L'Italie va provisionner 17 milliards d'euros pour la restructuration bancaire

Le gouvernement italien a entamé dimanche la procédure de liquidation de de Banca Popolare di Vicenza et de Veneto Banca. Leurs actifs vont être scindés entre actifs sains et créances douteuses, a déclaré le ministre italien de l'Economie. L'offre d'Intesa Sanpaolo, la première banque de détail du pays, pour les actifs sains, a été considérée comme la meilleure. L'Etat italien versera 5,2 milliards d'euros à Intesa et lui apportera jusqu'à 12 milliards d'euros de garanties.

3 mn

Les dépôts [des épargnants] resteront pleinement protégés, a assuré la Commission européenne, pour laquelle il ne s'agit nullement d'un sauvetage, mais d'une aide d'Etat servant à atténuer les effets d'une sortie du marché d'une banque.
"Les dépôts [des épargnants] resteront pleinement protégés", a assuré la Commission européenne, pour laquelle il ne s'agit nullement d'un sauvetage, mais d'une "aide d'Etat servant à atténuer les effets d'une sortie du marché d'une banque". (Crédits : Alessandro Bianchi)

Rome a entamé dimanche la procédure de liquidation des banques vénétiennes Banca Popolare di Vicenza et de Veneto Banca dans le cadre d'un montage qui prévoit le transfert des actifs sains des établissements à Intesa Sanpaolo et qui pourrait coûter jusqu'à 17 milliards d'euros à l'Etat. La Commission européenne a annoncé dimanche soir qu'elle autorisait l'aide de l'Etat italien "pour faciliter la liquidation" de deux banques régionales en difficultés.

L'Etat italien versera 5,2 milliards d'euros à Intesa et lui apportera jusqu'à 12 milliards d'euros de garanties. Intesa San Paolo a précisé que l'opération, qui inclut un certain nombre d'autres établissements comme Banca Apulia et Banca Nuova ainsi des banques en Moldavie, en Croatie et en Albanie, n'impacterait ni son ratio de fonds propres Tier 1, ni sa politique du dividende. Elle a ajouté qu'elle pourrait également déboucher sur la fermeture d'environ 600 agences et sur le départ volontaire de quelque 3.900 salariés.

La banque, la mieux capitalisée de la péninsule, a ajouté qu'elle reprenait pour environ quatre milliards de prêts à haut risque qu'elle pourra toutefois rétrocéder d'ici fin 2020 s'ils se transformaient en prêts non performants. Elle a également a fait savoir que le contrat d'acquisition des deux établissements serait déclaré nul si le décret d'urgence adopté pour la liquidation des deux banques vénètes ne prenait pas force de loi ou s'il était modifié de telle manière que l'opération devienne pour elle plus coûteuse.

Pas un sauvetage pour la Commission européenne

"Les dépôts [des épargnants] resteront pleinement protégés", a assuré la Commission européenne, pour laquelle il ne s'agit nullement d'un sauvetage, mais d'une "aide d'Etat servant à atténuer les effets d'une sortie du marché d'une banque".

Banca Popolare di Vicenza et Veneto Banca "seront liquidées d'une manière ordonnée et sortiront du marché, tandis que les activités transférées seront restructurées et réduites de façon significatives par Intesa", a ajouté la Commission, qui est la gardienne de la concurrence en Europe.

"L'Italie considère que cette aide d'Etat est nécessaire pour éviter des troubles économiques dans la région de Vénétie résultant de la liquidation" des deux établissements, "qui sortent du marché après une longue période de graves difficultés financières", a expliqué la commissaire chargée de la Concurrence, Margrethe Vestager, dans le communiqué.

Alors que le système bancaire italien a suscité de vives inquiétudes l'an passé en raison de l'importance dans son portefeuille des créances douteuses mais aussi de son éclatement - la péninsule compte près de 700 établissements -,  Margrethe Vestager, y voit un autre avantage à l'intervention de l'Etat italien : "Ces mesures vont retirer pour 18 milliards d'euros des prêts non performants du secteur bancaire italien et contribuer à sa consolidation."

(avec AFP et Reuters)

3 mn

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 11
à écrit le 26/06/2017 à 19:06
Signaler
C'est peut être les effets de l'application des règles du MES, ou c'est le plan de réduction des créances douteuses de la Commission Européenne ? Cession ou réduction, en tous cas cela ressemble à un nettoyage des bilans. Le ration de créances dout...

à écrit le 26/06/2017 à 12:20
Signaler
renflouer une banque oui mais a condition que les anciens dirigeants soit exclu et surtout mis au chomage pour le reste de leur vie et qu'il rembourse au moyen de la saisie de leur bien

le 27/06/2017 à 10:57
Signaler
Bonjour, Voilà une opinion que je partage. Effectivement, le fait de laisser "crever une banque" (comme c'est souvent évoqués dans les commentaires sur ce genre de sujet !), n'est pas simple. Parce que derrière ils y a des épargnants, des entre...

à écrit le 26/06/2017 à 12:03
Signaler
Draghi, ou est-il dans cette histoire?

à écrit le 26/06/2017 à 11:03
Signaler
Comme le disait un président d'une république "irréprochable" en arrivant à l'élysée en 2007: "on va se gaver" (un joli coup: la taxe carbone). Les italiens, dans le cas présent, et les français, depuis longtemps et pour longtemps encore, sont dans...

à écrit le 26/06/2017 à 10:58
Signaler
Plus de bail-out a t'on juré à Bruxelles...sauf si c'est bientôt les élections et que des pauvres petits emprunteurs risquent de perdre de l'argent. Les responsables de cette banqueroute conservent leurs villas en Toscane et les cerfs combleront l...

le 26/06/2017 à 13:46
Signaler
Effectivement, à quoi sert l'union bancaire qui devait éviter aux états de mettre la main à la poche - enfin à la poche des contribuables et des épargnants ? A rien ! Le coût pour le contribuable italien est estimé à 10 Md soit 0,6 % du PIB ( Sapir ...

à écrit le 26/06/2017 à 10:11
Signaler
LAISSEZ CREVER SES DEUX BANQUES

à écrit le 26/06/2017 à 9:04
Signaler
Austérité pour les peuples, prospérité pour les milliardaires, a croire que c'est inscrit dans nos constitutions nationales et européennes. Ils ne vont pas hésiter par contre à dire oui pour une baisse des petites retraites ou des minimas sociaux, là...

le 26/06/2017 à 17:02
Signaler
Il me semble que dans cette affaire des 2 banques rachetées pour 1€ symbolique ,les actionnaires de ces 2 banques peuvent s'assoir royalement sur leurs actions puisque la banque qui rachète a refusée une augmentation de capital . Ils ont " tout " pe...

le 27/06/2017 à 14:16
Signaler
"Je ne vais pas les plaindre mais dans le néolibéralisme il y a des règles que vous semblez oublier , les riches aussi peuvent perdre !" Non ce ne sont pas des milliardaires qui ont tout perdu ce sont des gens naïfs aisés qui ont cru pouvoir gagn...

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.