L'inflation passe la barre des 10% dans la zone euro, le chômage à son niveau le plus bas

Le taux d'inflation est passé de 9,1% en août sur un an à 10% en septembre dans la zone euro, selon les chiffres d'Eurostat, ce vendredi. Un bond qui s'explique par l'accélération encore de la hausse des tarifs de l'énergie mais aussi de ceux de l'alimentation. Le taux de chômage est, lui, au plus bas à 6,6% de la population active en août.
Le taux d'inflation dans la zone euro passe en septembre à 10% sur un an contre 9,1% en août.
Le taux d'inflation dans la zone euro passe en septembre à 10% sur un an contre 9,1% en août. (Crédits : Reuters)

C'est un coup de massue pour les Vingt-Sept : le taux d'inflation dans la zone euro (les dix-neuf pays à avoir adopté la monnaie unique) a bondi en septembre à 10% sur un an, a annoncé Eurostat, ce vendredi. En août, il était de 9,1%.

Un chiffre supérieur aux prévisions des analystes de Bloomberg et Factset qui tablaient sur 9,7% et qui constitue un nouveau record, avec des chiffres les plus élevés enregistrés par l'office européen des statistiques depuis le début de la publication de l'indicateur en janvier 1997.

Dans le détail des composantes de l'inflation en zone euro, les prix de l'énergie ont encore connu la hausse annuelle la plus élevée, à 40,8% en septembre, après 38,6% en août. La flambée des prix de l'alimentation (y compris alcool et tabac) s'est encore accélérée à 11,8%, contre 10,6% en août. Ceux des biens industriels et des services, également en accélération, ont progressé respectivement de 5,6% et de 4,3%, signe que le choc provoqué par la hausse des tarifs de l'énergie atteint progressivement l'ensemble de l'économie.

Des taux d'inflation très divergents entre les Etats

Au sein de la zone euro, les taux d'inflation sont toutefois très divergents. L'Italie connaît, en septembre, une inflation à 8,9% sur un an, contre 8,4% en août, selon une estimation provisoire publiée ce vendredi par l'Institut national de la statistique (Istat) quand l'Allemagne a franchi la barre des 10%, ce mois-ci. La hausse des prix diminue néanmoins pour certains pays comme la France. Protégée par des mesures de limitation des prix de l'énergie notamment le bouclier énergétique, elle est passée de 5,9% en août sur un an à 5,6% en septembre, selon une estimation provisoire publiée par l'Insee, ce vendredi.

Les pays baltes, particulièrement exposés aux conséquences de la guerre en Ukraine, subissent, quant à eux, l'inflation la plus élevée. Elle a atteint 24,2% en Estonie, 22,5% en Lituanie et 22,4% en Lettonie.

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Le taux de chômage au plus bas

Bonne nouvelle toutefois sur le front de l'emploi européen. Le taux de chômage dans la zone euro s'est maintenu à son plus bas niveau historique en août, soit 6,6% de la population active comme en juillet, selon les données d'Eurostat.

C'est le niveau le plus bas enregistré par l'indicateur depuis que l'office européen des statistiques a commencé à compiler cette série en avril 1998. Sur un an, il a baissé de 0,9 point grâce à la reprise économique post-Covid.

Pour l'ensemble de l'Union européenne, le taux de chômage a également stagné en août à son plus bas niveau historique de 6%. Quelque 12,92 millions d'hommes et de femmes étaient au chômage dans l'UE le mois dernier au sein des 27 pays membres, dont 10,97 millions parmi les 19 partageant la monnaie unique.

Crainte d'une récession

La guerre en Ukraine et ses conséquences, notamment la flambée des prix de l'énergie, fait néanmoins nettement ralentir la croissance et planer le risque d'une récession. Une inquiétude d'autant plus forte que pour endiguer l'inflation, la Banque centrale européenne a procédé à une série de relèvement de ses taux directeurs afin de freiner la demande, mais qui ternit également l'avenir économique de la zone euro. Après avoir augmenté ses taux d'intérêt en juillet pour la première fois en dix ans, de 50 points de base, la BCE a, ainsi, resserré une nouvelle fois sa politique monétaire le 7 septembre dernier avec une hausse de 75 points de base, une ampleur inédite. La présidente de l'institution, Christine Lagarde, a indiqué que de futures hausses étaient à prévoir ce qui semble d'autant plus certain au vu des chiffres de l'inflation communiqués ce vendredi.

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(Avec AFP)

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