L'UE s'outille pour défendre les entreprises européennes contre la concurrence chinoise
Clémentine Maligorne
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L'Union européenne est sur le point de s'armer de nouveaux pouvoirs réglementaires pour lutter contre la concurrence déloyale provenant de pays tiers. Ces outils législatifs sont une réponse notamment à la montée en puissance de la Chine, dont les entreprises, ces dernières années, ont considérablement augmenté leurs investissements dans l'Union européenne : des vignobles du Bordelais aux fabricants de robots en Allemagne, en passant par les constructeurs d'engins de construction en Italie. Au sein de l'UE, cette croissance rapide a alimenté les craintes quant à l'impact de ces investissements sur l'emploi, la technologie et la capacité industrielle européenne à long terme, suscitant des appels à une plus grande surveillance.
Certains États membres s'inquiètent aussi de la concurrence déloyale d'entreprises chinoises largement aidées par le régime communiste. Dans ce contexte, depuis mai 2021, Bruxelles cherche à se donner les moyens de réguler les acquisitions et les accès aux marchés publics, pour limiter les incursions d'entreprises étrangères trop lourdement subventionnées par l'Etat.
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L'Europe s'est déjà dotée de mesures antidumping, qui permettent de rétablir une concurrence loyale entre les produits importés des pays tiers et les produits fabriqués dans l'Union européenne. En clair, un pays hors UE, ne peut pas « casser » les prix comme il veut pour vendre ses produits sur le marché européen. « La réglementation européenne permet aussi de s'assurer qu'il n'y a pas de concurrence déloyale entre les entreprises des Etats membres. Mais il existe un angle mort : quand une entreprise chinoise, ou de tout autre pays tiers, veut racheter une entreprise européenne ou se positionner sur un marché public, elle peut le faire selon ses propres règles », explique à La Tribune Xavier Lacaze, avocat associé chez DS Avocats, spécialiste de droit commercial et de la concurrence.
Clémentine Maligorne