/06/2017 à 11:03 :
Comme le disait un président d'une république "irréprochable" en arrivant à l'élysée en 2007: "on va se gaver" (un joli coup: la taxe carbone).
Les italiens, dans le cas présent, et les français, depuis longtemps et pour longtemps encore, sont dans les mains de voyous bien organisés qui les volent en toute tranquillité (ou impunité, c'est au choix).
Le drame des français, c'est d'avoir une épargne conséquente (un bas de laine) qui attire les margoulins de tout poil...voyez les FOREX (options binaires), d'où ça vient, à qui ça rapporte et QUI laisse faire.....
a écrit le 26/06/2017 à 10:58 :
Plus de bail-out a t'on juré à Bruxelles...sauf si c'est bientôt les élections et que des pauvres petits emprunteurs risquent de perdre de l'argent.
Les responsables de cette banqueroute conservent leurs villas en Toscane et les cerfs combleront le trou. Quelle belle morale !
Vivement que les Allemands mettent fin à cette pseudo union bancaire.
Réponse de le 26/06/2017 à 13:46 :
Effectivement, à quoi sert l'union bancaire qui devait éviter aux états de mettre la main à la poche - enfin à la poche des contribuables et des épargnants ?
A rien ! Le coût pour le contribuable italien est estimé à 10 Md soit 0,6 % du PIB ( Sapir 24/06). Mieux vaut ne pas évoquer le cas de la DB, ce colosse aux pieds d'argile, documenté récemment sur Arte.
La reprise économique que l'on nous a vendu pendant la présidentielle est faible, comme en témoigne les encours de crédit, la rentabilité pour les banques est faible aussi malgré les tombereaux de liquidités déversées par la BCE : en cause, entre autres, les taux bas à court terme .
a écrit le 26/06/2017 à 10:11 :
LAISSEZ CREVER SES DEUX BANQUES
a écrit le 26/06/2017 à 9:04 :
Austérité pour les peuples, prospérité pour les milliardaires, a croire que c'est inscrit dans nos constitutions nationales et européennes. Ils ne vont pas hésiter par contre à dire oui pour une baisse des petites retraites ou des minimas sociaux, là sans hésiter.

Le néolibéralisme c'est l'individualisation des gains et la socialisation des pertes, c'est une honte, cette europe du fric est abjecte.

Vite un frexit.
Réponse de le 26/06/2017 à 17:02 :
Il me semble que dans cette affaire des 2 banques rachetées pour 1€ symbolique ,les actionnaires de ces 2 banques peuvent s'assoir royalement sur leurs actions puisque la banque qui rachète a refusée une augmentation de capital .

Ils ont " tout " perdu ...

Je ne vais pas les plaindre mais dans le néolibéralisme il y a des règles que vous semblez oublier , les riches aussi peuvent perdre !
Réponse de le 27/06/2017 à 14:16 :
"Je ne vais pas les plaindre mais dans le néolibéralisme il y a des règles que vous semblez oublier , les riches aussi peuvent perdre !"

Non ce ne sont pas des milliardaires qui ont tout perdu ce sont des gens naïfs aisés qui ont cru pouvoir gagner au casino sans arrêt.

Quand un milliardaire sera ruiné en néolibéralisme prévenez moi svp. Je suis tranquille...

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